Samedi 19 mars, le public était au rendez-vous de la forêt !

Salle comble (on a compté 85 personnes) ce samedi après-midi pour la conférence organisée par l’ALMA et les Cahiers de Chantilly !

IMG_1746-R

IMG_1749-RBeaucoup de monde et très attentifs pour écouter Philippe Lamps nous présenter l’histoire de la forêt de Chantilly,  qu’il décrit tout d’abord comme une « forêt de papiers et de puissants » : papiers, car les archives sont très nombreuses surtout bien sûr celles de la bibliothèque du Musée Condé ; ce sont ces archives que Gustave Macon  a si soigneusement étudiées; mais ce qui y apparait ce sont les puissants, seigneurs de Chantilly et alentours très occupés à chasser d’abord, et a organiser, étendre, contrôler la forêt qui leur permet d’assouvir leur passion de la chasse. ce qui ne va pas sans chicanes ! Les procès sont nombreux ( et nous en sommes bien heureux puisqu’ils nous valent quelques magnifiques cartes dressées par l’un ou l’autre des protagonistes pour démontrer son bon droit. Les mesures de ces temps-là variaient beaucoup et il devait être facile de se tromper de bonne foi ou de tenter d’usurper quelques bois à son voisin, les mesures variant avec l’arpent du Roi, de Chantilly, Senlis, Chaalis  etc…  Les mariages et remariages sont aussi nombreux et à chaque fois apportent des territoires et les noms aussi : on peut aussi bien donner son nom au bois nouvellement acquis ou au contraire faire sien le nom du bois…

Le travail présenté dans le N°8 des Cahier de Chantilly n’est pas la simple publication du travail de Macon : Gérard Mahieu en avait dressé une étude critique, ouvrant sa recherche à d’autres sources que celles déjà très riches du musée Condé. C’est cette étude, retrouvée après sa mort dans ses dossiers, qui a été mise en forme et publiée…

Si Gustave Macon, tout entier au service du duc d’Aumale, note scrupuleusement les faits et gestes de tous ces seigneurs de Chantilly, Les Bouteiller, d’Orgemont, Montmorency, Condé, d’Aumale, il ne donne pratiquement rien à voir des paysans qui vivaient dans ces forêts y travaillaient , y menaient leurs bêtes,  braconnaient parfois (en prenant de grands risques). Aussi en introduction, Philippe Lamps nous donne lecture de la description d’un bouvier dans Aucassin et Nicolette, une fable du 13e siècle : « Le  soir, je vis devant moi au milieu du chemin / Un jeune homme /  Grand et extraordinairement :  Laid et hideux ; …. »

marteauAprès la forêt des princes, Christian Boucher, a pris le relais pour nous parler de la gestion de la forêt aujourd’hui avec en main un immense compas forestier (on mesure le diamètre de l’arbre à hauteur d’homme et on obtient en même temps sa circonférence) ou le marteau forestier, d’un côté hachette, de l’autre marteau imprimant une marque sur l’arbre à abattre ; ces marteaux sont très contrôlés : voler un marteau forestier est parait-il assimilé à faire de la fausse monnaie ! Les principes de la sylviculture, futaie, taillis, taillis sous futaie ( les 3 principaux types d’aménagement de la forêt), baliveaux, modernes, anciens, bisanciens (juste le nom donné à l’arbre selon son âge), les coupes et les peuplements, le chêne pédonculé ou sessile (différents par la façon dont le gland s’accroche à la branche mais aussi par leur résistance à la sécheresse)… Le travail du forestier, science ou pratique, s’appuyant sur cette merveille de la nature qu’est la photosynthèse (l’arbre est un « puits de carbone » qui se régénère à l’infini), produit un vocabulaire fascinant.

Ce qui précède ne donne qu’une petite idée de la richesse du sujet abordé dans cette conférence ! Juste assez pour que le public présent y retrouve ses propres impressions et pour donner envie de revenir au livre (en vente au Centre culturel de Chantilly).

Après les questions, beaucoup traduisant l’inquiétude devant les coupes qu’on peut constater en forêt (les réponses de Christain Boucher étant plutôt rassurantes parce que rationnelles), le temps est venu du verre de l’amitié et des gâteaux ! Et la réunion commencée à 16h30 s’est terminée vers 19h 30 !

Mais il restait bien des questions à poser sur l’histoire de notre forêt ! Aussi nous vous invitons à intervenir sous forme de commentaire sur ce messages : nos deux conférenciers (qu’ils soient ici remerciés très chaleureusement au nom de toutes les personnes présentes) pourront alors répondre pour le plus grand profit de tous !

 

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