Le 10 novembre : il y avait aussi Pierre Minvielle-Péré, « notre artilleur »

La seconde partie de la conférence de l’ALMA de samedi dernier, le 10 novembre 2018, était consacrée elle aussi à un soldat, l’artilleur Pierre Minvielle-Péré et sa « découverte  » par l’ALMA !

couverture-page1Découverte qui s’est faite au fur et à mesure que nous avancions dans le projet un peu fou de publier le carnet que nous avions entre nos mains depuis la fin 2009… Un carnet qui est, lui aussi, un trésor pour l’ALMA, car plus nous y avons consacré du temps, plus ce Pierre Minvielle-Péré  nous a semblé proche. A plus d’un siècle de distance, nous partageons ses émotions, ses agacements, son stress, nous connaissons ses amis, ses copains, sa famille… Son patriotisme flamboyant, ses références historiques constantes, sa curiosité insatiable sur tout ce qui fait marcher la terrible machine de guerre, … nous séduit ; nous oblige à apprendre comment on règle un canon, les qualités insoupçonnées de la mélinite (un explosif), les bruits et les lumières des combats sur le plateau de Craonne, la guerre sur le front de l’est, comment l’avion collabore avec l’artilleur, que chaque obus a sa musique… Nous lisons et relisons ; c’est parfois difficile à déchiffrer… Nous allons sur ses traces, sur le chemin des Dames : et nous avons la chance de rencontrer Marjorie, une guide qui, comme nous, se laisse séduire, surprendre  par notre artilleur ; à notre demande, elle adapte la visite et nous marchons sur les traces de PMP ; car c’est ainsi que nous en parlons : PMP ou  Minvielle  ou « notre artilleur »…

Pierre-minvielle-photo - PBENous faisons connaissance avec Paul Minvielle-Péré, le dernier à porter ce nom, un neveu de Pierre : il est heureux de notre projet. Il nous envoie une photo  : enfin nous le voyons ! L’air plus sérieux que nous ne l’avions imaginé, mais avec beaucoup de douceur dans le regard. C’est la photo de son mariage avec Simone Delisle et ils sont vraiment très concentrés tous les deux..

C’est grâce à ce mariage, qui le conduira à s’installer dans le village de Simone, à Crouy-en-Thelle, que son carnet est arrivé entre nos mains.

PMP meurt en 1967 ; lui qui, en 1914,  s’étonnait qu’on puisse utiliser des merveilles technologiques pour toujours « mieux » s’entre-tuer, qu’aura-t-il pensé du niveau d’horreur atteint pendant la seconde guerre mondiale ? Nous devons renoncer à en savoir plus que ce qu’il a noté : son carnet est comme un zoom sur une année de sa vie ; une année dont nous avons l’impression de tout connaître et qui nous permet de deviner sa vie avant.

Mais quand le carnet se referme, Pierre Minvielle-Péré nous échappe. Il nous abandonne… après avoir été si proche.

Les illustrations réalisées par Véronique Maurice-Untereiner et Françoise Guinvarc’h accentuent ce sentiment d’intimité.

Véronique a travaillé au feutre noir  : chaque dessin raconte une histoire pleine de détails parfois cocasses, toujours avec une certaine tendresse pour ce sacré bonhomme. Les aquarelles de Françoise nous parlent des matins brumeux, de la fatigue, des amis morts et de la terre dévastée…

L’ALMA est vraiment très reconnaissante et fière qu’elles fassent partie de l’aventure Minvielle !

Reconnaissante, envers ces deux artistes aux tempéraments très différents, qui ne se connaissaient pas et ont accepté de travailler sur le même projet.

Admirative de la synergie qui existe entre des oeuvres créées indépendamment les unes des autres.

Et très fière de vous présenter le résultat :

Un artilleur sur le Chemin des Dames,

Pierre Minvielle-Péré, septembre 1914 – août 1915

Un livre que vous pouvez vous procurer auprès de l’ALMA pour le modeste prix de 15€