programme juin et juillet de l’ALMA et photos et compte-rendu de la sortie à Craonne

Quelques annonces pour commencer !

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Le samedi 23 juin, la : visite de l’aérodrome de Persan Beaumont avec présentation de l’histoire de l’aérodrome de 1914 jusqu’à nos jours et des différentes activités (clubs d’avions, d’ULM, de parachutisme ascensionnel) et visite d’un petit musée  sous la conduite de 2 adhérents de l’ALMA responsables de l’association qui gère l’aérodrome ; nous pique-niquerons sur place ; la participation est de 3€ ; bien sûr nous partirons en covoiturage de notre rendez-vous habituel rue de la Tenure… Il reste encore quelques places ! Et l’inscription est indispensable.

Le vendredi 6 juillet : une promenade « Lamorlaye, Cœur de ville » proposée par Nicolas Bilot après la conférence qu’il a faite pour l’ALMA le 10 février 2018 : l’église, le château, le centre historique au filtre de l’histoire et de l’archéologie, du Moyen Âge à l’Ancien Régime – à 15h : sans réservation – départ de la visite : place du calvaire – durée environ 1h45 – tarifs : 9 € tarif plein / 7 € tarif réduit / gratuit pour les moins de 10 ans

Le samedi 7 juillet, à 14h, à Chantilly, organisée par l’ALMA : visite guidée de l’exposition Peindre les courses au jeu de Paume : 70 œuvres de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle, autour de trois artistes majeurs : George Stubbs, Théodore Géricault et Edgar Degas ; le montant  de la participation en cours de définition et l’inscription indispensable. Le covoiturage sera organisé comme d’habitude.

Rappel pour les renseignements ou les inscription : vous pouvez téléphoner au 06 22 05 42 36 ou écrire à lamorlayealma@gmail.com

affiche-musee-dentelleJuin2018Autre manifestation proche : le musée de la dentelle à Chantilly propose jusqu’au 9 septembre 2018 une exposition des oeuvres d’Isabelle Léourier autour bien sûr de l’exposition permanente. Une rencontre avec la créatrice est prévue le dimanche 24 juin à 15h. Pour la présentation complète merci de cliquer ICI

Et maintenant place à l’évocation de la magnifique journée passée sur le Chemin des Dames samedi 2 juin !

Nous étions 35 répartis en 9 voitures (2 personnes nous ont rejoint sur place) ! A la mairie de Craonne, nous avons été accueillis par Madame le Maire et par Marjorie notre merveilleuse guide que nous découvrirons érudite, passionnée, à l’écoute… Nous avons pu voir dans les locaux de la mairie une maquette de la bataille de Craonne de 1814 (gagnée par Napoléon), une autre maquette en vis à vis évoquant les longues et terribles batailles tout au long de la première guerre ainsi qu’un magnifique triptyque de Tardi offert à la ville en 2007 pour la commémoration des 90 ans de l’offensive Nivelle sur ce Chemin des Dames  qui sera le théâtre de combats quasi continu pendant toute la guerre

Voici notre parcours, organisé pour rester sur les traces de l’artilleur Pierre Minvielle-Péré, dont nous préparons activement la publication du carnet et commenté par Annick :

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Craonne :
Le « Vieux Craonne », ou le « Craonne originel »  est situé dans la partie orientale du Chemin des Dames. Ce secteur est toujours situé en « zone rouge », au cœur de la forêt domaniale de Vauclair reconstituée après la Grande Guerre.
Les stigmates de la Guerre, sont toujours visibles, entonnoirs d’obus, levées de terre, rares vestiges de maisons ou de l’église Saint-Martin, entrées de caves…
ce « lieu mémoriel » a été souhaité par les anciens combattants comme « témoignage de l’indicible », il nous révèle l’enfer d’il y a 100 ans, et nous murmure également de très belles notes de paix dans cette nature éblouissante, dans cet arboretum bucolique où chantent les oiseaux.

 Beaurieux :

Petit village à contre-pente du Chemin des Dames dont l’architecture rappelle bien le village de Craonne tombé sous le feu de l’artillerie en 1917. C’est un village souvent cité par les soldats en 1917, les bataillons français y cantonnent souvent avant de se jeter dans l’enfer …la vie des habitants s’organise parmi ces divisions de soldats, et la culture par endroits est toujours pratiquée durant la guerre. L’église et certaines maisons servent de postes de secours.
Les habitants sont évacués en août 1918, et ce sont les italiens qui libèrent définitivement le village le 10 octobre 1918.

 Maizy : 

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Petit village servant de poste arrière pour l’armée française, au delà de la rivière Aisne.
Sur les hauteurs du village, un chemin permet d’accéder au cimetière civil, dans lequel on peut toujours voir l’église en ruine, comme témoignage très émouvant  de la violence de la Grande Guerre. C’est devant l’entré du cimetière que furent également fusillés trois mutins du 18ème RI du le 18 juin 1917 : Casimir CANEL, Alphonse DIDIER, Jean-Louis LAPLACETTES, qui ont refusé de remonter au front. Un autre condamné, Vincent MOULIA, s’est échappé.
Evocation de la justice militaire durant la Grande Guerre, et notamment à son durcissement après le désastre du printemps 1917, puisque les politiques et militaires font face à une crise sans précédent, qu’ils devront coûte que coûte enrayer…

Cerny-en-Laonnois :

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un des vitraux de la chapelle-mémorial de cerny-en-Laonnois

Au centre du Chemin des Dames, cette commune reconstruite et déplacée après la Guerre, est le lieu choisi pour ériger en 1951 un Mémorial couvert en mémoire des 300 000 morts du Chemin des Dames. Il s’agit de la Chapelle Sainte-Anne, ornée récemment pour le Centenaire de 1917, de sublimes vitraux colorés (financés par de multiples donateurs dont le Prince Albert de Monaco), et dans laquelle on comprend bien que le monde entier s’est battu ici, puisqu’elle est ornée de plaques commémoratives individuelles et collectives l’attestant.
Devant le Mémorial, la Nécropole militaire française de plus de 5000 corps et la nécropole allemande de plus de 7000 corps.

Hurtebise :
Partie la plus étroite de la crête du Chemin des Dames, entre la Vallée de l’Aisne au sud et de l’Ailette au nord, à 2 minutes de la « Caverne du Dragon ». Secteur stratégiquement très convoité par les armées, en première ligne, aujourd’hui on y découvre une Ferme reconstruite à l’identique, la « Ferme d’Hurtebise », ce qui témoigne de l’âpreté des combats dès septembre 1914 et durant 4 années.
Dans un petit bosquet d’arbres, le  « Monument d’Hurtebise », représente un soldat « Marie Louise » de 1814, et un poilu de 1914-1918 : au Chemin des Dames, de très sanglants combats ont eu lieu en 1814, soit 100 ans avant la Grande Guerre, entre Napoléon et les Russes et les Prussiens, puis durant 4 ans en 1914-1918.
Evocation du parcours de combattant de Maxime Réal del Sarte, le sculpteur qui réalisa ce Monument en 1927, et de sa résilience, car il est un « rescapé » de cet enfer…

Vauclair :
Vestiges immensément émouvants de la 15ème fille de l’Abbaye de Clairvaux, au cœur de la Vallis Clara (la Vallée claire ou la vallée des Clercs), c’est l’Abbaye de Vauclair.
Fondée par Saint-Bernard en 1134, reconstruite au 13ème siècle, encore en assez bon état avant la première Guerre, puis ravagée, pilonnée, anéantie, tuée en 1917 sous l’artillerie française… jusqu’à ce que deux pères, le père Dimier, grand spécialiste des Cisterciens, et le Père Courtois jésuite, ne « ressuscitent » ce lieu magique. Vauclair deviendra à partir des années 1966, 1967, le plus grand site de fouilles archéologiques du nord de la France. Les ruines sont éblouissantes, elles nous révèlent le plan de cette abbaye, le jardin de plantes médicinal du Moyen âge reconstitué nous présente plus de 400 espèces dont 9 sur 10 sont axonaises.

La Caverne du Dragon :
Pour clôturer la journée, arrêt à laCaverne du Dragon installé dans une ancienne carrière de calcaire, sous les première lignes, devenue dès septembre 1914, un endroit stratégique, de casernement,  poste de secours, prise et reprise, et même partagée par les français et allemands en même temps. Regroupement autour de la sculpture d’Haïm Kern, « Ils n’ont pas choisi leur sépulture », solidement ancrée sur la terrasse, face à la paisible et magnifique vallée de l’Aisne. Nous découvrons également le groupement de sculptures sur les pentes de la Caverne, sculpté par Christian Lapie, « la Constellation de la Douleur », ensemble qui rend hommage depuis 2007 aux troupes colonies massivement tombées en ce lieu il y a 100 ans.