Les bains chauds de Pierre Vigier

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Voici un texte extrait du roman « Le Rouge de Paris » de Jean-Paul Desprat , le 3ème d’une saga en 3 volumes qui commence avec  « Le bleu de Sèvres  » puis  » Le jaune de Venise » et raconte l’histoire de la manufacture royale puis nationale de porcelaine de Sèvres. Manufacture créée par La Pompadour qui traverse dans le dernier tome la Révolution et la Terreur…

Mais au détour d’une aventure, cette histoire nous transporte -pour un court instant- dans les bains Vigier… L’occasion de revenir sur ce qui fit la fortune de Pierre, installant la famille dans la grande bourgeoisie naissante et, 3 générations plus tard, amenant un Vigier à Lamorlaye.

Nos sources sont :

  • L’article de Davide Lombardo « Se baigner ensemble, Les corps au quotidien et les bains publics parisiens avant 1850 selon Daumier » paru dans « Histoire urbaine 2011/2 (n)31)
  • Le site http://www.pays-veinazes.com, pays natal de Pierre Vigier
  • L’article de Jean Dérens, dans le journal Libération du 13 mars 1995, consacré aux bains flottants

Pierre Vigier naît le 19 janvier 1760 dans le pays de Veinazès, dans le sud du Cantal. Il est « grand bouvier » dans une ferme mais a la chance de faire des études ; à 25 ans il devient procureur (avocat) au Parlement de Paris et peu après la Révolution, il se lance dans les affaires avec l’exploitation de « bains chauds » sur la Seine.

En 1751 , le second volume de L’Encyclopédie, décrit, dans son article sur les bains, une installation très simple qui se trouvait sur la Seine : « Parmi nous, les bains publics sur la rivière, ne sont autre chose que de grands bateaux, appelés toues, faits de sapin & couverts d’une grosse toile, autour desquels il y a de petites échelles attachées par des cordes, pour descendre dans un endroit de la rivière  où l’on trouve des pieux enfoncés d’espace en espace, qui soutiennent ceux qui prennent le bain. »

Dans les années 1760, Poitevin, un propriétaire de bains, eut l’idée d’employer un bateau et de l’équiper de moteurs à vapeur pour chauffer l’eau du fleuve, en proposant, de plus, des petits espaces privatifs. L’article sur les perruquiers, les barbiers, et les tenanciers de bains du septième volume illustré de L’Encyclopédie en 1771 présente deux dessins des Bains Poitevin.

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Figure 1 : « Perruquier, Barbier, Baigneur-Etuviste »

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Le bateau installé en amont du pont Royal, était long de 47 mètres et large de 8 et comportait un rez-de-chaussée et un étage divisés, dans la longueur, par une galerie de 2 mètres de large, avec de chaque côté, 12 à 15 chambres de bains, dont chacune était éclairée par une fenêtre donnant sur la rivière. L’abondance de l’eau dont il disposait permettait au propriétaire d’assurer le lavage fréquent des cellules et des corridors.

Ici nos sources divergent sur un détail : Vigier aurait racheté ses bains à Poitevin en 1791 ou créé ses propres installations en 1800…

Peu importe; très vite les Bains Vigier deviennent l’établissement fréquenté par la bourgeoisie de la capitale même si Pierre Vigier est inquiété pendant la Terreur : il arrivera -fortune et relations aidant- à se cacher dans la pension Belhomme, une maison de santé psychiatrique qui accueille fort agréablement, sous prétexte de soins, de riches détenus qui évitent ainsi l’échafaud.

Les « bains Vigier », traversant les orages, deviennent une étape importante de la vie parisienne de la Restauration et de la Monarchie de juillet : «C‘est là que le paisible bourgeois s’enfonce douillettement dans les profondeurs de sa baignoire… il a su s’entourer de toutes les sensualités qui lui sont chères : sa montre, son thermomètre, le mouchoir, la tabatière, les bésicles bien affermies sur le nez et, sous ses yeux, son livre bien aimé, voilà ses délices. Il fait et refait son bain, le gradue avec art...» (Briffot, Paris dans l’eau, 1844).

Les bains Vigier au Pont-Neuf, 1926

 

C’est l’architecte François-Joseph Bélanger (1744 – 1818), qui construit en 1801 l’établissement Vigier du Pont Neuf : architecte reconnu, il a été premier architecte du Comte d’Artois avant la Révolution, architecte pour Talleyrand pendant la Révolution, puis architecte de « menus plaisirs » du roi Charles X …

Au moment de son décès survenu le 16 septembre 1817, Pierre Vigier possède six établissements de bains chauds (le fleuron de cette armada comporte, sur deux étages, 140 baignoires en cuivre rouge) ; le domaine de Grand‑Vaux à Savigny-sur-Orge dans l’Essonne qui s’étend sur une centaine d’hectares ; le moulin de Petit-Vaux à Epinay-sur-Orge ; l’hôtel de Tessé et deux immeubles quai Voltaire à Paris ; une maison à proximité de la place des Victoires à Paris) ; « la maison Blanche », propriété de 2.4 hectares au hameau de Clignancourt, donc proche de Paris ; la maison et le moulin de l’Arquebuse à Corbeil sans oublier une impressionnante collection d’œuvres d’art dont un portrait de sa femme jouant de la harpe réalisé en 1805 par le peintre Joseph-Denis Odevaere, élève de David et prix de Rome en 1804.

En 1832, on compte 78 bains chauds à Paris, soit 2.374 baignoires auxquelles il faut ajouter 1.059 baignoires transportées à domicile. Paris comptait alors  850.000 habitants…

En 1820, son fils Achille épousera Joséphine Davout d’Eckmühl, fille du maréchal Davout, alliance qui lui permettra de porter le titre de Comte.

Et en 1872, son père Joseph achètera le château de Lamorlaye.

le monde est à nous, via Internet !

Pas « d’histoire » aujourd’hui mais des informations comme celles que vous glanez aussi sur internet ! Les ermites du 21ème siècle ne se cachent pas au fond de forêts impénétrables (et interdites ) ni tout en haut des pylônes de  nos opérateurs de télécommunication. Non ! Ils sont tous installés au plus profond du web et comme le coucou, chacun moissonne et s’enrichit des idées des autres…

Et des idées, il y en a beaucoup !  Avec deux grands gagnants semble-t-il : l’humour et la culture ; livres, musées, lieux touristiques ; tout ce qui peinait à survivre économiquement est soudain devenu vital !  Espérons que cette prise de conscience sera durable…

En attendant voici la moisson du jour, certainement en partie redondante avec la vôtre. Mais c’est aussi pour partager ces (re) découvertes que je les rassemble ici en disant merci à cet internet et ces ondes électromagnétiques tant décriés : chaque confiné le serait encore  plus sans eux !

La fête du court-métrage est accessible de chez nous : cliquer ici pour vous inscrire et en profiter jusqu’au 31 mars : c’est un festival de Haute-Savoie et il a commencé le 25 mars ;mais la version « festival à la maison » nous exonère des contraintes de lieu et de temps.

L’exposition sur Raphaël de Chantilly (l’ALMA avait prévu la visite le 25 avril) est présentée en ligne ; il suffit de chercher sur Youtube  « Raphael à Chantilly ». C’est Mathieu Deldicque qui commente et c’est passionnant même si on est seul devant son ordi ! Et c’est une information des « Amis du Musée Condé ».

coronavirusGoscinipngOn l’avait déjà vu sur  internet mais avec la mort d’Uderzo il y a deux jours, le revoilà : C’est le « méchant » dans l’album Astérix et la Transitalique, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad paru en 2017 ! Et comme le vrai ce coronavirus court vite : c’est un champion de course de chars…

Les chansons sont aussi très présentes ; la reprise de « Quand reviendras-tu » (Barbara – 1962) est une des plus réussies ! Toujours sur Youtube on peux comparer Barbara et sa version « confinement » : « Dis quand comprendras-tu« ?

Et Luchini lit des fables,

et les frères Capuçon jouent,

et les créatifs proposent des chenilles en bouchons ou des ombres chinoises,

et l’ALMA essaie d’être un peu avec vous …

 

L’histoire du château de Lamorlaye

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Nous avons réalisé une frise chronologique sur l’histoire du château en nous appuyant  sur l’étude réalisée par Aquilon-Patrimoine pour la municipalité de Lamorlaye de 2016 à 2019.

Pour la découvrir : vous pouvez cliquer ici

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Nous avons choisi le format A5 paysage et nous espérons bientôt le faire imprimer : quand nous serons de nouveau dans la vraie vie… En attendant j’ai bricolé un prototype avec mon imprimante (2 pages par feuille), des ciseaux et pas mal de scotch.

Et cela donne ceci :

Lamorlaye à travers le recensement de 1911 (étape 1)

Aujourd’hui quelques chiffres cachés dans les recensements en ligne sur le site des archives départementales.

Dans une lettre de Marcel Boulenger, il y a cette petite phrase : « Enfin, le soir vint, Jean-Paul Ailly nous emmena, lord Bansborough, quelques convives et moi, en son château de Lamorlaye, où la chère fut exquise et les vins dignes en tout point de l’hôte difficile qu’il recevait.« 

Bien sûr, j’ai voulu savoir qui était ce Jean-Paul Ailly et dans quel château il faisait bombance… Le web refusant de me donner une piste, j’ai pensé que je trouverai dans les recensements. La lettre de Boulenger est de 1904, j’ai donc commencé avec 1906 puis 1911 ; sans succès pour M. Ailly  mais l’examen attentif d’un recensement est toujours plein d’enseignements ; je l’avais déjà constaté mais sans avoir vraiment le temps de m’y mettre ! Cette fois, je suis allée un peu plus loin et j’ai commencé par le recensement de 1911.

Le récapitulatif donné en fin de document dit qu’il y avait à Lamorlaye en 1911, 203 maisons, 289 ménages et 1035 habitants. Presque tous dans le village ; seulement 73 personnes dans le hameau du Lys (bien sûr le lotissement du Lys-Chantilly n’existe pas encore) et 61 dans les « écarts ». Il y avait 312 étrangers, principalement des Anglais dans le village et des Belges dans le hameaux du Lys et les écarts. Plus un Suisse et quelques Italiens.

Voulant savoir comment ces 289 ménages se répartissaient dans 203 maisons je me suis lancée dans l’étude fine du recensement : arrivée à la moitié (115 maisons pour 155 ménages), j’ai compté 23 maisons occupées par 2 ménages, 2 occupées par 3 ménages et 4 occupées par 4 ménages…

Dans un ménage il y a en général un couple avec de 1 à 8 enfants ! Les personnes habitant seules, quand elle se déclarent rentier ou rentière, ont (au choix) une bonne, une cuisinière, un cocher… Monsieur l’abbé Gallet vivait avec sa mère. Les écuries logeant tout ou partie des garçons d’écurie et des palefreniers et parfois des jockeys, affichent 13, 10 et même 28 habitants dans la même « maison ».

Au passage, j’ai retrouvé l’écurie où travaillait Georges Panel, ce jockey mort pendant la première guerre mondiale au Moulin de Laffaut : Marie-Laure, son arrière-petite-fille, était venue nous présenter en novembre 2018 son aventure à la recherche de cet arrière-grand-père redécouvert grâce à une boite pleine de lettres écrites depuis le front…

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Et j’ai découvert le train de vie du comte Vigier : 18 employés pour 3 personnes (le comte, sa femme et son fils).

13 employés sont logés au château ce qui avec leur famille fait 20 personnes ; 4 autres habitent rue de la Mairie (aujourd’hui rue de l’église) et 1, rue de la Tuilerie (aujourd’hui rue du général Leclerc). Il y a 6 domestiques, 2 cuisiniers , 4 jardiniers (1 chef jardinier, 1 jardinier, 2 garçons-jardiniers), 3 cochers, 2 garçons d’écurie ;  et 1 régisseur car il faut bien un chef pour gérer ce qui s’apparente à une PME !  

1 des garçon d’écurie est anglais comme les 3 cochers. Et le jardinier est belge.

Monsieur le comte se déclare « agriculteur éleveur » et son fils est étudiant.

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Mais ce recensement de 1911 est loin d’avoir livré tous ses secrets. En particulier sur les métiers pratiqués autour du cheval mais pas seulement ;  la structure des familles ;  le nombre de femmes chefs de famille ; et le nombre de rentiers ; et … Sans oublier ce que nous apporterait l’étude comparée des recensements accessibles en ligne : de 1806 à 1936!

Oui ! il y a bien des découvertes à faire… Reste un regret :  nous ne connaissons toujours pas Monsieur Jean-Paul Ailly  qui  chassait à courre dans nos forêts en compagnie de Marcel Boulenger…

Aujourd’hui, ce sont les musées qui nous invitent au voyage

Mais d’abord je voudrais partager avec vous un grand moment de solitude : ce soir à 20h je suis allée à mon portail en tapant sur 2 casseroles et R I E N ! J’ai bien tendu l’oreille mais vraiment c’était un silence abyssal.  Je recommence demain ! J’espère avec vous…

Certes, c’est un peu ridicule de faire ça (surtout toute seule) ; mais c’est devenu une façon de dire MERCI à tous ceux qui travaillent, à Lamorlaye et partout en France, dans des conditions exceptionnellement difficiles et pour nous tous : et ils méritent vraiment -soignants, aidants, employés de supermarchés, … – qu’on leur dise MERCI

S’évader dans les musées, l’idée vient de l’un d’entre vous qui recevez les messages de l’ALMA : ces liens vous emmèneront à Milan, Florence, Rome, Athènes, Madrid, Paris, Londres, New-York, Saint-Pétersbourg, Washington  … L’ordre est arbitraire : celui de la liste que j’ai reçue… La visite est parfois un peu compliquée, et souvent  les commentaires sont dans des langues qui ne nous sont pas familières ; mais les images parlent d’elles-mêmes et la présentation d’une oeuvre complète puis détail par détail est un vrai plaisir !

Et à cette liste, j’ajoute bien sûr : le musée Condé ! Ici la « galerie de peinture ».conde

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La pinacothèque de Brera est un musée d’art ancien et moderne de Milan. C’est l’un des musées les plus importants d’Italie, qui possède des chefs-d’œuvre de plusieurs écoles italiennes (lombardevénitienneferraraisebolonaise  et des Marches) ; la peinture toscane et aussi la peinture flamande y sont bien représentées. Le musée a été conçu, à l’époque napoléonienne, comme lieu représentatif de toute l’Italie.

Ici, « Portrait d’un homme » de Filippo Mazzola (1460 – 1505) le père de Le Parmesan.

florenceLa galerie des Offices est un palais florentin  abritant, dans le musée des Offices, l’un des patrimoines artistiques les plus célèbres au monde. Ouvert au public depuis 1765, le musée des Offices déploie, sur 8 000 m2, la plus belle collection au monde de peintures italiennes et des œuvres de tous les grands maîtres européens, d’Albrecht Dürer à Francisco de Goya.

Ici, un détail de « L’adoration des bergers » d’Hugo van der Goes (1478), immense triptyque, de 223 x 141 cm,

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Les Musées du Vatican constituent un ensemble qui regroupe douze musées, ce qui représente cinq galeries et 1 400 salles. L’ensemble abrite l’une des plus grandes collections d’art dans le monde, car il expose la vaste collection d’œuvres d’art, notamment peintures et sculptures, rassemblées au fil des siècles par les papes, surtout à l’époque des États pontificaux (jusqu’en 1870), et par la suite l’institution même des Musées du Vatican.

Ici « un ange jouant du luth » de Melozzo de Forti (1438-1494)

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Le musée national archéologique d’Athènes est le principal musée archéologique de Grèce possède l’une des plus vastes collections d’antiquités grecques au monde. Il abrite plus de 20 000 objets datant de la préhistoire à la fin de l’Antiquité venus de l’ensemble de la Grèce.

Ici, une Oinochoe (ou cruche) à bouche trilobée géométrique attique (750 -725 av JC)

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Le musée du Prado à Madrid  est l’une des plus grandes et des plus importantes pinacothèques du monde. Il présente principalement des peintures européennes (flamandes, espagnoles, françaises, italiennes et allemandes) du XIVe siècle au début du XIXe siècle, collectionnées par les Habsbourg et les Bourbons.

Ici, « L’annonciation » de Fra Angelico (vers 1430)

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Une préfiguration du musée du Louvre est imaginée en 1775-1776 par le comte d’Angivillier, directeur général des Bâtiments du roi, comme lieu de présentation des chefs-d’œuvre de la collection de la Couronne. Ce musée n’a été inauguré qu’en 1793 sous l’appellation de Muséum central des arts de la République dans le palais du Louvre, ancienne résidence royale située au centre de Paris, est aujourd’hui le plus grand musée d’art et d’antiquités au monde. Sa surface d’exposition est de 72 735 m2. Fin 2016, ses collections comprenaient 554 731 œuvres, dont 35 000 exposées et 264 486 œuvres graphiques.

Ici , le plafond de la « galerie d’Apollon » (construite par Louis Le Vau et décorée par Charles le Brun après l’incendie du Louvre en 1661) et le « livre des morts » (Egypte antique)

parthenonLe British Museum est un musée de l’histoire et de la culture humaine, situé à Londres. Ses collections, constituées de plus de sept millions d’objets, sont parmi les plus importantes du monde et proviennent de tous les continents. Elles illustrent l’histoire humaine de ses débuts à aujourd’hui. Le musée a été fondé en 1753 et ouvert au public en 1759.

Ici, une dalle de la frise ouest du Parthénon montrant le roi Ashurbanipal à cheval.

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Le Metropolitan Museum of Art de New York (Le Met) est l’un des plus grands musées d’art au monde. Ouvert au public depuis le 20 février 1872, il est situé dans l’arrondissement de Manhattan, du côté de Central Park sur la Cinquième Avenue et à la hauteur de la 82e rue. Le musée comprend également un autre bâtiment, The Cloisters (les cloîtres), à l’extrémité nord de l’île, dans Fort Tryon Park (quartier de Washington Heights). Cette annexe présente des œuvres d’art médiéval et des reconstitutions de cloîtres européens. Les collections du Met comptent plus de deux millions d’œuvres d’art provenant du monde entier.

Ici, un jeu avec la perspective (on ne sait pas si le verre est peint ou vraiment posé sur le cadre) de Wolfgang Lettl :  » Grey Séries »

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Le musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, est situé au bord de la Neva. Fondé en 1764, c’est le plus grand musée du monde en termes d’objets exposés (plus de soixante mille pièces dans près de mille salles tandis que près de trois millions d’objets sont conservés dans les réserves) et l’un des trois plus grands musées d’art du monde aux côtés du Louvre et du Metropolitan Museum. Parmi les œuvres exposées, figurent des peintures de maîtres hollandais et français comme Rembrandt, Rubens, Henri Matisse et Paul Gauguin. On y trouve également 2 peintures à l’huile de Léonard de Vinci ainsi que 31 peintures de Pablo Picasso. Ici, une galerie dont je n’ai pas noté le nom…. os’y promène (virtuellement) très bien et il y a aussi des visites commentées en russe  c’est une langue très agréable à entendre (même si on ne comprend rien) et surtout très beau !

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La National Gallery of Art (NGA), est  situé à Washington, DC.  Il est administré par le gouvernement fédéral des États-Unis et son entrée est gratuite. Il a été inauguré en 1941. Les collections sont réparties dans deux bâtiments reliés par une galerie souterraine sous le Mall : le bâtiment ouest abrite les collections d’art européen, du Moyen Âge au XIXe siècle, et d’art américain avant le XXe siècle. On peut y apprécier des chefs-d’œuvre de Vermeer, Rembrandt, Monet, van Gogh, ainsi que la seule peinture de Léonard de Vinci sur le sol américain. Et la partie est expose diverses réalisations de l’art moderne et contemporain : Picasso, Matisse, Jackson Pollock, Andy Warhol et Alexander Calder sont les principaux peintres représentés.

Ici, « Huit apôtres » de Raphaël (vers 1514)

Voyager quand même !

Aujourd’hui, J4 de notre confinement, voici un joli extrait de « Voyage autour de ma chambre » de Xavier de Maistre. On peut facilement télécharger ce petit roman de 88 pages.

 Ma chambre est située sous le quarante-cinquième degré de latitude, selon les mesures du père Beccaria ; sa direction est du levant au couchant ; elle forme un carré long qui a trente-six pas de tour, en rasant la muraille de bien près. Mon voyage en contiendra cependant davantage car je la traverserai souvent en long et en large ou bien diagonalement, sans suivre de règle ni de méthode. Je ferai même des zigzags, et je parcourrai toutes les lignes possibles en géométrie, si le besoin l’exige. Je n’aime pas les gens qui sont si fort les maîtres de leurs pas et de leurs idées, qui disent :  » Aujourd’hui je ferai trois visites j’écrirai quatre lettres, je finirai cet ouvrage que j’ai commencé. » Mon âme est tellement ouverte à toutes sortes d’idées, de goûts et de sentiments ; elle reçoit si avidement tout ce qui se présente !… Et pourquoi refuserait-elle les jouissances qui sont éparses sur le chemin difficile de la vie ? Elles sont si rares, si clairsemées, qu’il faudrait être fou pour ne pas s’arrêter, se détourner même de son chemin, pour cueillir toutes celles qui sont à notre portée. Il n’en est pas de plus attrayante, selon moi, que de suivre ses idées à la piste, comme le chasseur poursuit le gibier, sans affecter de tenir aucune route. Aussi, lorsque je voyage dans ma chambre, je parcours rarement une ligne droite : je vais de ma table vers un tableau qui est placé dans un coin ; de là je pars obliquement pour aller à la porte ; mais, quoique en partant mon intention soit bien de m’y rendre, si je rencontre mon fauteuil en chemin, je ne fais pas de façon, et je m’y arrange tout de suite.
C’est un excellent meuble qu’un fauteuil ; il est surtout de la dernière utilité pour tout homme méditatif. Dans les longues soirées d’hiver, il est quelquefois doux, et toujours prudent de s’y étendre mollement, loin du fracas des assemblées nombreuses. Un bon feu, des livres, des plumes ; que de ressources contre l’ennui ! Et quel plaisir encore d’oublier ses livres et ses plumes pour tisonner son feu, en se livrant à quelque douce méditation, ou en arrangeant quelques rimes pour égayer ses amis ! Les heures glissent alors sur vous, et tombent en silence dans l’éternité, sans vous faire sentir leur triste passage.

 

Contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre de ce roman, Xavier de Maistre a eu une vie assez mouvementée !

Il appartient à la noblesse savoyarde et en 1781 -il a 18 ans- s’engage dans l’armée du comté de Savoie (ou de Nice ?) : il va combattre contre les armées révolutionnaires et, quand la Savoie est envahie, se réfugie à Aoste avec sa famille. Il y reste de 1793 à 1799 et c’est là qu’il écrira « Voyage autour de ma chambre pendant les 42 jours aux arrêts qui lui sont infligés pour s’être livré à un duel contre un officier piémontais. 42 jours aux arrêts et 42 chapitres…

En 1798, après l’abdication d’Emmanuel IV de Savoie, Xavier de Maistre devient officier dans l’armée russe. Son frère aîné Joseph (plus connu) nommé ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne auprès du tsar, va le rejoindre à Moscou.

Xavier épouse une princesse russe, assiste à la révolution du 14 décembre 1825, retourne en Italie (Florence puis Naples) et finalement revient à Saint-Pétersbourg où il meurt en 1852 à 93 ans.

En 1884, il participe à la première ascension en montgolfière en Savoie (la 8ème expérience depuis la démonstration des frères Montgolfier en Ardèche le 5 juin 1783 ; il peint : des paysages puis des princesses ; il rencontre Lamartine en 1828 à Florence, Sainte-Beuve en 1839 à Paris…

Xavier de Maistre était donc plutôt un hyperactif ; ce qu’il écrit devrait donc être d’autant plus encourageant !

Voilà pourquoi nous allons découvrir avec vous (un jour prochain) : Ambrose Dudley Mann !

Comme promis voici la suite de notre enquête  à la recherche du « Bosquet aux Rossignols ».

En mars 2015, Daniel Frankignoul a beaucoup progressé : il a découvert des lettres d’Ambrose Dudley Mann qui raconte :

« Le Bosquet des Rossignols est un endroit isolé, situé à la frontière sud-ouest de la Forêt de Chantilly. La forêt impénétrable jouxte la propriété à l’arrière de ma grange. Elle se trouve à 1 mile (1.600 mètres) de la plus proche habitation (?), à 600 yards (550 mètres) de la route pavée (la RN16) reliant Paris à la Grande Bretagne et à un demi mile (800 mètres) de la limite des célèbres collines avoisinantes. Cette propriété couvre quelques acres (1 acre vaut +/- 40 ares). J’ai commencé à y résider en mai 1865. L’endroit dispose en ses murs d’un jardin d’agrément planté de fleurs et bordé de lilas, d’un vaste jardin potager et, au pied de la terrasse, d’une basse-cour de plus ou moins 160 poulets, de poules et coqs de race, de canards, d’oies et dindons.  Les rossignols sont particulièrement nombreux à cet endroit et s’y nourrissent de groseilles. »

Idyllique, n’est-ce pas ?

Daniel Frankignoul a retracé sur une carte de Réthoré la zone où il imagine le Bosquet des Rossignols. Plutôt côté Chantilly selon lui…

Mont de Pô (550 m)R

Nous posons des questions aux services d’urbanisme de Lamorlaye, Chantilly, Gouvieux… Au forum des associations nous essayons encore de recueillir des informations… Toujours sans résultat.

En 2018, nous allons à l’exposition America! La maison d’Orléans et les Etats-Unis dans l’espoir de découvrir des liens entre le duc d’Aumale et les Etats Confédérés… L’exposition est formidable mais nous y découvrons que les Condé puis le duc d’Aumale étaient pour la guerre d’indépendance, contre l’esclavage et pour le nord pendant la guerre de Sécession…

Sur le chemin du retour, nous refaisons un petit tour sur route du Mont de Pô (l’avenue François Mathet  moitié à Lamorlaye, moitié à Gouvieux) ; on interroge un jardinier et … c’était là !

A. Dudley MANN (1801-1889)

Le propriétaire nous reçoit ; nous montre un plan où apparaît le nom de M. Mann … Nous avions trouvé !

Voilà pourquoi nous organisons cette conférence avec Daniel Frankignoul ! Nous allons découvrir les relations entre l’Amérique et l’Europe dans cette seconde partie du 19ème siècle et la vie de ce Monsieur Mann, ambassadeur avant la guerre de Sécession, représentant des Etats confédérés pendant la guerre, journaliste après ; grand amoureux des chats et… des rossignols !