Petit point agenda et début des « petites histoires de l’ALMA »

En ces temps de coronavirus, comme toutes les associations, nous devons reporter les activités prévues…

La première faisait partie du festival inter-associatif du cinéma : l’ALMA proposait, le 27 mars, une conférence sur le voyage de Robert Louis Stevenson en canoë sur les canaux du Nord… Le festival étant reporté : il emporte avec lui la conférence !

La deuxième c’est la conférence de Daniel Frankignoul prévue le 4 avril : elle aussi est reportée.

A l’horizon, nous reste la visite de l‘exposition Raphaël prévue le 25 avril : pas encore reportée mais pas non plus très sûre…

Après viennent le doux  mois de mai avec une conférence, une exposition et une sortie et le joyeux mois de juin avec une conférence, une sortie et notre barbecue !  A ce jour, le bureau de l’ALMA fait un peu l’autruche : nous n’avons pas envisagé de changements…

Pas d’activités « dehors » ; vive l’ordinateur et le blog de l’ALMA !

Nous allons vous proposer chaque jour une « petite histoire » et d’abord la genèse (rien que ça) de la conférence initialement prévue le 4 avril

Voici donc, en attendant la conférence de Daniel Frankignoul pour des jours meilleurs, le cheminement qui nous a mené  » De la guerre de Sécession au Mont de Pô, Ambrose Dudley Man, Représentant des Etats Confédérés d’Amérique »

L’histoire, ou peut-on dire l’enquête, commence en février 2015 quand la mairie nous transmet un courrier d’un historien bruxellois :

            « J’habite Bruxelles en Belgique et […] je mène actuellement des recherches historiques concernant un Américain qui est venu s’installer dans votre région en 1865 et qui y est resté jusqu’à sa mort en 1889. Il s’appelait Ambrose Dudley Mann et avait été ambassadeur des Etats Confédérés d’Amérique à Bruxelles de 1861 à 1865. Il avait acheté en mai 1865, écrit-il, une fermette au « Bosquet des Rossignols à Mont de Po »près de Chantilly. J’aimerais retrouver cet endroit si la chose est encore possible ? »

Première recherche, mais sur aucune carte ancienne nous n’avons pu repérer ce « Bosquet des Rossignols »… Par contre, dans « Chroniques de Morlacca » Jacques Grimaux analyse la vente le 13 janvier 1374 des terres de Lamorlaye par le comte de Dampmartin au roi Charles V et cite « 18 arpents de bois, terre et vigne, dit l’enclos de l’Alouette, séant sous le chemin et valée du mont de Pau et de Rougemont tenant de long au grand chemin de la grande chevée jusqu’à l’endroit de la borne de la banlieue de la Morlaie […] ».

Est-ce là que par un glissement ornithologique audacieux Ambrose Dudley Mann a vu des rossignols là où chantaient des alouettes ?

Les deux oiseaux ont inspiré les poètes et voici ce que nous avons trouvé sur le site leda.tuxfamily.org : pour l’alouette, Baudelaire et Jacques Pelletier du Mans (16ème siècle) et pour le rossignol, Verlaine et  Catulle-Mendès (le beau-père de Barbusse) ; et pour bien démontrer que l’erreur est possible, Shakespeare, traduit par Victor Hugo :

Juliette : Veux-tu donc partir? le jour n’est pas proche encore: c’était le rossignol et non l’alouette dont la voix perçait ton oreille craintive. Toutes les nuits il chante sur le grenadier là-bas. Crois-moi, amour, c’était le rossignol.

Roméo : C’était l’alouette, la messagère du matin, et non le rossignol. Regarde, amour, ces lueurs jalouses qui dentellent le bord des nuages à l’orient! Les flambeaux de la nuit sont éteints, et le jour joyeux se dresse sur la pointe du pied au sommet brumeux de la montagne. Je dois partir et vivre, ou rester et mourir.

Notre histoire ne s’arrête pas là : prochaine étape demain ! 

Dimanche au château : grand vent et public nombreux et heureux pour la conférence sur l’histoire de Lamorlaye du 15e au 18e siècle

C’est devant une salle comble que Nicolas Bilot a retracé pour nous  (ALMA et Cahiers de Chantilly) l’histoire de Lamorlaye, deuxième partie, du 15ème au 18ème siècle.

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Cette conférence s’appuie  sur l’étude réalisée par Aquilon à la demande de la municipalité en 2018 et 2019 ; cette partie de l’histoire de Lamorlaye est aussi retracée dans le N°12 des Cahiers de Chantilly  dans un article de Morgan Hinard et Nicolas Bilot.

 

 

 

L’histoire de Lamorlaye s’avère un sujet complexe qui nous a permis de découvrir bien des subtilités du système féodal.

Premier point : on peut être « seigneur » mais ne pas avoir les droits de Ban (rendre la justice, lever l’impôt et faire la guerre) ; c’est le cas à Lamorlaye, seigneurie qui appartient longtemps au domaine royal et qui était « gérée » pour le roi par un personnage choisi par le roi : ainsi d’Antoine de Galles, installé par Louis XI à Lamorlaye en 1481. Louis XI gardera le « vieux » château seigneurial bâti sur une motte artificielle, entre ru Saint-Martin et vieille Thève, et les droits de ban.

Deuxième point : une seigneurie peut être partagée ce qui a été le cas pour Lamorlaye environ un demi-siècle après la décision d’en faire une ville nouvelle au 12ème siècle. (§ corrigé après la 1ère publication)

Troisième point : le territoire d’une seigneurie peut inclure des fiefs qui ont un « seigneur » et un logis seigneurial… Ce fut le cas à Lamorlaye du temps de Jacques de Galles : ce dernier va donner son fief de Rocquemont à son cousin Antoine I de Bussy lequel a épousé la fille du détenteur du fief de Beauvouloir…  Les deux sont sur le territoire de la seigneurie de Lamorlaye… Nous avons là une première étape vers une réunification.

Mais c’est à André de Hacqueville, successeur des Bussy en 1564 quand il leur achète les fiefs de Rocquemont et de Beauvouloir que nous devons l’étape finale ! En 1569, il négocie avec le roi qui lui abandonne, contre une rente de 100 livres le fief de la Motte : avec son « vieux château » ruiné pendant la guerre de Cent ans mais conservé comme signe de pouvoir appartenait au roi…

Ce Seigneur de Hacqueville mériterait que son nom soit donné à une rue de Lamorlaye !

Le roi de France ne contrôle plus Lamorlaye mais 100 ans plus tard c’est le prince de Condé va reprendre la main ! En 1679, le Grand Condé achète la seigneurie de Lamorlaye et la revend 5 jours après à François Seroux en se réservant… les bois et les droits seigneuriaux ! En effet ce François Seroux n’est pas noble et ne peut donc détenir les droits de ban : il sera anobli plus tard.

De cette transaction, peut-on déduire que les bois que se réserve le Grand Condé sont sans doute aujourd’hui dans le territoire de Coye, Chantilly et peut-être Gouvieux, au nord et à l’est de notre territoire actuel ? Et expliquer à la fois, la petite taille de la seigneurie de Lamorlaye avant la Révolution et le fait que ni Lamorlaye ni son seigneur n’ont vraiment souffert de la période révolutionnaire ?

Les plans, quand ils sont analysés par un historien comme Nicolas Bilot sont une source inouïe d’informations ! Ci-dessous, un plan daté de 1510 (Bibliothèque Condé -réf. CP_B_0112) qui à première vue s’intéresse surtout aux étangs de Commelles mais qui montre Lamorlaye dans sa partie haute. Ensuite le plan de 1679 que nous devons à l’installation de François Seroux (c’est son blason qui y est représenté) est aux archives départementales (AD60 – réf. plan 1210/5). Sur ce plan, Nicolas Bilot nous a fait découvrir la structure de la ville nouvelle lancée au 12ème siècle et sa persistance dans le Lamorlaye d’aujourd’hui. Enfin (mais au cours de la conférence nous avons vu beaucoup d’autres plans) le plan d’intendance de 1786 (AD60 – réf. 1Cp241_1) qui nous montre Lamorlaye quelques années avant la Révolution.

Après avoir parcouru l’histoire des derniers propriétaires du château au 19ème siècle Nicolas Bilot s’attache à l’analyse du bâti :

  • la vieille maison n’est peut-être pas d’un intérêt architectural évident -sauf une cave sous la partie la plus ancienne, mais c’était le logis seigneurial du fief de Beauvouloir !
  • l’orangerie construite sans doute par Claude Coin ou peut-être un peu avant par Alexandre Gérard (entre 1830 et 1850) est une des rares orangeries encore existante dans l’Oise.  Les Vigier l’ont transformée en écurie ; l’institut biblique en chambres pour leurs étudiantes…
  • le château lui-même est du style dit « éclectique » reprenant des concepts de différentes époques sans trop se soucier de cohérence. On peut y retrouver la trace de son évolution car c’es sur cet emplacement qu’Antoine de Galles a construit son logis seigneurial. La basse cour se déplace derrière l’orangerie ; la ferme du château disparaît…
  • le parc a, lui aussi, beaucoup évolué suivant les modes et sans doute la richesse du seigneur : sur le plan de 1679, la part ornementale est très réduite, il y a surtout des bois et un verger. Dans la partie au-delà du chemin de Paris à Clermont (notre rue du vieux château qui passait devant l’église jusqu’à la place du Calvaire) il y avait des champs. Sur le plan d’intendance, le verger est devenu une zone boisée parcourue de belles allées. Et au 19ème siècle, François Seroux étend le parc jusqu’à notre actuelle rue Jean Biondi et réalise la dérivation du ru Saint-Martin qui apporte l’eau dans le parc qui devient donc « à l’anglaise » ; Claude Coin continuera à faire  aménager le parc : peut-être par le paysagiste Louis-Sulpice Varé ?

Quelle fabuleuse conférence ! Merci à Nicolas Bilot qui nous permet de « voir » notre ville différemment. Les applaudissements du public le lui ont dit aussi. Et les échanges nombreux autour du verre de l’amitié ont confirmé, s’il était besoin, le plaisir de tous !

Nicolas nous a signalé une conférence d’Aquilon qui lui tient à cœur :

LES DESSOUS DE L’HISTOIRE : LES HISTORIENS DU VALOIS

L’occasion pour Aquilon, de rendre hommage à André Duchesne, Nicolas Bergeron, sans oublier Claude Carlier, Louis Graves et Ernest Corbie, les historiens du Valois depuis trois siècles. Conteurs talentueux ou chercheurs laborieux, ils ont participé à la construction d’une histoire de ce territoire, entre vérités et légendes. L’ancienneté fait-elle foi ? Revenons sur l’apport de chacun d’entre eux. Conférence animée par Régis Moreau le 23 février 2020 à 16h30 à Crépy-en-Valois à la Communauté de Communes du Pays de Valois (62 rue de Soissons à Crepy En Valois) – Régis Moreau fait partie de l’équipe Aquilon.

Et l’ALMA retrouvera Aquilon en juin avec une conférence de Nicolas Bilot sur l’archéologie le samedi 13 juin et une visite autour de Champlieu le mardi 16 juin : les inscriptions sont ouvertes.

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Enfin, comme souvent, voici la rubrique « OBJETS PERDUS ». Une casquette grise a été oubliée par son propriétaire : au moins le vent ne la lui aura pas arrachée ! Notre expérience des chapeaux perdus nous a fait rechercher un nom à l’intérieur mais il n’y en a pas !  Alors nous espérons que son propriétaire prendra contact avec nous pour la récupérer. La voici :

14 février au Mémorial de Royallieu : inauguration du nouveau « MUR des NOMS »

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Après la conférence-lecture organisée par l’ALMA en 2014 sur Paul Picot, nous avons proposé à Royallieu d’ajouter sur le Mur des Noms, des Cantiliens dont nous avions la preuve qu’ils avaient été internés à Royallieu : voir, le 14 février, leurs noms inscrits sur le Mur mis à jour sera une grande émotion pour l’ALMA !

En 2014, seuls les noms de Edouard Cazenave, Louis Charpentier, Jean (Jean Robert) Cluzeau , André Jeannerot, André Laine et Paul Picot étaient gravés sur le Mur des Noms

Le 23 janvier 1944, c’est près plus de 250 Cantiliens qui ont été arrêtés au petit jour, réunis au château Sans Souci, route des Aigles à Chantilly. La plupart sont relâchés dans la journée, 28 seront transférées immédiatement à Compiègne et 3 seront relâchés très rapidement . Les 25 autres restent internés dans la prison de Compiègne ou au camp de Royallieu dans un premier temps, puis sont tous regroupés à Royallieu.

Le 29 février ils sont libérés sauf l’abbé Charpentier, Robert Cluzeau et Paul Picot ; les trois seront déportés le 22 mars 1944 vers le camp de Mauthausen. Seul Paul Picot en reviendra… Ces arrestations ne sont pas le fruit du hasard mais une réaction aux faits de Résistance qu’ont été l’homélie prononcée par  l’abbé Charpentier le 25 juillet 1943, l’attentat raté contre De Brinon le 17 octobre 1943 et celui réussi contre le pharmacien Hurbain en janvier 1944.

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Soirée Polar le 18 janvier, conférence de Nicolas Bilot le 9 février et hommage à Geneviève Le Berre

Pour la Soirée Polar du samedi 18 janvier, il faut s’inscrire auprès de la bibliothèque en y allant ou en téléphonant au 03 44 21 64 15

Pour la conférence de Nicolas Bilot du 9 février, l’entrée est libre bien sûr mais seulement « dans la limite des places disponibles » : DONC IL VAUT MIEUX S’INSCRIRE (lamorlayealma@gmail.com ou 06 22 05 42 36)

Voici quelques photos des obsèques de Madame Le Berre : Annick y a représenté l’ALMA avec Bob et Isabel Farrell qui étaient aussi présents car très proches de Madame Le Berre (c’est eux qui nous l’ont fait connaître).

L’ALMA a déposé des fleurs en hommage à cette grande dame, « Jacqueline » dans la Résistance mais qu’on appelait plutôt « la gamine »  : une sacrée gamine ! Mais sa Jacqueline est devenu le prénom de sa première fille s

Il y avait 80 porte-drapeaux et les discours ont retracé la vie de Madame Le Berre qui est restée engagée toute sa vie auprès de l’ONAC, de l’association des Anciens combattants de Berthecourt, auprès des jeunes pour un intense travail de mémoire, comme conseillère municipale (élue sans jamais avoir été candidate : elle est un cas unique de plébiscite municipal !). Sans oublier des oeuvres envers les enfants défavorisés (Les Apprentis d’Auteuil, une maison de vacances à Berthecourt, …).

Vous pouvez retrouver les souvenirs de Geneviève Le Berre (et son énergie) dans Geneviève Le Berre, Convoyeuse du réseau Bourgogne, publiés dans la collection « Témoignages » du CRDP d’Amiens.

Très bonne année 2020 !

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L’année 2020 se prépare… Notre Assemblée générale se tiendra le samedi 25 janvier : nous y définirons ensemble notre programme !

Mais nous pouvons déjà vous annoncer :

Dimanche 9 février 2020, au château de Lamorlaye, à 16h,

une conférence de Nicolas Bilot,

Lamorlaye du 15e au 18e siècle, Sires et Châteaux,

organisée avec Les Cahiers de Chantilly puisque dans le N°12 des Cahiers de Chantilly Nicolas Bilot et Morgan Hinard ont publié un article sur ce sujet !

Début février 2018, nous avions eu la première partie des recherches d ‘Aquilon avec une conférence Histoire et Patrimoine de Lamorlaye et du Lys des origines à la Révolution, (un article sur ce sujet était paru dans le N°11 des Cahiers de Chantilly)

 

L’adieu respectueux de l’ALMA à Geneviève Leberre

 

Nous venons d’apprendre le décès de Madame Leberre ancienne Résistante qui a convoyé de Paris aux Pyrénées de très nombreux aviateurs tombés en Picardie et pris en charge par la Résistance.

L’ALMA a connu Madame Leberre en 2015 quand elle a organisé une rencontre entre Madame Leberre et Madame Agniel, deux jeunes Résistantes qui ont participé sans se connaître aux même actions (Madame Agniel amenant des aviateurs au Jardin de Plantes à Paris et Madame Leberre les prenant en charge pour les conduire en Espagne) et qui ne se sont « connues » qu’après la guerre dans des réunions de Résistants… Nous avons ensuite souvent aidé à ce que Madame Leberre rencontre des collégiens de Lamorlaye en allant la chercher et en la raccompagnant : la voir discuter avec ces jeunes était impressionnant.

Un grand et respectueux salut à cette petite dame par la taille mais si grande par son énergie et son courage.

Madame Agniel au collège Françoise Dolto en 2015