Les ambassadeurs de la mémoire de la Shoah découvrent l’histoire du projet Lebensborn

Jeudi 10 juin nous avons accueilli au château de Lamorlaye une classe « ambassadeur de la mémoire » venue découvrir l’histoire du Lebensborn et, en particulier, de celui qui a fonctionné à Lamorlaye sans doute à partir du dernier trimestre 1943 et jusqu’au 10 août 1944…

2002 : l’UE institue la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires des États membres. 

2005 : l’ONU choisi le 27 janvier, date de la découverte du camp d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique, pour instituer une journée internationale de la mémoire de l’Holocauste.

2010 : onze lieux de mémoire de la Shoah en France organisent depuis cette date des manifestations communes chaque 27 janvier, sous l’égide du Mémorial de la Shoah.

2015 : pour le 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, les organismes gérant ces lieux de mémoire réunissent de jeunes ambassadeurs de la mémoire, porteur de la mémoire de l’un de ces lieux, à l’occasion d’une rencontre nationale en les associant aux cérémonies officielles à Paris.

Depuis les ambassadeurs de la mémoire sont des élèves de différents niveaux qui sont associés à un lieu de mémoire et travaillent sur l’histoire de l’holocauste et sur les initiatives d’aujourd’hui pour porter cette mémoire et défendre les valeurs démocratiques et républicaines

Ce jeudi ce sont plus de 20 élèves de la 3e4 du collège-Lycée Jules Ferry dans le 9ème arrondissement de Paris qui sont venus à Lamorlaye pour une matinée où l’ALMA leur a présenté son exposition sur le Lebensborn et un documentaire de Chantal Lasbat « Les enfants de la honte ». Madame Caron, adjointe chargée, entre autres sujets, des commémorations, est venue les saluer au château. Ils ont ensuite rejoint le mémorial de la Déportation et de l’Internement de Royallieu (un des 13 lieux de mémoire) pour une visite guidée. Leur médiateur a eu le temps de les faire réfléchir sur ce que nous leur avons présenté. Dans cette classe, il y a 6 ambassadeurs de la mémoire mais toute la classe est engagée avec eux sur ce travail.

Pour découvrir en quoi consiste leur rôle, nous vous conseillons la présentation qui en est faite en cliquant ICI

Pour en savoir plus sur les ambassadeurs de mémoire merci de cliquer ICI

Le bureau de l’ALMA est très heureux d’avoir pu accueillir, avec l’aide de la municipalité, cette classe et d’avoir pu lui apporter un aperçu sur le projet nazi de création d’une « race » supposée pure : un projet porté par l’association Lebensborn e.V de 1935 à 1945 et qui était pour les nazis le complément de leur objectif d’élimination des « races » ou des individus jugés inutiles ou « non pures ». Himmler avait baptisé ce double projet « le glaive et le berceau »… L’histoire du Lebensborn est indissociable de celle de la Shoah : il est donc naturel que les ambassadeurs de la mémoire veuillent mieux la connaître.

Une première conférence très intéressante et très suivie !

Hier samedi 22 mai nous étions 55, réunis dans la grande salle de spectacle du foyer culturel, pour la conférence de Jean-Yves Bonnard : 1940-1941 : l’Oise, de la défaite aux prémisses de la Résistance. Le bureau de l’ALMA était vraiment heureux de voir que cette première conférence en présentiel (pour nous la dernière datait du 9 février 2020 !) était en quelque sorte attendue à la fois par nos adhérents (24 étaient là) et par un public plus large, certains ayant « découvert » l’ALMA par ses visioconférences et d’autres contacts fidèles depuis longtemps de notre association.

Nous étions aussi très heureux d’accueillir

  • Nicolas Moula, maire de Lamorlaye venu assister à la conférence avec Yasmine Chani adjointe chargée, entre autres sujets, des associations et Valérie Caron adjointe en charge, entre autres sujets, des commémorations. Leur présence et leur soutien sont très importants pour l’ALMA et plus largement pour la vie culturelle de notre ville et nous les remercions d’avoir été présents avec nous !
  • Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise, Alain Blanchard, son vice Président, Monique Besse et Frédéric Gondron , membres de l’ANACR-Oise qui organise avec nous cette conférence.
  • Frédéric Gondron est historien et il participe avec Jean-Yves Bonnard à l’association Résistance 60 et a plusieurs fois été notre conférencier.

Après le mot de bienvenue de Nicole Anconina au nom de l’ALMA, Madame Chani, dans une intervention très chaleureuse, a souligné au nom de la municipalité notre besoin à tous de retrouver des moments de rencontre et de partage. Elle a rappelé que l’ALMA par des visioconférences et des expositions en extérieur, a participé au maintien d’activités culturelles pendant cette longue période.

Hélène Boulanger, au nom de l’ANACR-Oise, a rappelé que ce n’était pas la première fois que l’ANACR-Oise est partenaire de l’ALMA pour des manifestations concernant la période 39-45. L’ANACR, créée au lendemain de la guerre par les Résistants, travaille pour la connaissance de cette période au cours de laquelle des hommes ont su se battre contre l’oppression nazie et est heureuse de participer à cette conférence. Elle salue le travail de Jean-Yves Bonnard qui a, avec d’autres historiens, ranimé l’association Résistance60 créée par Jean-Pierre Besse. Elle met aussi l’accent sur la nécessité de lutter encore aujourd’hui pour la Paix.

Après quelques consignes, Lucienne Jean présente Jean-Yves Bonnard qui est, comme cela a déjà été dit, historien et président de l’Association Résistance 60 et qui a été auparavant très impliqué dans le réseau de ressources Canopée en lien avec l’Inspection académique de l’Oise.

La parole est donc à Jean-Yves Bonnard qui va nous resituer ces années 1940-1941 de la Seconde Guerre mondiale dans leur contexte historique : le nazisme et donc la guerre 39-45 étant en fait le fruit de la Première Guerre mondiale, nous allons donc mesurer d’abord la situation économique et démographique de l’Oise après la Première Guerre, puis la montée des partis de gauche aux législatives de 1932 puis de 1936 , montée qui aboutira au Front populaire.

Après l‘invasion de la Pologne, la déclaration de guerre à l’Allemagne et la mobilisation générale vont se faire dans un esprit « première guerre mondiale  » : on se prépare à une nouvelle guerre de position. Le pacte germano-soviétique qui intervient à la fin août va poser un très grand problème pour les communistes (certains ne vont pas l’accepter) et créer une défiance concernant la position des communistes qui soutiennent ce pacte ; d’où le retrait de leurs mandats et l’emprisonnement de nombreux communistes. Cette question va se poser jusqu’à l’opération Barbarossa (début de l’invasion de l’URSS) qui sera déclenchée par Hitler le 22 juin 1941.

Mais avant d’en arriver là, il y aura la Bataille de France avec l’invasion, le 10 mai, des Pays-Bas puis de la Belgique, la bataille autour de la poche de Dunkerque du 1er au 5 juin puis ensuite l’offensive allemande vers la région parisienne ; jour par jour, nous découvrons les combats, le massacre par la Wehrmacht des soldats noirs enrôlés dans l’armée Française, les bombardements et les destructions qu’ils causent, les destructions stratégiques des ponts par l’armée française, les deux exodes, le premier lancé trop tôt le 26 mai par le préfet Mathieu qui sera remplacé par le préfet Vaquier lequel lancera le 2ème exode bien trop tard… Et le 17 juin, Pétain décide l’arrêt des combats et négocie l’armistice le 21 ; elle sera signée le 22 juin et entrera en action le 25 : le temps d’y intégrer les Italiens entrés en guerre entre temps. Mais le 18 juin, De Gaulle a lancé son appel à continuer la lutte aves les alliés…

Et une nouvelle étape commence : vivre dans la zone occupée ; vivre dans un pays détruit ; vivre sous le régime de Vichy, avec ses lois anti-juives promulguées en quelques mois ; vivre avec l’occupant et dans l’Oise, avec une énorme présence de la Luftwaffe car en même temps, la Bataille d’Angleterre se poursuit… Les difficultés d’approvisionnement, la limitation de circulation, l’absence des prisonniers de guerre sont les problèmes de chaque jour. C’est le moment où le premier acte de Résistance, spontané, consiste à récupérer les armes restées sur les champs de bataille et à les cacher pour le jour où on pourrait s’en servir. Jean-Yves bonnard nous donne l’exemple de 3 hommes de la région de Noyon, André Dumontois, communiste, Louis Brunet, sous-officier de réserve, Marcel Fournier, président des anciens combattant qui vont savoir travailler ensemble pour cette récupération d’armes. Dans cette année 1940 et le début 1941, il y a quelques sabotages de lignes téléphoniques et un ou deux attentats. Mais l’opération Barbarossa qui va lancer l’Allemagne dans la guerre à l’est, va du même coup marquer le renoncement des nazis à envahir l’Angleterre, lever les suspicions existant envers les communistes dont l’engagement dans la Résistance ne fera plus question. Mais renforcer aussi le courant collaborationniste…

Jean-Yves Bonnard va arrêter sur cette date, le 22 juin 1941 son récit ; car la seconde guerre mondiale va prendre à partir de cette date une orientation vraiment différente : une deuxième phase de la seconde guerre mondiale commence…

Après de chaleureux applaudissements qui sont nos grands remerciements pour cette conférence qui nous a fait comprendre ce début de la Seconde Guerre mondiale dans toute sa complexité, Jean-Yves Bonnard nous présente le site de l’association Résistance 60 où une énorme quantité de documents est disponible avec des témoignages, des analyses thématiques, des films,… L’association a mis en ligne et enrichit chaque jour le DVD qui a été à l’origine de sa création par Jean-Pierre Besse.

C’est un travail très important et très utile : le site reçoit de très nombreuses visites chaque jour et est très utilisé par les collégiens et les lycéens qui travaillent pour le concours national de la Résistance et de la Déportation.

Viennent ensuite de très nombreuses questions du public qui vont permettre de nouveaux développements :

  • sur la politique de reconstruction (envisagée dès 1940 ! Et définie en 1943, la reconstruction sera l’occasion d’une redéfinition des espaces urbains qui ne s’achèvera qu’à la fin des années 50) ;
  • la présence anglaise dans la partie de l’Oise où nous sommes et l’engagement des ces Anglais dans la Résistance en lien avec l’Angleterre.
  • pourquoi utiliser le terme « boche »?
  • le cas du Coudray-sur-Thelle qui abrita Goering, le chef de l’aviation allemande
  • l’exemple de Raymonde Carbon qui voyant les drapeaux allemands flotter sur les bâtiments publics dira à son mari « on ne peut pas laisser faire ça  » et situe à ce moment précis sa motivation à rentrer en Résistance ; ce qu’elle fera à partir de janvier 41. Jean-Yves Bonnard confirme que de très nombreux témoignages exprime ce même sentiment : la vue du drapeau nazi a été plus immédiatement insupportable que la présence des soldats eux-mêmes.
  • la violence des combats : en un mois, on compte plus de 90000 morts !

Et comme il faut bien s’arrêter ( il est 17h45), voici le moment d’acheter les livres que Jean-Yves Bonnard nous a apporté en soutien à sa conférence :

  • 14-18 dans l’Oise,
  • Rethondes, le jour où l’Histoire s’est arrêtée 11 novembre 1918 – 21 juin 1940
  • et bien sûr, 39-45 dans l’Oise.

Si vous souhaitez consulter ou acheter ces ouvrages de Jean-Yves Bonnard n’hésitez pas à nous contacter.

Samedi 22 mai : conférence au foyer culturel et ce mercredi 19 mai : des images de notre promenade en forêt

Ce samedi 22 mai, au foyer culturel à 15h30 avec distanciation de rigueur mais ENFIN ! En présentiel :

Pensez à vous inscrire en écrivant à : lamorlayealma@gmail.com

Aujourd’hui 19 mai à 14h nous étions 17 au rendez-vous de l’ALMA au carrefour de la Table.

17 bien optimistes car ignorant superbement le temps que nous connaissons depuis plusieurs jours (pluie, pluie et encore pluie ou grêle) et la météo (annonçant avec une précision diabolique orages et pluie).

Et 17 bien chanceux car… il n’a pas plu ! Ou presque pas ; à peine quelques gouttes, 5 ou 10 minutes… Avec de grands moments ensoleillés et la forêt si belle quand le printemps est bien installé, sous-bois vert tendre, tapis de jacinthes sauvages, muguet parfois… et les grandes perspectives des allées rectilignes tracées par Le Nôtre ou les cheminements plus intimes sur la Chaussée Brunehaut ou les routes rondes.

La nature était belle et douce et l’histoire que nous avons essayé de raconter au cours de ces 4 km de promenade nous a emmenés du XIIe au XXe siècle:

D’abord puisque c’est notre point de départ : la Table, Le Notre; Le Grand Condé : mais aussi le bombardement allié du 8 août 1944.

Puis la Croix de l’Assemblée premier rendez-vous des veneurs en forêt de Chantilly, qui sera délaissé au profit de la grandiose Table ; la Table étant a son tour délaissée pour un rendez-vous plus calme au carrefour des Bruyères. la Croix de l’Assemblée a disparu, on ne sait quand, mais a été réinstallée en 1992 par l’Association pour la sauvegarde des Poteaux des Trois Forêts.

Et l’histoire du Prieuré Saint-Nicolas d’Acy, dépendant de Cluny et plus directement de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs ; un prieuré attesté en 1106 mais créé 10 ans plus tôt ; riche des dons de ses grands protecteurs mais en butte aussi à leur éventuelle mauvaise foi ou à leur besoin d’expansion et de pouvoir. Les relations entre le prieuré et les seigneurs de Chantilly seront tumultueuses, des Bouteiller, Guy de la Tour puis Guillaume ; à Pierre III d’Orgemont ; puis Anne de Montmorency ; et aussi Louis Henri, 7ème prince de Condé, arrière petit-fils du Grand Condé qui tenta longtemps d’acheter cette enclave formée dans son beau domaine par le bois Luton (bois donné par Guy de la Tour …) ; la Restauration permettra à son fils de l’acquérir enfin !

Chaque différend amène un procès et une conciliation provisoire car suffisamment tortueuse pour créer de nouveaux malentendus ou servir de point d’appui à de nouvelles contestations.

Nous suivrons le long de la chaussée Brunehaut le bornage imposé en 1537 par Anne de Montmorency ; quelques années plus tard, en 1553, le conflit sera réouvert et aboutira à un nouveau bornage portant à 54 les bornes Montmorency/ Saint-Nicolas d’Acy sur cette petite partie de la forêt.

Anne de Montmorency, élevé avec François 1er, fera revenir le roi fait prisonnier à la bataille de Pavie et surtout saura régler le délicat problème du paiement de la rançon et du retour en France des deux enfants du roi, laissés en otage par François 1er contre sa propre libération. François 1er et après lui son fils Henri II sauront récompenser leur conseiller ; François 1er ne lésinera pas sur sa reconnaissance en le nommant Grand-Maître de France et gouverneur du Languedoc en 1526 ; plus tard, en 1551, Henri II le fera duc et pair de France ; en épousant Madeleine de Savoie en 1527, Anne avait largement renforcé sa puissance ; s’appuyant sur un formidable « réseau », il est devenu le conseiller incontournable qui contrôle tout. On lui doit, construit par Jean Bullant, le petit château et la terrasse à Chantilly et le château d’Ecouen. Il fera aussi rénover le château de laFère-en -Tardenois

La promenade se termine : quelques gâteaux (sous emballage individuels, bien loin des gâteaux maison une tradition de l’ALMA que nous espérons retrouver bientôt) partagés autour des voitures et c’est le retour ! Merci à tous pour ce plaisir partagé ; merci pour vos compléments d’information. Merci aux Cahiers de Chantilly et en particulier à François-Xavier Bridoux qui a donné pour le N°13 des Cahiers un article qui nous a donné l’idée de cette promenade. Nous avons beaucoup puisé dans son article et l’avons beaucoup sollicité. Nous avons aussi replongé avec plaisir dans l’ouvrage de Jacques Peloye Toponymie des Trois Forêts !

Les Cahiers comme l’ouvrage de Jacques Peloye sont disponibles auprès de l’ALMA. Parmi les Cahiers, le N°8 traite de la forêt de Chantilly et de Pontarmé à partir d’une étude de Gustave Macon, commentée par Gérard Mahieu (qui a reconstitué toutes les sources non citées par Gustave Macon) et complété par un index des noms cités réalisé par Philippe Lamps : il a fait l’objet d’une conférence organisée par l’ALMA avec Philipe Lamps et Christian Bouchet en 2016. Le N°12, propose un article de François-Xavier Bridoux sur les poteaux forestiers dans les Trois Forêts et le N°13, un article sur le bornage du bois Saint Nicolas d’Acy.

Le 25 avril, devant la mairie : compte-rendu et textes choisis

Le 25 avril, Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation, l’ALMA , avec l’ANACR-Oise et le Coin des poètes de Morlacca, a animé la cérémonie organisée par la municipalité devant la mairie. Nous avions choisi des textes écrits par des déportés pendant leur internement ou après leur retour, ou des personnes très proches : Louis Aragon parlant de Robert Desnos ou Danielle Casanova, Maïté Politzer, Hélène Solomon, Marie-Elisa Cohen et Charlotte Delbo ; Marguerite Duras attendant son mari ; une fille parlant de ses parents…

Nous avons tenté de reconstruire avec leurs mots le long calvaire de chaque déporté : celui d’avant l’arrestation, du départ, du voyage jusqu’au camp, de l’arrivée au camp, de l’appel, ce moment qui durait des heures plusieurs fois par jour, de la vie dans les camps, la faim, la soif, le désespoir, la vue du crématoire, de la Résistance dans les camps jusqu’au retour si difficile. Nous y avons ajouté des réflexions sur le fonctionnement des camps et des souvenirs…

Ces textes ont été lus par Hervé, Lucienne, Marianne, Monique, Pierre, Roberta et Valérie…

Nous avions imaginé de montrer sur une feuille de papier le nom du camp où avait été écrit le texte lu puis de déposer une rose blanche sur ce nom : Auschwitz, Auschwitz-Birkenau, Auschwitz-Monowitz, Boergermoor, Buchenwald, Dachau, Dora, Drancy, Gusen , Maidanek, Mauthausen, Ravensbrück, Theresienstadt, Struthof… Le vent qui soufflait fort ce dimanche en a disposé autrement.

Entre deux lectures de ces textes, Monsieur le Maire a lu la déclaration rédigée conjointement par la Fédération nationale des Déportés, internés, Résistants et patriotes (FNDIRP), par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et les Associations de mémoire des camps nazis et par l’Union nationale des Associations de Déportés Internés de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR). Chaque année ces associations rédigent le texte lu dans toutes les communes de France qui organisent cette commémoration ; pour le lire merci de cliquer ICI.

L’ALMA avait réalisé 4 panneaux qui sont accrochés place du calvaire : 2 panneaux « généralistes » consacrés, l’un à la création des camps, l’autre au vocabulaire des camps ; et 2 autres consacrés l’un, à un des aspects du camp de Buchenwald et au Chant des Marais, l’autre à un des aspects du camp de Ravensbrück et à Germaine Tillon :

C’est la première fois à Lamorlaye que cette journée est célébrée de cette façon et l’ALMA est très heureuse d’y avoir participé.

Le 25 avril nous avons d’abord écouté Nuit et Brouillard par Jean Ferrat :

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers / Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés / Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants / Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent LIRE LA SUITE

Nous avons commencé avec Robert Desnos (1900 – 1945) parce qu’il est devenu le symbole de Royallieu, près de chez nous : poète (il fut aussi rédacteur publicitaire), antifasciste, de juillet 1942 à son arrestation, le 22 février 1944, il fait partie du réseau de résistance AGIR. D’abord emprisonné à Fresnes, il est envoyé dans le camp de Royallieu, à Compiègne, le 20 mars 1044 ; le 27 avril 1944, il fait partie du « convoi des tatoués », 1700 hommes  déportés à Auschwitz ; le 2 mai 1944, il est à Buchenwald ; le 14 mai 1944 à Flossenbürg, le 2 ou 3 juin 1944 à Flöha et fin avril 1945 à au camp de Theresienstadt.

Le 3 mai 1945, les SS prennent la fuite ; le 8 mai, l’Armée rouge et les partisans tchèques pénètrent dans le camp. Un étudiant tchèque reconnait Desnos qui est très malade et lui répond « Oui, oui, Robert Desnos, le poète, c’est moi. » ; il meurt le 8 juin 1945, à cinq heures du matin.

Au fronton du Mémorial de l’internement et de la Déportation de Royallieu on peut lire

C’est un extrait d’un poème de Robert Desnos écrit pendant son internement à Royallieu : Sol de Compiègne. Lucienne, Marianne et Pierre en ont lu un extrait : « ... Silex, silex et craie / Et craie et silex / Et craie…« 

Un habitant de Lamorlaye, Robert CHOPIN, né en 1919, habitait en 1936 chez ses parents, route Nationale. Réfractaire au STO, il se cachait à Lamorlaye et a été dénoncé ; arrêté le 13 octobre 1943, il est interné à Royallieu et déporté à Buchenwald par le convoi du 14 décembre 1943 : il meurt à Ellrich en Allemagne le 5 mars 1945. Son nom est inscrit sur le Mur des Noms du mémorial de l’internement et de la déportation de Royallieu et sur notre monument aux morts.

Robert Desnos a été très proche des surréalistes avant d’être exclu par eux… Aragon a célébré sa mémoire dans un poème, écrit en septembre 1945 et publié en 1960, La complainte de Robert le Diable dont Lucienne a lu les deux dernières strophes : « Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne …« 
Pour lire les poèmes de Robert Desnos , merci de cliquer ICI

Nous avons écouté le Chant des Marais par l’ensemble vocal François, le voici dans une autre version : « Leny Escudéro Chante la Liberté »

Le Chant des Marais, hymne européen de la déportation, est une œuvre collective créée en juillet-août 1933 dans le camp de concentration nazi de Boergermoor. Il y fut chanté quelques jours plus tard devant près de 1000 détenus, qui en reprirent aussitôt le refrain. Avant même le déclenchement de la guerre, il était connu, parfois sous des variantes, en Europe entière, chanté dans les prisons et camps d’internement de France créés par le régime de Pétain. Il illustre à jamais les premières ténèbres concentrationnaires, la souffrance des « bagnards des marais », leur refus de l’avilissement. Il délivre un message, une exhortation. Chant de détresse et pourtant de résistance, de dignité et d’espérance, le Chant des Marais est né de la boue dans laquelle la barbarie nazie voulait anéantir des hommes. « Oh! Terre de détresse / Où nous devons sans cesse / Piocher… » LIRE LA SUITE

Avant la déportation : Max Jacob (1876 – 1944), poète, romancier et peintre, arrêté parce que juif il meurt à Drancy  5 jours avant son envoi vers Auschwitz. Hervé à lu  AMOUR DU PROCHAIN, poème écrit à Drancy : « Qui a vu le crapaud traverser la rue ?… » LIRE LA SUITE

Le départ : Charlotte Delbo (1913-1985), Résistante et non-juive, fait partie avec Marie-Claude Vaillant-Couturier des rescapées d’un des trois seuls convois de résistants, otage set droits communs dirigés sur Auschwitz. Marianne a lu un extrait de Auschwitz et après : « Mais il est une gare où ceux-là qui arrivent sont justement ceux-là qui partent… » LIRE LA SUITE

Le voyage jusqu’au camp : Jorge Semprún (1923 – 2011), écrivain et homme politique espagnol, réfugié en France à la fin de la guerre d’Espagne, rejoint la Résistance d’abord dans les FTP-MOI ( qui regroupait les Résistants immigrés et souvent réfugiés) puis dans le réseau Jean-Marie Action ; arrêté en septembre 1943, il est déporté à Buchenwald où il organise des activités culturelles pour les Espagnols. Il participera au soulèvement des déportés peu avant l’arrivée de l’armée américaine. Lucienne a lu un extrait du livre Le Grand Voyage, publié en 1963 : « …Ça fait quatre jours et trois nuits que nous sommes imbriqués l’un dans l’autre, son coude dans mes côtes, mon coude dans son estomac… » LIRE LA SUITE

Le voyage jusqu’au camp : François Wetterwald (1911-1993), chirurgien et aussi écrivain et poète, responsable du réseau de Résistance Turma-Vengeance, arrêté le 15 janvier 1944, interné à Royallieu le 17 mars, déporté à Mauthausen le 6 avril 1944.

L’arrivée au camp : François Wetterwald : « Enfin tondus, lavés, dépouillés, nous voici couverts d’une chemise et d’un caleçon à rayures, chaussés de socques en bois. Alors, voilà, c’est fini ; comprends, mais comprends donc que tu n’es plus rien ; pas même un esclave, sans recours devant aucun code ; te voici livré aux lois des besoins élémentaires et il ne te reste plus, comme richesses, que tes richesses intérieures.« 

L’arrivée au camp : Elie Wiesel (1928 – 2016), né en Roumanie, il est déporté en mars 1944 à Auschwitz puis envoyé à Buchenwald. Devenu écrivain et professeur aux USA il a fondé le mémorial américain de l’holocauste. Hervé et Pierre ont lu un passage de La nuit publié en 1958 : on y apprend qu’il faut savoir cacher son âge véritable pour échapper à la sélection.

L’arrivée au camp : Simone Veil-Jacob (1927 – 2017), magistrate et femme politique. Elle est arrêtée avec sa famille à Nice en mars 1944 comme juive, internée à Drancy avec sa mère et sa sœur, déportée avec elles à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944. Dans L’Aube à Birkenau – récit recueilli par David Teboul (2019), elle rapporte la même chose qu’Elie Wiesel ; extrait lu par Lucienne : « Quelqu’un m’a demandé mon âge. J’ai reçu ce conseil : « dites que vous avez dix-huit ans ! »J’ai obéi. Plus tard , j’ai compris » 

Valérie lit un autre passage : « Au petit jour, enfermées dans le hangar, nous avons été réveillées par des femmes vêtues de robes rayées. « Donnez-nous vos bijoux, votre argent, nous disaient-elles, de toute façon on vous le prendra ! » Elles ont essayé de nous soutirer quelques objets précieux ou simplement utiles. Voyant cela une camarade que j’avais connue à Nice et qui portait sur elle un flacon de parfum Lanvin – je me le rappellerai toujours-, plutôt que d’accepter de le donner, a vidé ce flacon sur nous et sur elle. J’ai le même parfum aujourd’hui dans ma salle de bains. Il me fait penser à elle. »

L’arrivée au camp : Primo Levi (1919 – 1987), écrivain et docteur en chimie italien, participe à la Résistance italienne dans le mouvement partisan Giustizia e Libertà, d’orientation libérale. Il est arrêté et déporté en février 1944 à Auschwitz-Monowitz. Il s’est suicidé. Son livre le plus connu Si c’est un homme est publié en 1958.  Pierre en a lu un extrait  : « …En moins de dix minutes, je me trouvais faire partie du groupe des hommes valides. Ce qu’il advint des autres, femmes, enfants, vieillards, il nous fut impossible de le savoir… »

L’arrivée au camp : Germaine Tillon (1907 – 2008), travaille comme ethnologue dans le Sud algérien entre 1934 et 1940, s’engage dans la Résistance dans le réseau du musée de l’Homme. Arrêtée le 13 août 1942, déportée à Ravensbrück le 21 octobre 1943. Roberta lit ce passage : « Nous arrivâmes à Ravensbrück un dimanche soir de la fin octobre 1943. En quelques heures, nous eûmes la révélation brutale du camp,… »

Pour l’arrivée au camp, merci de cliquer ICI

L’appel : André Marie (1897 – 1974), avocat, député, homme d’état, Résistant dans les réseaux Georges-France et FER, il est arrêté en novembre 1943 et déporté à Buchenwald. Monique lit le poème L’appel, écrit le 22 février 1945 : « Qu’il vente ou fasse beau, qu’il tempête ou qu’il neige, / Chaque soir, les captifs, de fatigue accablés, / ... »

L’appel : Paul Kern (190 – ?), a permis le passage en zone libre de nombreuses personnes, déporté à Neuengamme ; il a écrit Des rives de la Loue à Neuengamme, dont ce passage est sans doute extrait : « Les appels du soir étaient terriblement pénibles. Après douze heures de travail et avec la faim et le froid, il nous fallait demeurer souvent deux heures, parfois trois, debout, sans faire un mouvement…« 

L’appel : Grigori Timofeevy, déporté à Maidanek et Gusen ; Marianne lit L’appel à Maidanek : « Son strident de cloche / La baraque craque comme un vieux tronc / …« 

Pour l’appel, merci de cliquer ICI

La vie dans les camps – LA FAIM : Robert Antelme (1917 – 1990), poète, écrivain et Résistant, a été déporté à Buchenwald puis Dachau. Il a publié en 1947 L’espèce Humaine dont voici deux passages lus par Marianne

  • Premier extrait : « Comment manger ? Quand il n’y a rien, il n’y a donc vraiment rien ? Il est possible qu’il n’y ait vraiment rien. Oui, c’est cela que ça veut dire : il n’y a rien. Il ne faut pas divaguer. Du calme »
  • Second extrait : « Le corps est vide. Il n’y a pas de solution. Il ne souffre pas. Aucune douleur. Mais le vide dans la poitrine, dans la bouche, dans les yeux, ... »

La vie dans les camps – LA SOIF : Violette Maurice (1919 – 2008), fondatrice du premier mouvement de Résistance (Mouvement 93) créé à Saint-Etienne dès 1940. Elle est arrêtée avec son père le 9 octobre 1943 puis internée à la prison Montluc et déportée à Ravensbrück puis le 3 mars 1945 à Mauthausen. Elle a écrit de nombreux livres. Hervé lit Soif : « Lorsque nous quitterons ce dantesque décor, / Lorsque les horizons seront devenus bleus, / ... »

La vie dans les camps – LE DÉSESPOIR : Stanislas Radineski, déporté à  Dora. Marianne a lu un extrait du poème Dora : « Tel du bétail, / Nous dormons dans des trous. / Pour nous, le soleil ne brille pas. / …« 

La vie dans les camps – L’AMITIÉ : Serge Smulevic (1921 – 2010), Résistant dans les FTP à Grenoble en 1942, il est arrêté à Nice le 24 août 1942 et déporté à Auschwitz-Monowitz. A son retour, il travaille à Bruxelle et il peint et écrit des poèmes. Le poème Trois amis a été choisi par Hervé et lu par Monique : « Un Français teint très blanc / Un Russe aux belles dents / Un Polonais râlant / Sur quatre-vingts centimètres : De paillasse et de sang : Du sang bien rouge s’écoulant / …« 

La vie dans les camps – LE CRÉMATOIRE : André Marie (1897 – 1974). Lucienne lit Le Crématoire, poème écrit le 5 février 1945, avec en sous-titre : « (« Pulvis es ») », tu es poussière : « Quiconque de ce camp, voudra faire l’histoire, / D’un récit véridique, et non superficiel, / Devra bien réserver, lugubre Crématoire, / Le cœur de son ouvrage à ton rôle essentiel ! …« 

Pour La vie dans les camps, merci de cliquer ICI

Résister : Grzegorz Timofiejew (1908 – 1962), poète polonais membre de la Résistance ; en 1942, il est arrêté et déporté à Auschwitz puis à Gusen I; le poème L’évasion, lu par Pierre, a été écrit en 1943 à Gusen : « Pierres et toujours pierres / Le camp entier est pétrifié / …« 

Résister : Jean Puissant (1908-1999) est un instituteur et résistant de l’Yonne (mouvement Libération-Nord), déporté à Buchenwald à la suite de son arrestation en octobre 1943. Lucienne lit un extrait de Résistance : « Au courant des chemins et des airs sacrilèges, / Nous marcherons des nuits sans feindre le repos / Par des plaines de gel, des collines de neige / ... »

Pour Résister, merci de cliquer ICI

Le retour : Charlotte Delbo (1913-1985), Résistante et non-juive, elle fait partie avec Marie-Claude Vaillant-Couturier des rescapées d’un des trois seuls convois de résistants, otages et droits communs dirigés sur Auschwitz. Extrait cité dans Paroles de l’ombre – Lettres et carnets des Français sous l’Occupation (1939-1945). Dans l’avion qui la ramène en France, elle ne sait plus si elle est morte ou vivante et ses camarades de retour se confondent avec toutes celles disparues dans le camp. Extrait lu par Lucienne : « Et soudain, je me suis sentie seule, seule au creux d’un vide où l’oxygène manquait, où je cherchais ma respiration, où je suffoquais. Où étaient-elles ? … »

Le retour : Marguerite Duras. Dans Paris libéré, les familles attendent le retour des déportés. Marguerite Duras, attend son mari Robert Antelme et tient son journal. Extrait lu par Marianne : « 20 avril 1945 : C’est aujourd’hui qu’arrive le premier convoi de déportés de Weimar…« 

Pour Le retour, merci de cliquer ICI

Réflexions – AU SEIN MÊME DE L’ORDRE,L’ABSURDITÉ RÉGNAIT : Simone Veil-Jacob (1927 – 2017), Extrait de L’aube à Birkanau lu par Valérie : « Peu avant la libération des camps, cette incohérence a atteint des sommets… »

Réflexions – APRÈS-GUERRE, DIFFICILE DE TÉMOIGNER : Elie Buzin, né à Lodz en Pologne en 1929 ; a vécu dans le ghetto de mars 1940 à août 1944 où il est déporté à Auschwitz : il a 15 ans. Extrait de Entretiens avec Elie Buzin, Ce que je voulais transmettre, lettre aux jeunes générations.

Réflexions – LE CHÊNE DE GOETHE. Buchenwald, « Bois de hêtres » en allemand, est construit sur la colline de Etterzberg où Goethe aimait se promener ; un chêne dit chêne de Goethe était protégé comme monument naturel et objet d’un véritable culte à Weimar. Les nazis le préservèrent quand ils construisirent le camp et une légende courait parmi les détenus : quand le chêne serait abattu, le camps serait libéré. En août 1944 un bombardement allié sur une usine voisine incendiait le chêne qui fut abattu. Le camp ne sera libéré que le 11 avril 1945 par les troupes américaines. Dans Le chêne de Goethe ou la protection des monuments naturels dans le IIIe Reich, thèse de Magdalena Izabella Sacha, elle cite un roman de Jorge Semprun ; ici le héros, doit expliquer au le chef du département des Arbeitskommandos, Albert Schwartz, pourquoi il s’est approché du fameux chêne. Le SS lui explique : « …Oui, dit Swartz, Nous l’avons épargné [le chêne] quand la colline a été déboisée, en souvenir de Goethe !…« 

Pour Réflexions, merci de cliquer ICI

Se souvenir : Liliane Lelaidier-Marton, enfant juive cachée, administrative de l’Association des amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ; elle écrit Contre-témoignage au cours d’un voyage, entre la visite du Struthof et celle d’Auschwitz. Lu par Pierre : « Je ne peux rien dire de la Déportation sinon… / que maman s’appelait Valérie / et mon père Salomon / et que nous vivions heureux !... »

Se souvenir : Micheline Maurel (1916 – 1009), résistante, déportée à Ravensbrück elle a écrit dans les camps et ensuite. Voici Il faudra que je me souvienne écrit en décembre 1944 : « Il faudra que je me souvienne / Plus tard, de ces horribles temps, / …« 

Se souvenir : Charlotte Delbo (1913-1985) : Extrait 1 : « Yvonne Picard est morte / qui avait de si jolis seins. / … » et Extrait 2 : « (…) toutes les paroles sont depuis longtemps flétries / Tous les mots sont depuis longtemps décolorés / … »

Se souvenir : Moshe Schulstein (1911 – 1981), poète yiddish, a été déporté à Auschwitz. Voici un de ses poèmes Une poupée à Auschwitz : « Sur un tas de cendre humaine une poupée est assise / C’est l’unique reliquat, l’unique trace de vie / ... »

Se souvenir : Louis Aragon apprenant en 1943 le destin des femmes du convoi parti de Romainville, emportant Danielle Casanova, Maïté Politzer, Hélène Solomon, Marie-Elisa Cohen et Charlotte Delbo, vers Auschwitz, écrit sous son pseudonyme François la Colère : « Moi, si je veux parler, c’est afin que la haine / Ait le tambour des sons pour scander ces leçons / Aus confins de Pologne, existe une géhennes . dont le nom siffle et souffle une affreuse chanson. / … »

Pour Se souvenir, merci de cliquer ICI

Nous n’avons pas eu le temps de lire tout ce que nous avions prévu… Une vingtaine de personnes étaient présentes et sont restées pendant toutes les lectures. Nous les en remercions et nous espérons reprendre cette expérience très émouvante l’an prochain.

Voir sur le blog du Coin des poètes de Morlacca, la mise en ligne d’autres poèmes.

Compte-rendu tardif de la 3ème visioconférence de Nicolas Bilot : c’était le 21 avril…

En principe à partir du 19 mai, nous retrouverons, masque et gel en prime, la vie « en présentiel ». Un mot qui a envahi notre quotidien alors même que nous perdions en présence et en proximité ! Mais un mot très ancien puisque attesté, parait-il, au XVIème siècle…

L’ALMA vous propose pour reprendre pied dans cette vie sociale, culturelle, conviviale qui revient enfin, une promenade le 19 mai et une conférence au Foyer culturel le 22 mai.

Nous y reviendrons.

Voici d’abord, et avec bien du retard, une tentative de compte-rendu de la dernière visioconférence de Nicolas Bilot : c’était le 21 avril… Un peu loin déjà mais certainement encore dans la mémoire des participants !

Notre excuse, s’il en faut une : la préparation avec d’autre associations de la cérémonie organisée par la mairie pour la Journée nationale du souvenir aux victimes et héros de la Déportation ; c’était le 25 avril, d’où un enchaînement assez rapide après la visioconférence du 21 ! Plus, juste après, la préparation des activités du mois de mai…

Le cycle de visioconférences « Regards Croisés sur le Moyen Âge » par Nicolas Bilot s’est achevé le 21 avril avec « Une époque de transition, la guerre de Cent Ans ». Ces visioconférences ont trouvé un public très nombreux (pour cette trilogie,  80, 93 puis 111 inscrits et bien plus en nombre de participants car nous n’avons compté qu’une inscription par connexion) et un public fidèle ! Nous sommes heureux évidemment de retrouver bientôt une vie avec de vraie conférences, des mains qu’on serre et des amis qu’on embrasse … Mais nous avons aussi, collectivement découvert, avec les visioconférences, un nouvel outil de communication qui conservera certainement une place dans nos activités à tous !

Nicolas Bilot nous a dit en commençant que le sujet était si riche qu’il aurait pu nourrir bien plus d’une conférence. Mais il a tenu le pari !

Il a su nous faire comprendre les liens entre :

  • les problèmes de succession et au-delà les conflits de pouvoir,
  • la situation démographique et ses conséquences économiques parmi lesquelles l’apparition d’une bourgeoisie de plus en plus forte et prospère sur laquelle le roi pourra s’appuyer contre ses vassaux,
  • l’installation d’un pouvoir royal fort qui tend à distinguer la personne du Roi de sa fonction,
  • mais aussi la Jacquerie, née à Saint-Leu d’Esserent et  très violente envers la noblesse dans toute la région et la révolte menée par Etienne Marcel prévôt des marchands de Paris,
  • les erreurs stratégiques dans la conduite des batailles et la guerre d’Ecosse,…
  • Sans oublier : la grande peste,
    • l’importance hier comme aujourd’hui du caractère du roi (voire de sa santé mentale) et celle de ses grands serviteurs ou de ses grands et susceptibles vassaux,
  • les mercenaires se transformant entre deux batailles en brigands de grand chemin (les Grandes Compagnies ou Routiers) et donc l’évolution vers une armée de métier,
  • un changement dans la conception de l’impôt, la naissance du sentiment national,  la création des Etats  Généraux , des Parlements, du Franc, …

Après une période capétienne brillante, cent ans de batailles, razzias, épidémies, grands froids, mais aussi réformes des institutions et de la conception du pouvoir royal, évolution aussi dans l’église (c’est l’époque des papes en Avignon)  et dans les imaginaires religieux (la mort va y tenir une grande place) la France va retrouver la paix mais elle aura perdu pour longtemps le contrôle des mers et va rester en dehors des grandes découvertes qui marqueront le 16ème siècle.

Mais on ne peut pas évoquer la guerre de Cent Ans sans parler de ses grandes batailles :

  • de la bataille de L’Ecluse (24 juin 1340) où la France perd sa flotte ,
  • celle de Crécy (26 août 1346), l
  • es Chevauchées anglaises et le siège de Calais (1435) , l
  • a bataille de Poitiers (19 septembre 1356) et le traité de Brétigny qui en suivit, très favorable aux Anglais,
  • la bataille d’Azincourt (25 octobre 1415),
  • le siège d’Orléans (1429), première action et première victoire de Jeanne d’Arc qui réussira ensuite à faire sacrer Charles VII roi à Reims mais sera ensuite faite prisonnière des Anglais à Compiègne (23 mai 1430) et brûlée à Rouen (30 mai 1431)
  • et la bataille de Castillon (17 juillet 1453) qui marque la fin de la guerre confirmée 22 ans plus tard par le traité de Picquigny signé par Louis XI et Edouard IV…

Et de ses grandes figures ;

  • Edouard III puis IV pour l’Angleterre,
  • Philippe VI, Jean II le Bon, Charles V le Sage (le roi avocat), Charles VI le Bien-Aimé mais aussi le Fol, Charles VII le Victorieux, Louis XI pour la France ;
  • avec Robert d’Artois, Charles II le mauvais, roi de Navarre, Jean 1er duc de Bourgogne, dit Jean sans Peur, Du Guesclin, Guillaume Carl et le Grand Ferré, Robert de Lorris, Etienne Marcel, Jeanne d’Arc, côté français
  • et le Prince Noir, fils du roi Edouard III, le duc de Lancaster, côté anglais…

La magie de la conférence de Nicolas Bilot à laquelle cette tentative de compte-rendu ne rend pas justice,  c’est de faire apparaître les causes profondes de ces évènements, l’enchaînement des causes et de leurs effets en profondeur dans la structure du régime et dans la société.

Ces trois conférences seront bientôt mises en ligne par Aquilon : sur Youtube il y a déjà uen chaîne « Aquilon » avec 6 conférences à découvrir ou à réécouter

L’ALMA, envisage un nouveau cycle de visioconférences avec Nicolas Bilot ; le Moyen Âge se révélant une période passionnante, nous espérons vous proposer une suite à la rentrée !

Nous reviendrons sur la journée du 25 avril et sur nos projets pour le mois de mai :

N’hésitez pas à vous inscrire car si la salle de spectacle du Foyer culturel est grande, les conditions sanitaires nous obligent à espacer sérieusement les spectateurs ce qui limite bien sûr les places disponibles.

expositions ALMA en cours et retour sur le 25 avril, Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation

L’ALMA présente en ce moment deux expositions :

« La famille Vigier, du Cantal à Lamorlaye » accrochée aux grilles du château depuis le 9 avril et qui devait se terminer le 2 mai est prolongée !

Une ébauche d’exposition sur les camps nazis, préparée pour la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation (c’était ce dimanche 25 avril) est installée depuis le 27 avril autour des tilleuls de la place du calvaire. Il n’y a que quatre panneaux et il en faudrait tant !

Les deux premiers avec la carte des camps , la chronologie de leurs ouvertures et quelques définitions en forme de glossaire bien incomplet…

Les deux autres se sont attachés, sur des exemples, à montrer ce que fut la vie et la résistance dans ces camps.

A Buchenwald un déporté, Pierre Provost, artiste graveur et Résistant, a gravé pendant son internement des médailles rendant hommage aux déportés et montrant aussi la réalité de la vie dans le camp. Avec souvent, au centre des médailles, un arbre, « le chêne de Goethe » ; arbre mythique qui en dit long sur ce qu’était la culture allemande avant le nazisme, la récupération que les nazis ont tenté d’en faire, la connaissance de cette culture parmi de nombreux déportés et comment ils en ont tiré la force pour survivre en restant des hommes dans un système qui voulait anéantir toute humanité en eux.

Sur le même panneau vous retrouverez les paroles du Chant des Marais ; chant créé dans le premier camp allemand ouvert dès 1933 et repris dans tous les camps.

Le dernier panneau nous parle de Ravensbrück et d’une grande Résistante Germaine Tillon qui, déportée à Ravensbrück, un camp de femmes réservé aux « politiques » a écrit une opérette ; oui ! une Opérette à Ravensbrück, Le Verfügbar aux Enfers qui mêle témoignages sur la vie dans le camp et rêves qui aidaient les déportées à résister un jour après l’autre. Oser la dérision au sein de l’enfer et en faire une arme ; c’est une des leçons du Verfügbar aux Enfers.

Dimanche 25 avril, ces panneaux ont lutté contre le vent ! Et Le Coin des poètes de Morlacca, l’ANACR-Oise et l’ALMA ont lu devant un peu plus de 20 personnes des textes que nous allons bientôt mettre en ligne ces témoignages et poèmes de déportés. Monsieur le Maire a lu le message des associations de déportés (FNDIRP, FMD et UNADIF-FNDIR, message qui a été lu dans toutes les communes de France. Une cérémonie qui est une première à Lamorlaye et qui s’est faite dans les conditions sanitaires actuelles.

Nous ne l’avons pas oubliée : Comment le pourrait-on ! Nous reviendrons bientôt sur la dernière visioconférence de Nicolas Bilot !

Dimanche à 11h devant la mairie : souvenons-nous des victimes et héros de la déportation.

Nous reviendrons un peu plus tard sur la visioconférence donnée par Nicolas Bilot Une période de transition, la guerre de Cent Ans » : un moment passionnat et chalereux ; il y avait 101 ordinateurs connectés !

Nous y reviendrons plus tard car l’actualité nous bouscule et nous participons ce dimanche à une lecture devant la mairie de Lamorlaye dans le cadre de La Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation.

Voici une présentation de cette manifestation qui n’en est pas vraiment une (contraintes sanitaires de rigueur) mais qui nous semble une belle initiative :

La Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation a été instituée par une loi le 14 avril 1954 à l’initiative du sénateur Edmond Michelet (il a lancé un premier appel à résister le 17 juin 1940, avait été membre du réseau de résistance Combat et avait été déporté à Dachau en septembre 1943). Cette journée du souvenir est fixée au dernier dimanche d’avril, date proche de l’anniversaire de la libération de la plupart des camps.

Cette année, la mairie de Lamorlaye a voulu que cet hommage soit rendu accessible aux passants : avec l’aide de la bibliothèque et avec la participation des associations ALMA (Association Lamorlaye Mémoire & Accueil), ANACR-Oise (Association nationale des Ancien combattants et ami-e-s de la Résistance de l’Oise), le groupe « Coin des poètes de Morlacca », vous pourrez écouter, devant la mairie, à partir de 11h des témoignages, des lettres, des poèmes qui témoigneront des souffrances endurées et du courage de toutes les victimes de la déportation de masse organisée par les nazis.

Nous vous attendons donc ce dimanche devant la mairie ; ceux qui le voudrons pourrons déposer une rose blanche…

3ème visioconférence le 21 avril ; exposition sur les grilles du château dès le 9 avril ; retour sur les Bouteiller de Senlis !

Avant de tenter un rapide compte-rendu de la deuxième visioconférence faite par Nicolas Bilot le 24 mars voici la suite du programme proposé par l’ALMA !

La troisième visioconférence, le mercredi 21 avril à 18h, qui terminera (provisoirement) le cycle « Regards croisés sur le Moyen Âge » sera totalement inédite et nous fera certainement comprendre ce qui s’est joué pendant la Guerre de Cent Ans dans la société et dans les structures du pouvoir. Nous pouvons compter sur Nicolas Bilot pour nous faire pénétrer les ressorts et conséquences d’une guerre très longue, même si les périodes de batailles ont alterné avec de longues trêves, conjuguée à une guerre civile, des problèmes de succession et une mini-glaciation… Rendez-vous donc pour « Une époque de transition, la Guerre de Cent Ans » !

A partir du 9 avril et jusqu’au 2 mai, vous pourrez découvrir sur les grilles du château de Lamorlaye une exposition de l’ALMA sur l’histoire de nos derniers châtelains, la famille Vigier : histoire d’une ascension sociale fulgurante qui porte un fils de « grand bouvier » du Cantal au Parlement de Paris, puis sous la Révolution à une sorte de commerce de luxe, les Bains chauds sur la Seine : il côtoie ainsi les grands de ce monde et devient riche, très riche ! Son fils se frottera à la politique ; son petit-fils, grand photographe et ami du duc d’Aumale, décidera de s’installer à Lamorlaye. Et son arrière-petit fils, fidèle à Lamorlaye, écrira sur son grand-père le Maréchal Davout et élèvera des chevaux qui furent parfois assez bons…

Retour sur la visioconférence de mars : à partir d’une famille, les Bouteiller de Senlis, nous comprenons mieux la situation politique et les luttes de pouvoir aux XIVe et XVe siècles : face à des nobles turbulents et parfois plus riches que leur suzerain, le roi va s’appuyer sur de grands serviteurs qui lui sont fidèles parce qu’ils lui doivent leur richesse et leur position. Pour cela il crée des charges qui parfois, c’est le cas des Bouteiller de Senlis, deviennent, de fait, héréditaires et même effacent le nom de ceux qui les assument : ainsi des Bouteiller de Senlis qui vont oublier leur nom de famille d’origine !

Ces charges sont au nombre de cinq et concernent de près la vie du roi : le bouteiller est chargé de la boisson et au début de goûter le vin avant le roi ; il s’occupera bien vite de l’approvisionnement, des taxes et de la production du vin ; le chambrier est responsable du trésor royal ; le sénéchal des armées, et plus particulièrement de l’infanterie ; le connétable, de la cavalerie ; le chambellan traite des lois… Peu à peu, ces fidèles gagnent en puissance ; ce fut le cas des Bouteiller de Senlis mais même puissant resteront très fidèles au roi et à l’église. Le roi, lui aussi plus assuré de son pouvoir, va remplacer progressivement ses serviteurs (qui sert le roi sert aussi le royaume) par une véritable administration dont les membres sont recrutés plus sur leur compétence que sur leur supposée fidélité.

Nous apprenons au passage : que Hugues Capet, qui fut élu roi à Senlis, et ses successeurs n’ont jamais mis en avant leur titre de comte de Senlis mais se sont gardés de l’accorder aux Bouteiller ; que si un Bouteiller fut le premier seigneur de Chantilly, Robert de Lorris, seigneur de Montépilloy était bien plus puissant ; qu’un chapiteau montrant des hommes en haut d’une tour pourrait bien évoquer Guy de la Tour, premier Bouteiller de Senlis ; que le prieuré de Bray a été voulu par Guy VII (autre Bouteiller) et qu’après sa mort (il meurt en croisade avec Saint Louis) sa veuve soutenue par le roi et le pape va réaliser ce vœu et mettre le prieuré sous l’obédience de l’ordre de Saint Victor, nouvel ordre fondé à Paris…

Et d’autres choses encore dont le souvenir n’est pas assez précis pour être noté ici : mais vous pouvez compléter (par commentaire ou courriel) : nous retranscrirons avec plaisir vos informations en attendant la mise en ligne de cette conférence et des deux autres !

Nous étions près d’une centaine inscrits le 24 mars et les retours ont été très éloquents : les participants ont pris beaucoup de plaisir à écouter Nicolas Bilot ! Ils ont aussi beaucoup appris et/ou beaucoup compris sur le fonctionnement de la société et du pouvoir au Moyen Âge.

Pensez à vous inscrire pour le 21 avril ! Beaucoup des participants de mars l’ont déjà fait et nous leur en disons merci !

Choses vues au cours de notre promenade à Boran : de superbes photos…