Hier, promenade champêtre dans l’Ile de la Thève ; dimanche prochain promenade « Lamorlaye et le monde hippique »

Dimanche 19 septembre la seconde promenade commentée de l’ALMA dans le cadre des Journées du Patrimoine a réuni 24 personnes pour une découverte d’une partie du Lamorlaye ancien et d’un secteur naturel qui est une zone humide en cours de réparation (elle a été beaucoup maltraitée dans le s50 dernières années) et l’objet d’un projet municipal appelé l’Ile de la Thève, un nom évocateur mais pas très rigoureux puisqu’il s’agit d’une zone fermée au nord par le ru Saint-Martin et au sud par la Vieille Thève. C’est ce joli nom que nous avions choisi pour titre de notre « promenade-commentée autour de la l’Ile de la Thève ».

Au départ du château, un rapide aperçu des différents seigneurs de Lamorlaye puis propriétaires du château (pardon pour la redite à ceux qui avaient fait la veille la promenade en vélo …) ; puis nous traversons le parc avec son plan d’eau dérivé du ru Saint-Martin et nous arrivons au niveau de la rue de l’église.

De l’église Saint-Nicolas, nous admirons le chœur du 16ème siècle d’abord à l’extérieur puis à l’intérieur où le vitrail central représente une annonciation et dans le registre inférieur, les donateurs Antoine II de Bussy et son épouse puisque c’est à Antoine qu’on doit la restauration du chœur et les vitraux.

A la sortie de l’église, la première école des filles dont la façade n’a pas changé. juste à côté l’ancien presbytère, puis la première mairie qui abritait aussi l’école des garçons et le logement de l’instituteur. En cheminant on vérifie que l’implantation des maisons est la même que sur le plan de 1679.

Par l’impasse de l’abreuvoir (il a été construit sur la fin la dérivation du ru Saint-Martin quand le parc a été agrandi et aménagé à l’anglaise) nous entrons dans l’Ile de la Thève en passant sur le ru Saint-Martin par un pont de bois et nous faisons une petite pause poétique : Claire récite « Fantaisie » de Gérard de Nerval qui évoque le château de Loisy, lieu de la source de la Thève et Lucienne lit deux passage de « Les filles du feu », du même Gérard de Nerval, où la Thève bruisse sur les cailloux et parmi les nénuphars…

Nous suivons le ru Saint-Martin jusqu’à la rue du vieux-Château et nous allons voir les anciennes douves du vieux château du 12ème siècle. De retour dans « l’ile » nous suivons la Vieille Thève jusqu’aux jardins familiaux ; nous évoquons le milieu dans lequel nous sommes (le marais encore présent plus au sud devait arriver jusque là) et le parcours de la Thève. Dans les jardins nous sommes accueillis par le président, M. Cabaniols, et le vice-président, M. Kubitowicz qui évoquent l’histoire de ces jardins créés il y a plus de 10 ans, leur fonctionnement et leurs problèmes et attentes. Nous discutons avec les jardiniers présents et nous admirons leurs jardins où fleurs et légumes se mêlent pour le plaisir des yeux mais aussi parce que les uns savent protéger les autres. Nous avons été nombreux a acheter du miel produit par M. Cabaniols (il est délicieux) et nous repartons à travers « l’ile » pour rejoindre la rue du vieux-château et le parc du château. Madame Caron qui a fait la promenade avec nous et qui est, en tant qu’adjointe, chargée des aménagements de l’Ile de la Thève nous a donné en fin de promenade un aperçu des projets de la ville qui sont portés pour une grande partie par l’Agence Eau Seine-Normandie. Vous trouverez dans Le Mag 27, page 11, une première description de ce projet qui prévoit la création d’une mare et le déplacement des jardins familiaux ce qui inquiète les jardiniers qui passent des heures sur leurs parcelles…

Vous retrouverez sur ce blog l’exposition sur la Thève présentée en novembre 2020 et les poèmes qui l’accompagnaient ainsi que l’histoire détaillée de l’église Saint-Nicolas.

Prochaine proposition de l’ALMA : une promenade sur les traces des premiers entraîneurs de Lamorlaye du dernier tiers du 19ème siècle à la moitié du 20ème siècle : INSCRIVEZ-VOUS !

Aujourd’hui une très belle promenade en vélo, demain et dimanche prochain d’autres promenades à pied vous attendent !

Aujourd’hui, nous étions 30, place du Calvaire, au départ de la promenade en vélo dans le Lys-Chantilly : beau soleil pas trop chaud, 1 triporteur avec 2 enfants, 2 enfants à vélo (avec leurs parents),1 tricycle et 2 vélo à assistance électrique, et beaucoup de bonne humeur pour cette promenade facile et agréable avec 4 pauses « histoire » :

  • au rond-point de l’étoile : l’histoire des seigneuries qui concernent ce lotissement, Le Lys, Lamorlaye, Gouvieux et l’abbaye de Royaumont
  • au rond-point du Grand Condé : l’histoire de la création de la forêt du Lys à partir de 1719
  • au rond-point des Aigles : l’histoire de la création du lotissement à partir de 1925
  • à la chapelle Saint-Vaast : retour sur les seigneurs du Lys dont on voit les pierres tombales

Ceux qui le souhaitent repartent directement chez eux et nous revenons en effectif beaucoup plus réduit vers la place du Calvaire !

Merci à AU5V-Lamoralaye à Bicyclette sans qui nous n’aurions pas osé cette balade : la sécurité à vélo, chacun croit connaître, mais à 30 c’est autre chose ! Et merci aussi pour les photos !

Nous avons pris la décision de limiter le groupe à 30 ce qui nous a conduit à refuser beaucoup de candidats !

Mais nous referons cette promenade et nous les avertirons en priorité dès que la date sera fixée !

Vous retrouverez sur ce blog l’histoire de la création de la forêt et l’histoire du lotissement (entrée HISTOIRE DE LAMORLAYE sur la barre de menu en haut) et ce dimanche (19 septembre) et dimanche prochain (26 septembre) d’autres promenades vous attendent :

INSCRIVEZ VOUS POUR LES JOURNEES DU PATRIMOINE !

Samedi nous sommes 27 inscrits mais seulement 12 le dimanche ! Alors, faisons un zoom sur cette promenade historico-bucolique du dimanche pour vous donner envie de vous inscrire !

Nous partirons du parc du château (le RV est à 10h devant les grilles) ; en route nous évoquerons rapidement l’histoire du parc et du château puis nous arriverons rue de l’église, une des plus ancienne rues de Lamorlaye : nous pourrons admirer le chœur du 16ème siècle de l’église Saint-Nicolas d’abord de l’extérieur puis en y entrant : le vitrail central est classé et a été restauré il y a quelques années ; en sortant de l’église nous pourrons raconter l’histoire des premières écoles et de la première mairie de Lamorlaye ; arrivés rue Jean Biondi nous prenons à gauche, l’impasse de l’abreuvoir pour entrer dans l’Ile de la Thève : Il s’agit d’une zone naturelle humide entre ru Saint-Martin et Vieille Thève qui a retrouvé son caractère bucolique. Nous longerons le ru Saint-Martin jusqu’à la rue du Vieux château que nous emprunterons pour évoquer le premier château du 12ème siècle, l’ancien chemin de Paris à Clermont en jetant un coup d’œil sur les douves du 12ème siècle avant de retrouver la Vieille Thève jusqu’aux jardins familiaux où nous serons accueillis pour quelques explications et pour admirer le travail des jardiniers ; chemin faisant nous vous donnerons lecture de quelques textes consacrés à la Thève et nous évoquerons le parcours de nos rivières et les marais du Lys avant de retrouver la rue des marais et la rue de l’église …

Vous pouvez revoir sur notre blog l’exposition consacrée à la Thève en novembre 2020 : cliquer dans le menu sur l’entrée « expositions ».

et pour s’inscrire : 06 22 05 42 36 et lamorlayealma@gmail.com

Au Forum des associations, venez découvrir les projets de l’ALMA pour la rentrée !

Samedi 11 septembre, nous serons au Forum des associations !

Venez nous voir :

  • pour découvrir en bavardant ce qu’est l’ALMA, nos activités, nos projets, nos publications…
  • pour vous inscrire à nos manifestations de septembre à novembre
  • pour renouveler votre adhésion ou pour adhérer pour la première fois !

Pour les Journées Européennes du Patrimoine nous vous proposons deux promenades-commentées le 18 à vélo et le 19 à pied :

Pour la Fête du Cheval, nous vous proposons d’aller le 25 très tôt à la rencontre de la Route du Poisson qui renoue cette année avec une belle tradition et le 26 une promenade commentée à la découverte de Lamorlaye et le monde hippique : à pied et non à cheval !

En octobre, nous vous proposerons une visite guidée de Luzarches.

Et en novembre, une exposition « Lamorlaye d’un recensement à l’autre, 1911-1921 » et une visioconférence de Nicolas Bilot ‘Les deux temps de l’architecture royale médiévale : l’exemple du château de Creil » : ce sera la première d’un nouveau cycle de 3 visioconférences prévues fin novembre 2021, début février 2022 et mi-mars 2022…

Du 16 juin au 14 juillet : deux sorties et une conférence ! Voici comptes-rendus et photos

Beaucoup de retard sur ce blog ! Nous mettons seulement aujourd’hui le compte-rendu et les photos de nos trois dernières manifestations : la sortie à Orrouy et Champlieu du 16 juin (1 mois déjà !) ; la conférence sur l’archéologie du 3 juillet et la visite du potager des Étournelles le 14 juillet ( pour celle-ci on ne peut pas parler de retard !). Et il y a eu aussi, l’assemblée générale de l’ALMA le 19 juin…

Le 16 juin, entre Orrouy et Champlieu avec Nicoles Bilot.

Nous étions 25, dont un enfant ce qui nous fait toujours plaisir. Nicolas Bilot fait une première présentation de la sortie et nous commençons la promenade jusqu’à Champlieu. Deux conducteurs qui préféraient ne pas faire la marche ont réuni tous les paniers de pique-nique dans leurs voitures et nous ont attendu avec un autre participant à Champlieu. Premier arrêt pour contempler le paysage avec un coteau plus abrupt en bordure de l’Automne, et un autre, où nous nous trouvons, montant en pente douce. C’est un pays de carrières (180) et qui a toujours été habité : ainsi une étude réalisée sur la forêt de Compiègne très proche a mis en évidence 386 sites archéologiques parmi lesquels un château dont personne ne connaissait l’existence ! Deuxième arrêt, à l’entrée d’une carrière. Puis nous continuons jusqu’au camp des tanks de la guerre 14-18 : Le général Estienne logeait au château d’Orrouy et là où nous sommes il y avait les baraquements. Et une pièce de théâtre a même été jouée pour l’armée dans le théâtre de Champlieu où nous arrivons bientôt : c’est ici que se croisaient la voie Agrippa allant de Boulogne à Lyon et la Chaussée Brunehaut reliant Soissons à Pontoise : l’une romaine, l’autre gauloise… Il y a eu ici une ville gauloise et un premier temple au 3ème siècle avant notre ère. Mais le théâtre qui se déploie sous nos yeux, est bien de l’époque gallo-romaine (2ème siècle) ; il pouvait accueillir 4000 personnes ! C’est énorme surtout quand on précise que seuls les citoyens allaient au théâtre… Mais à Soissons, l’amphithéâtre accueillait 6000 spectateurs, les arènes de Senlis, 10 à 12000 ! Enfin les thermes qui sans être très grands sont assez bien conservés pour permettre, avec l’aide de notre guide, de bien comprendre leur organisation du point de vue technique et leur place dans la vie sociale de l’époque.

L’heure du pique-nique est arrivée et nous nous installons à l’ombre de beaux arbres : ils ont poussé dans ce qui devait être la nef de l’église Notre-Dame consacrée ensuite à Saint-Jacques.

Après la pause repas, la visite reprend pour découvrir et comprendre cette église dédiée à Notre-Dame de la Nativité et Saint Jacques. On a trouvé à proximité 450 sépultures datant de deux siècles avant J.C. Cette église a été reconstruite sur une ancienne église carolingienne et son plan a été modifié au cours de la construction.Elle dépendait de l’abbaye Saint-Crespin de Soissons puis d’un prieuré de Saint-Thibaut également dans l’Aisne.

Le prochain arrêt sera pour les « catacombes de Champlieu » ou l’histoire d’une arnaque réussie : une dame Osselin a réussi à faire classer comme crypte paléochrétienne une simple cave qu’elle a elle-même agrémentée de symboles chrétiens sur les murs et de divers objets aussi déconcertants qu’une dent de mammouth ou des coupes aztèques ; et elle faisait payer la visite !

Nous reprenons notre marche pour rejoindre Orrouy à travers champs (parfois entre des « herbes » aussi hautes que nous) en passant par la ferme du château de Doneval et le château de La Motte à Béthisy-Saint-Martin. Et nous voilà devant la très belle église Saint-Rémi d’Orrouy dont la construction remonterait à 1130 au moins pour le clocher-porche. Et même si l’espèce d’auvent qui a été mis sur la façade est assez contestable elle est très belle dans la lumière de cette fin d’après-midi. A l’intérieur, Nicolas Bilot nous fait découvrir de nombreux détails qui permettent de comprendre l’histoire du bâtiment. Et il nous laisse le temps d’admirer les magnifiques vitraux Renaissance.

Une fin de visite magique … et chaleureuse car la dame qui est là pour nous ouvrir l’église nous a préparé un goûter fort apprécié lui aussi ! Merci Madame !

Au début de cette promenade entre Orrouy et Champlieu, une herbe nous a beaucoup intrigués : il s’agirait peut-être, selon Michelle du « plantain queue de lièvre » ou « trèfle pied de lièvre » ; mais le doute reste permis…

Le 3 juillet, à 17h au château de Lamorlaye, Nicolas Bilot faisait une conférence que nous avions envisagée deux ans auparavant : « Qu’est-ce que l’archéologie ? Exemples de fouilles dans l’Oise. »

Nous étions un peu plus de 40 dans la salle jaune pour cette conférence qui s’est attachée à l’archéologie préventive car aujourd’hui c’est dans ce cadre que se font la plupart des recherches archéologiques. Cette conférence est faite sous l’égide du Conseil départemental de l’Oise puisque Nicolas Bilot appartient au service archéologique du Département et peut, à ce titre, intervenir pour faire de la « médiation scientifique ».

L’archéologie est « l’étude des traces matérielles du passé » alors que l’histoire va s’appuyer sur des sources écrites (textes et plans) ; l’historien de l’art travaille comme l’archéologue sur des sources matérielles mais qui sont le plus souvent bien conservées (ce n’est pas le cas pour l’archéologue) et surtout l’étude réalisée par les historiens et les historiens d’art ne détruira pas l’objet étudié ; ce que fait l’archéologue ! Nicolas Bilot est archéologue médiéviste et à ce titre il peut confronter traces matérielles et sources écrites.

C’est parce que l’archéologie détruit l’objet de son étude qu’elle doit rendre des comptes et que son activité est très encadrée ; une fouille devra obtenir au préalable l’accord du préfet et de nombreuses autres instances (DRAC, …). Aujourd’hui, l’INRAP contrôle toute l’archéologie préventive mais à tous les niveaux , les collectivités peuvent avoir leur service archéologique. C’est le cas du département de l’Oise qui l’a créé en 2007, quand il s’est lancé dans la création de nombreuses routes, travaux toujours précédés d’une étude archéologique préventive. Il y a 13 agents dans ce service dont 4 responsables d’opération chacun ayant une ou plusieurs spécialités. La ville de Saint-Denis dont tout le territoire est protégé (pour déplacer un lampadaire il faut d’abord faire une étude archéologique) a créé son service d’archéologie municipale dès 1982 et c’est le meilleur de France.

Le processus va de la prescription au diagnostic avec de multiples situations ; on prescrit une fouille systématiquement sauf si le terrain concerné a déjà été fouillé précédemment ou si l’activité précédente sur ce terrain a été destructrice de sa structure (par exemple une carrière de sable qui aurait été remblayée). S’il n’y a pas de prescription, l’aménageur peur commencer ses travaux ; s’il y a prescription, il peut soit modifier son projet pour éviter la phase de « diagnostic » (c’est à dire une campagne de fouilles) soit accepter cette étape ; il prend alors le risque que la fouille aboutisse à une découverte intéressante et dans ce cas le diagnostic est suivi d’une fouille complète qui sera beaucoup plus longue (le diagnostic doit se faire impérativement sur une durée d’un mois) ; l’aménageur peut alors décider de modifier son projet ou poursuivre son pari. Si la fouille complète révèle une découverte majeure (par exemple un château carolingien à Condé-sur-l’Escaut qui sera classé Monument Historique), l’aménageur a perdu son pari et doit renoncer à son projet. Sinon, la fouille totale étant faite, il pourra développer son projet détruisant ou recouvrant des vestiges qui auront été analysés et éventuellement mis à l’abri dans un musée. C’est ainsi qu’on peut à la fois étudier ce patrimoine caché, en « extraire » toutes les informations tout en ne figeant pas le territoire et en permettant son développement économique.

Ce fonctionnement fait peser sur l’archéologue une grande responsabilité ; d’abord dans la façon de mener le diagnostic qui ne concerne que 10% des parcelles à aménager ; on commence par creuser des tranchées régulièrement espacées ; ce qu’elles révèleront ou pas permettra de fonder le diagnostic. Et éventuellement d’orienter la suite des recherches. Depuis 2003, des sociétés privées peuvent être choisies pour ces travaux. Et c’est l’aménageur qui choisit sa structure d’archéologues ; les plus importants ont vite compris l’intérêt de disposer d’un service archéologie au sein de l’entreprise…

Des découvertes très intéressantes ont été faites grâce à l’archéologie préventive sans bloquer les projets d’aménagement.

A Pont-Saint-Maxence, à partir de la découverte de statues on a mis à jour un sanctuaire gallo-romain, découverte majeure au niveau européen.

La découverte du château carolingien de Condé-sur-l’Escaut a bouleversé les idées qu’on avait sur l’apparition des châteaux forts (qu’on situait autour de l’an 1000)

A Chiry-Ourscamp c’est un village carolingien spécialisé dans la filature qui a été mis à jour alors qu’on prévoyait de tracer deux nouvelles routes vers Noyon. Découverte confirmée par le fait que les habitants payaient à l’évêque de Noyon dont ils dépendaient, un impôt en tissu. L’analyse des trous découverts dans le sol a révélé la structure de cabanes semi-enterrées, avec des trous correspondant à des poteaux intérieurs qui soutenaient les métiers à tisser. Un archéologue spécialisé dans les tissus a retrouvé des traces de tissus ; un autre spécialisé dans l’archéologie expérimentale a reconstruit un atelier de ce type.

Bien d’autres exemples illustrent des situations de fouille très différentes : la nécessité de passer des câblages dans le palais épiscopal de Beauvais, d’un aménagement de sécurité incendie à Pierrefonds, un nouveau quartier à créer à Senlis ; autant de situations techniques, administratives, environnementales (l’archéologie en milieu urbain a ses contraintes propres) différentes. Ainsi à Pierrefonds, la fouille prévue dans les caves a été impossible car les tranchées avaient été creusées avant l’arrivée des archéologues ; mais les carottages faits dans les murs pour faire passer des câbles ont révélé une construction faite avec le grès environnant lié par un mortier contenant du charbon ; lequel a été daté au carbone 14 et a prouvé qu’un château existait bien avant le 14ème siècle (date admise jusque là). De même l’analyse chimique du sol peut confirmer la place d’une écurie ou d’une étable : ce qui fut le cas à Montépilloy…

Les métiers de l’archéologie sont très spécialisés ; avec le responsable d’opération et le technicien de fouille on va trouver :

  • pour les mobiliers naturels et de nature biologique (MNNB) : le zoologue (animaux), le malacologue (mollusques), l’anthropologue (restes humains), le palynologue (pollens), le carpologue (graines), le dentrologue (bois), le spécialiste du cuir, des tissus, …
  • pour les mobiliers inertes :céramologue (céramiques), lithicien (pierres taillées ou polies), géologue, molinologue (meules), numismate, spécialiste métal, tabletterie (os ou ivoire gravé), lapidaire, TCA (terres cuites architecturales), mortier, verre…
  • plus : gestionnaire de mobilier, topographe, informaticien, historien, géomorphologue, archéologue du bâti, subaquatique ou expérimentateur, dessinateur 3D, médiateur scientifique…

Sans oublier que chacune de ces spécialités va se spécialiser sur une époque !

Nicolas Bilot, ici médiateur scientifique, archéologue du bâti, historien, médiéviste est arrivé au bout d’une présentation très vivante et vraiment approfondie de ce qu’est l’archéologie aujourd’hui. Il termine en nous montrant ses outils : la truelle (variante plus rigide et plus petite de celle du maçon), le pinceau, la cuillère (pour creuser dans les petits trous), outils de mesure du mètre au décamètre, et la mire ou plutôt les mires adaptées à la taille des objets ou des lieux photographiés.

L’archéologie a longtemps été laissée aux érudits locaux; C’est maintenant au contraire une activité scientifique très encadrée mais qui a encore du mal à trouver sa place et qui a pris ses outils à toutes sortes de métiers ! Ci-dessous des photos trouvées sur internet :

Et c’est maintenant le moment des questions :

  • La place de la photo par rapport au dessin et par rapport à l’écrit : elle pose pour Nicolas Bilot un problème parce que l’abondance d’images devient difficile à gérer, que l’image a pris le statut de preuve, et que surtout elle devient un écran à l’interprétation du milieu de fouille. Mais l’appareil photo fait aussi partie du matériel de l’archéologue. Dans un rapport de fouille, le texte c’est à dire la contextualisation et l’analyse tend à se réduire et c’est une perte de qualité intellectuelle.
  • Les bénévoles sur les chantiers de fouille : ce n’est possible qu’en archéologie programmée comme par exemple les fouilles qu’il a conduites à Montépilloy. En archéologie préventive c’est entièrement professionnalisé sous le contrôle de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives). L’archéologie programmée n’est aujourd’hui qu’une petite part (souvent considérée comme « noble ») des fouilles réalisées. Il faut monter des dossiers scientifiques très poussés pour obtenir une autorisation et ensuite il faut financer soi-même la fouille…
  • Les détecteurs de métaux : on peut les utiliser mais il faut se méfier car ils ont pour effet de surévaluer la présence de métaux (on les repère tous) et donc de « cacher » l’existence d’autres mobiliers archéologiques. Dans le cadre d’une fouille ce peut être une aide mais l’usage (TOTALEMENT INTERDIT) qu’en font les chercheurs de trésors est très dommageable : non seulement ils volent des objets qui appartiennent à l’état mais en le récupérant ils détruisent tout le contexte et rendent inefficace une éventuelle fouille. La forêt de Compiègne est régulièrement pillée par ces pratiques.
  • Depuis quand l’archéologie préventive existe-t-elle ? Et existe-t-elle partout dans le monde ? C’est le régime de Vichy, en quête d’identité nationale, qui est le premier à se soucier de règlementer les fouilles archéologiques par deux lois, dites « Lois Carcopino », du nom du quatrième secrétaire d’État à l’Éducation nationale du régime de Vichy ; celle du 27 septembre 1941 impose le contrôle de l’État sur les fouilles (elle sera maintenue à la Libération) et celle du 21 janvier 1942 organise ce contrôle pour les fouilles métropolitaines et à l’étranger. En 1980, une loi protège les collections publiques (celles reconnus par les Monuments Historiques) des actes de malveillance y compris les fouilles. Depuis les années 70, on a une archéologie de sauvetage mais c’est en 2001 qu’est définie l’archéologie préventive avec la création de l’INRAP et le fonctionnement que Nicolas Bilot nous a si bien décrit. Mais en 2003, la privatisation de l’archéologie est votée créant les difficultés déjà évoquées dans la conduite des fouilles et surtout provoquant une véritable fuite des cerveaux : l’archéologue a fait des études au moins jusqu’à BAC+5 et le niveau de rémunération dans le public reste vraiment très bas.

En guise de conclusion, Nicolas Bilot évoque un archéologue que nous avons vu sur une des diapos en train de construire une cabane expérimentale : Jean-Paul Demoule dont il apprécie beaucoup les réflexions sur les questions, comme le mythe d’une langue indo-européenne (et donc d’un peuple « origine »), très proches de la philosophie. Jean-Paul Demoule est professeur émérite de protohistoire européenne à l’université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Il a mené des fouilles dans le cadre du programme de sauvetage régional de la vallée de l’Aisne, ainsi qu’en Grèce et en Bulgarie. Il s’est particulièrement intéressé aux problèmes de l’archéologie de sauvetage et a participé à l’élaboration de la loi française sur l’archéologie préventive et à la création de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), qu’il a présidé de 2001 à 2008. On peut le découvrir sur www.jeanpauldemoule.com et sur youtube : aux origines de l’archéologie ou archéologie du présent.

Pas de « verre de l’amitié » à la fin de cette conférence mais un immense merci à Nicolas Bilot, au Conseil départemental au nom duquel il intervenait, à Monsieur le Maire de Lamorlaye et à Madame Chani et Mme Caron venus assister à la conférence, et à vous tous, chers participants !

Dernière partie de cet article fleuve : notre sortie, mercredi 14 juillet, au château des Etournelles à Breuil-le-Sec !

Nous étions 25 plus deux enfants pour cette sortie maintenue en dépit d’une météo catastrophique pendant plusieurs jours avant le 14 ! Et nous avons bien fait : il faisait un peu gris mais pas une goutte de pluie et la température était très agréable. Le soleil était même apparu en fin d’après-midi ! Et surtout personne, parmi les inscrits, ne s’était laissé impressionné par les déluges auxquels nous avons eu droit jusqu’à la soirée du 13 juillet…

Nous nous sommes retrouvés devant le château à 12h30, sauf un groupe de 4 personnes qui avaient prévu de venir à 14h au démarrage de la visite.

Nous étions confortablement installés autour de tables dans le parc, nos chaises pliantes étant bien inutiles. Après le pique-nique avec un apéritif offert par l’ALMA et un café offert par Claire, la visite du potager commence sous la conduite du chef jardinier qui va nous raconter d’abord l’histoire du château puis celle du potager avant de répondre à une véritable pluie de questions : sur le nom de telle ou telle plante, les techniques de culture, l’utilisation des légumes, le repiquage, le bouturage…

Mais revenons sur l’histoire du domaine :

Une histoire qui remonte à Jules César et la Guerre des Gaules : l’armée romaine attaque les Bellovaques, retranchés sur la colline de Clermont en 52 avant J.C depuis le Bois des Côtes qui domine le village de Breuil-le-Sec. Pour franchir les marais de Breuil-le-Sec les Romains édifient des ponts de fascines enfouis à 1m sous terre sur une voie perpendiculaire à la Brèche ; ces ponts de fascines (ou fagots) ont été découverts et identifiés lors de fouilles archéologiques en 1936.

Au Moyen-Age, le castellum romain est devenu un manoir défensif. Sous la Jacquerie, il est ravagé par les Jacques et démoli par ordres de Charles VII. Il n’en garde pas moins son assiette initiale et des douves qui étaient visibles jusqu’à la fin du 19ème.

En 1453 le manoir appartient à Karados de Quesnes. Au 17ème il passe entre les mains du seigneur d’Autreville, grand-père du cardinal de Richelieu. Puis par un acte de vente du marquisat de Nointel daté du 31 août 1671, conservé au Musée Condé de Chantilly, Louis Béchameil, conseiller du roi Louis XIV, achète de nombreuses terres dont le domaine des Tourelles. Il fait construire un bel ensemble de bâtiments constitué de la façade occidentale du logis principal, de la cour de ferme et de la grange à récolte qui existe toujours et est classée monument historique depuis 1988. Homme d’esprit et gastronome, c’est à Louis de Bechameil qu’on devrait la recette de la sauce béchamel.

En 1781 le fief des Tourelles est devenu une vaste ferme exploitée par Antoine Boucher, ancêtre des propriétaires actuels. Le prince de Condé acquiert le domaine en 1787. Lorsqu’il émigre lors de la Révolution française, le domaine vendu en bien national est acheté le 1er thermidor an II (19 juillet 1794) par deux cultivateurs des villages voisins.  Un an plus tard, en 1795, Antoine Boucher devient propriétaire des terres qu’il cultivait. Depuis  le domaine est resté sans interruption dans la même famille. Au début du 19ème c’est une exploitation agricole aux activités multiples. La culture des céréales est complétée par l’élevage de nombreux animaux : plus de 120 moutons, 8 vaches,  5 chevaux, des porcs et de nombreux volatiles, un potager nourricier et un verger.

En 1848, à l’occasion du mariage d’Augustine Boucher avec Eugène Leclerc, la maison et le parc sont transformés. L’aménagement d’un parc romantique autour d’un étang et d’un nouveau potager protégé par de hauts murs est confié à un paysagiste du Val d’Oise,  Louis Sulpice Varé qui se faisait connaître pour la réalisation de parcs privés en Ile de France et à qui Napoléon III confiera en 1852 l’aménagement du Bois de Boulogne. Il transforme les pâtures à moutons, le vieux verger et le potager de la Ferme des Etournelles. Il y crée un parc dont les grandes pelouses bordées d’allées sinueuses entourent un étang romantique avec ses deux ponts en rocaille et en arceau. A l’abri des hauts murs il donne au potager une forme faussement géométrique de huit carrés qui se découvre d’un seul coup d’œil grâce à un terrassement ingénieux en forme de berceau. Cet exceptionnel potager de fleurs, fruits et légumes a fait l’objet d’une inscription à l’inventaire des Monuments Historiques le 27 décembre 2004. Depuis sa création l’aspect du potager a très peu changé avec des cultures locales qui s’y succèdent depuis plus de 150 ans.

En août 1916, l’escadrille des Cigognes (Georges Guynemer) s’installe à Breuil le Sec et habite les Etournelles.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands occupent la maison à partir du 9 juin 1940. A leur départ, dans la maison tout est à refaire. Pendant toute cette période le potager a continué son rôle de jardin nourricier avec la production de fruits et légumes. La grange du 17ème siècle est modifiée pour permettre le passage des jeeps allemandes.

Après une démonstration de repiquage, une adresse pour les graines et aussi deux des recettes promises :

  • Couper un beau concombre en deux dans le sens de la longueur ; enlever les graines ; remplir de fromage ail et fines herbes ; recouvrir de saumon fumé (autant que vous voulez) ; refermer le concombre ; le piquer de part en part avec des bâtonnets en bois espacés d’un centimètre ; couper avec un très bon couteau entre les bâtonnets. Annick ajoute : envelopper de papier étirable et laisser un moment au frigo…
  • Avec de très bonnes tomates : peler les tomates, enlever les graines ; passer au mixer avec une pointe d’ail, du basilic, sel et poivre ; faire réchauffer quelques secondes au micro-ondes et verser sur des spaghettis fumants.
  • On ne nous a pas donner de recette de dessert ; pourtant il y avait des rhubarbes gigantesques !

Dans quelques jours : le 3 juillet, conférence de Nicolas Bilot autour de l’archéologie

Au cours de cette conférence Nicolas Bilot nous parlera de l’évolution de l’archéologie en s’appuyant sur des exemples de fouilles dans l’Oise. Aujourd’hui, l’archéologie fait appel à de très nombreuses disciplines, de l’analyse d’un pollen à l’investigation aérienne ou par drones… Les images que nous conservons d’un archéologue solitaire et de découvertes fortuites, si elles ont été parfois vraies dans le passé ne sont plus vraiment d’actualité.

L’Oise possède de très nombreux sites archéologiques à explorer ; le plus souvent ce sont les projets de travaux qui permettent, en mettant en action de façon systématique l’archéologie préventive de découvrir et d’étudier de nouveaux sites.

Notre récente visite à Champlieu avec Nicolas Bilot (le compte-rendu suivra bientôt) nous a montré combien le travail de l’archéologue permet de faire revivre des sociétés disparues !

La conférence de Nicolas Bilot nous permettra certainement de mieux comprendre comment l’archéologue travaille mais aussi quels mondes, ici ou là, il a permis de découvrir !

INSCRIVEZ-VOUS car le nombre de places est limité ! Et n’oubliez pas votre masque…

Les ambassadeurs de la mémoire de la Shoah découvrent l’histoire du projet Lebensborn

Jeudi 10 juin nous avons accueilli au château de Lamorlaye une classe « ambassadeur de la mémoire » venue découvrir l’histoire du Lebensborn et, en particulier, de celui qui a fonctionné à Lamorlaye sans doute à partir du dernier trimestre 1943 et jusqu’au 10 août 1944…

2002 : l’UE institue la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires des États membres. 

2005 : l’ONU choisi le 27 janvier, date de la découverte du camp d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique, pour instituer une journée internationale de la mémoire de l’Holocauste.

2010 : onze lieux de mémoire de la Shoah en France organisent depuis cette date des manifestations communes chaque 27 janvier, sous l’égide du Mémorial de la Shoah.

2015 : pour le 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, les organismes gérant ces lieux de mémoire réunissent de jeunes ambassadeurs de la mémoire, porteur de la mémoire de l’un de ces lieux, à l’occasion d’une rencontre nationale en les associant aux cérémonies officielles à Paris.

Depuis les ambassadeurs de la mémoire sont des élèves de différents niveaux qui sont associés à un lieu de mémoire et travaillent sur l’histoire de l’holocauste et sur les initiatives d’aujourd’hui pour porter cette mémoire et défendre les valeurs démocratiques et républicaines

Ce jeudi ce sont plus de 20 élèves de la 3e4 du collège-Lycée Jules Ferry dans le 9ème arrondissement de Paris qui sont venus à Lamorlaye pour une matinée où l’ALMA leur a présenté son exposition sur le Lebensborn et un documentaire de Chantal Lasbat « Les enfants de la honte ». Madame Caron, adjointe chargée, entre autres sujets, des commémorations, est venue les saluer au château. Ils ont ensuite rejoint le mémorial de la Déportation et de l’Internement de Royallieu (un des 13 lieux de mémoire) pour une visite guidée. Leur médiateur a eu le temps de les faire réfléchir sur ce que nous leur avons présenté. Dans cette classe, il y a 6 ambassadeurs de la mémoire mais toute la classe est engagée avec eux sur ce travail.

Pour découvrir en quoi consiste leur rôle, nous vous conseillons la présentation qui en est faite en cliquant ICI

Pour en savoir plus sur les ambassadeurs de mémoire merci de cliquer ICI

Le bureau de l’ALMA est très heureux d’avoir pu accueillir, avec l’aide de la municipalité, cette classe et d’avoir pu lui apporter un aperçu sur le projet nazi de création d’une « race » supposée pure : un projet porté par l’association Lebensborn e.V de 1935 à 1945 et qui était pour les nazis le complément de leur objectif d’élimination des « races » ou des individus jugés inutiles ou « non pures ». Himmler avait baptisé ce double projet « le glaive et le berceau »… L’histoire du Lebensborn est indissociable de celle de la Shoah : il est donc naturel que les ambassadeurs de la mémoire veuillent mieux la connaître.

Une première conférence très intéressante et très suivie !

Hier samedi 22 mai nous étions 55, réunis dans la grande salle de spectacle du foyer culturel, pour la conférence de Jean-Yves Bonnard : 1940-1941 : l’Oise, de la défaite aux prémisses de la Résistance. Le bureau de l’ALMA était vraiment heureux de voir que cette première conférence en présentiel (pour nous la dernière datait du 9 février 2020 !) était en quelque sorte attendue à la fois par nos adhérents (24 étaient là) et par un public plus large, certains ayant « découvert » l’ALMA par ses visioconférences et d’autres contacts fidèles depuis longtemps de notre association.

Nous étions aussi très heureux d’accueillir

  • Nicolas Moula, maire de Lamorlaye venu assister à la conférence avec Yasmine Chani adjointe chargée, entre autres sujets, des associations et Valérie Caron adjointe en charge, entre autres sujets, des commémorations. Leur présence et leur soutien sont très importants pour l’ALMA et plus largement pour la vie culturelle de notre ville et nous les remercions d’avoir été présents avec nous !
  • Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise, Alain Blanchard, son vice Président, Monique Besse et Frédéric Gondron , membres de l’ANACR-Oise qui organise avec nous cette conférence.
  • Frédéric Gondron est historien et il participe avec Jean-Yves Bonnard à l’association Résistance 60 et a plusieurs fois été notre conférencier.

Après le mot de bienvenue de Nicole Anconina au nom de l’ALMA, Madame Chani, dans une intervention très chaleureuse, a souligné au nom de la municipalité notre besoin à tous de retrouver des moments de rencontre et de partage. Elle a rappelé que l’ALMA par des visioconférences et des expositions en extérieur, a participé au maintien d’activités culturelles pendant cette longue période.

Hélène Boulanger, au nom de l’ANACR-Oise, a rappelé que ce n’était pas la première fois que l’ANACR-Oise est partenaire de l’ALMA pour des manifestations concernant la période 39-45. L’ANACR, créée au lendemain de la guerre par les Résistants, travaille pour la connaissance de cette période au cours de laquelle des hommes ont su se battre contre l’oppression nazie et est heureuse de participer à cette conférence. Elle salue le travail de Jean-Yves Bonnard qui a, avec d’autres historiens, ranimé l’association Résistance60 créée par Jean-Pierre Besse. Elle met aussi l’accent sur la nécessité de lutter encore aujourd’hui pour la Paix.

Après quelques consignes, Lucienne Jean présente Jean-Yves Bonnard qui est, comme cela a déjà été dit, historien et président de l’Association Résistance 60 et qui a été auparavant très impliqué dans le réseau de ressources Canopée en lien avec l’Inspection académique de l’Oise.

La parole est donc à Jean-Yves Bonnard qui va nous resituer ces années 1940-1941 de la Seconde Guerre mondiale dans leur contexte historique : le nazisme et donc la guerre 39-45 étant en fait le fruit de la Première Guerre mondiale, nous allons donc mesurer d’abord la situation économique et démographique de l’Oise après la Première Guerre, puis la montée des partis de gauche aux législatives de 1932 puis de 1936 , montée qui aboutira au Front populaire.

Après l‘invasion de la Pologne, la déclaration de guerre à l’Allemagne et la mobilisation générale vont se faire dans un esprit « première guerre mondiale  » : on se prépare à une nouvelle guerre de position. Le pacte germano-soviétique qui intervient à la fin août va poser un très grand problème pour les communistes (certains ne vont pas l’accepter) et créer une défiance concernant la position des communistes qui soutiennent ce pacte ; d’où le retrait de leurs mandats et l’emprisonnement de nombreux communistes. Cette question va se poser jusqu’à l’opération Barbarossa (début de l’invasion de l’URSS) qui sera déclenchée par Hitler le 22 juin 1941.

Mais avant d’en arriver là, il y aura la Bataille de France avec l’invasion, le 10 mai, des Pays-Bas puis de la Belgique, la bataille autour de la poche de Dunkerque du 1er au 5 juin puis ensuite l’offensive allemande vers la région parisienne ; jour par jour, nous découvrons les combats, le massacre par la Wehrmacht des soldats noirs enrôlés dans l’armée Française, les bombardements et les destructions qu’ils causent, les destructions stratégiques des ponts par l’armée française, les deux exodes, le premier lancé trop tôt le 26 mai par le préfet Mathieu qui sera remplacé par le préfet Vaquier lequel lancera le 2ème exode bien trop tard… Et le 17 juin, Pétain décide l’arrêt des combats et négocie l’armistice le 21 ; elle sera signée le 22 juin et entrera en action le 25 : le temps d’y intégrer les Italiens entrés en guerre entre temps. Mais le 18 juin, De Gaulle a lancé son appel à continuer la lutte aves les alliés…

Et une nouvelle étape commence : vivre dans la zone occupée ; vivre dans un pays détruit ; vivre sous le régime de Vichy, avec ses lois anti-juives promulguées en quelques mois ; vivre avec l’occupant et dans l’Oise, avec une énorme présence de la Luftwaffe car en même temps, la Bataille d’Angleterre se poursuit… Les difficultés d’approvisionnement, la limitation de circulation, l’absence des prisonniers de guerre sont les problèmes de chaque jour. C’est le moment où le premier acte de Résistance, spontané, consiste à récupérer les armes restées sur les champs de bataille et à les cacher pour le jour où on pourrait s’en servir. Jean-Yves bonnard nous donne l’exemple de 3 hommes de la région de Noyon, André Dumontois, communiste, Louis Brunet, sous-officier de réserve, Marcel Fournier, président des anciens combattant qui vont savoir travailler ensemble pour cette récupération d’armes. Dans cette année 1940 et le début 1941, il y a quelques sabotages de lignes téléphoniques et un ou deux attentats. Mais l’opération Barbarossa qui va lancer l’Allemagne dans la guerre à l’est, va du même coup marquer le renoncement des nazis à envahir l’Angleterre, lever les suspicions existant envers les communistes dont l’engagement dans la Résistance ne fera plus question. Mais renforcer aussi le courant collaborationniste…

Jean-Yves Bonnard va arrêter sur cette date, le 22 juin 1941 son récit ; car la seconde guerre mondiale va prendre à partir de cette date une orientation vraiment différente : une deuxième phase de la seconde guerre mondiale commence…

Après de chaleureux applaudissements qui sont nos grands remerciements pour cette conférence qui nous a fait comprendre ce début de la Seconde Guerre mondiale dans toute sa complexité, Jean-Yves Bonnard nous présente le site de l’association Résistance 60 où une énorme quantité de documents est disponible avec des témoignages, des analyses thématiques, des films,… L’association a mis en ligne et enrichit chaque jour le DVD qui a été à l’origine de sa création par Jean-Pierre Besse.

C’est un travail très important et très utile : le site reçoit de très nombreuses visites chaque jour et est très utilisé par les collégiens et les lycéens qui travaillent pour le concours national de la Résistance et de la Déportation.

Viennent ensuite de très nombreuses questions du public qui vont permettre de nouveaux développements :

  • sur la politique de reconstruction (envisagée dès 1940 ! Et définie en 1943, la reconstruction sera l’occasion d’une redéfinition des espaces urbains qui ne s’achèvera qu’à la fin des années 50) ;
  • la présence anglaise dans la partie de l’Oise où nous sommes et l’engagement des ces Anglais dans la Résistance en lien avec l’Angleterre.
  • pourquoi utiliser le terme « boche »?
  • le cas du Coudray-sur-Thelle qui abrita Goering, le chef de l’aviation allemande
  • l’exemple de Raymonde Carbon qui voyant les drapeaux allemands flotter sur les bâtiments publics dira à son mari « on ne peut pas laisser faire ça  » et situe à ce moment précis sa motivation à rentrer en Résistance ; ce qu’elle fera à partir de janvier 41. Jean-Yves Bonnard confirme que de très nombreux témoignages exprime ce même sentiment : la vue du drapeau nazi a été plus immédiatement insupportable que la présence des soldats eux-mêmes.
  • la violence des combats : en un mois, on compte plus de 90000 morts !

Et comme il faut bien s’arrêter ( il est 17h45), voici le moment d’acheter les livres que Jean-Yves Bonnard nous a apporté en soutien à sa conférence :

  • 14-18 dans l’Oise,
  • Rethondes, le jour où l’Histoire s’est arrêtée 11 novembre 1918 – 21 juin 1940
  • et bien sûr, 39-45 dans l’Oise.

Si vous souhaitez consulter ou acheter ces ouvrages de Jean-Yves Bonnard n’hésitez pas à nous contacter.

Samedi 22 mai : conférence au foyer culturel et ce mercredi 19 mai : des images de notre promenade en forêt

Ce samedi 22 mai, au foyer culturel à 15h30 avec distanciation de rigueur mais ENFIN ! En présentiel :

Pensez à vous inscrire en écrivant à : lamorlayealma@gmail.com

Aujourd’hui 19 mai à 14h nous étions 17 au rendez-vous de l’ALMA au carrefour de la Table.

17 bien optimistes car ignorant superbement le temps que nous connaissons depuis plusieurs jours (pluie, pluie et encore pluie ou grêle) et la météo (annonçant avec une précision diabolique orages et pluie).

Et 17 bien chanceux car… il n’a pas plu ! Ou presque pas ; à peine quelques gouttes, 5 ou 10 minutes… Avec de grands moments ensoleillés et la forêt si belle quand le printemps est bien installé, sous-bois vert tendre, tapis de jacinthes sauvages, muguet parfois… et les grandes perspectives des allées rectilignes tracées par Le Nôtre ou les cheminements plus intimes sur la Chaussée Brunehaut ou les routes rondes.

La nature était belle et douce et l’histoire que nous avons essayé de raconter au cours de ces 4 km de promenade nous a emmenés du XIIe au XXe siècle:

D’abord puisque c’est notre point de départ : la Table, Le Notre; Le Grand Condé : mais aussi le bombardement allié du 8 août 1944.

Puis la Croix de l’Assemblée premier rendez-vous des veneurs en forêt de Chantilly, qui sera délaissé au profit de la grandiose Table ; la Table étant a son tour délaissée pour un rendez-vous plus calme au carrefour des Bruyères. la Croix de l’Assemblée a disparu, on ne sait quand, mais a été réinstallée en 1992 par l’Association pour la sauvegarde des Poteaux des Trois Forêts.

Et l’histoire du Prieuré Saint-Nicolas d’Acy, dépendant de Cluny et plus directement de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs ; un prieuré attesté en 1106 mais créé 10 ans plus tôt ; riche des dons de ses grands protecteurs mais en butte aussi à leur éventuelle mauvaise foi ou à leur besoin d’expansion et de pouvoir. Les relations entre le prieuré et les seigneurs de Chantilly seront tumultueuses, des Bouteiller, Guy de la Tour puis Guillaume ; à Pierre III d’Orgemont ; puis Anne de Montmorency ; et aussi Louis Henri, 7ème prince de Condé, arrière petit-fils du Grand Condé qui tenta longtemps d’acheter cette enclave formée dans son beau domaine par le bois Luton (bois donné par Guy de la Tour …) ; la Restauration permettra à son fils de l’acquérir enfin !

Chaque différend amène un procès et une conciliation provisoire car suffisamment tortueuse pour créer de nouveaux malentendus ou servir de point d’appui à de nouvelles contestations.

Nous suivrons le long de la chaussée Brunehaut le bornage imposé en 1537 par Anne de Montmorency ; quelques années plus tard, en 1553, le conflit sera réouvert et aboutira à un nouveau bornage portant à 54 les bornes Montmorency/ Saint-Nicolas d’Acy sur cette petite partie de la forêt.

Anne de Montmorency, élevé avec François 1er, fera revenir le roi fait prisonnier à la bataille de Pavie et surtout saura régler le délicat problème du paiement de la rançon et du retour en France des deux enfants du roi, laissés en otage par François 1er contre sa propre libération. François 1er et après lui son fils Henri II sauront récompenser leur conseiller ; François 1er ne lésinera pas sur sa reconnaissance en le nommant Grand-Maître de France et gouverneur du Languedoc en 1526 ; plus tard, en 1551, Henri II le fera duc et pair de France ; en épousant Madeleine de Savoie en 1527, Anne avait largement renforcé sa puissance ; s’appuyant sur un formidable « réseau », il est devenu le conseiller incontournable qui contrôle tout. On lui doit, construit par Jean Bullant, le petit château et la terrasse à Chantilly et le château d’Ecouen. Il fera aussi rénover le château de laFère-en -Tardenois

La promenade se termine : quelques gâteaux (sous emballage individuels, bien loin des gâteaux maison une tradition de l’ALMA que nous espérons retrouver bientôt) partagés autour des voitures et c’est le retour ! Merci à tous pour ce plaisir partagé ; merci pour vos compléments d’information. Merci aux Cahiers de Chantilly et en particulier à François-Xavier Bridoux qui a donné pour le N°13 des Cahiers un article qui nous a donné l’idée de cette promenade. Nous avons beaucoup puisé dans son article et l’avons beaucoup sollicité. Nous avons aussi replongé avec plaisir dans l’ouvrage de Jacques Peloye Toponymie des Trois Forêts !

Les Cahiers comme l’ouvrage de Jacques Peloye sont disponibles auprès de l’ALMA. Parmi les Cahiers, le N°8 traite de la forêt de Chantilly et de Pontarmé à partir d’une étude de Gustave Macon, commentée par Gérard Mahieu (qui a reconstitué toutes les sources non citées par Gustave Macon) et complété par un index des noms cités réalisé par Philippe Lamps : il a fait l’objet d’une conférence organisée par l’ALMA avec Philipe Lamps et Christian Bouchet en 2016. Le N°12, propose un article de François-Xavier Bridoux sur les poteaux forestiers dans les Trois Forêts et le N°13, un article sur le bornage du bois Saint Nicolas d’Acy.