Familles Brassier, Faucon et Patat

Dans le cimetière de Lamorlaye se trouvent trois chapelles ; celle de la famille Pratt, celle de la famille Vigier et celle de la famille Brassier.

Pratt, célèbre jockey et entraîneur, arrivé en France en 1852, et installé à Lamorlaye depuis 1856 date de son mariage avec Louise Tardif comme la famille Vigier, propriétaire du château depuis 1870 font partie de l’histoire de Lamorlaye.

Mais la famille Brassier ?

Dans la chapelle, il y a deux plaques ; celle de gauche ne porte aucune inscription. Sur celle de droite  on peut lire : « A la mémoire de Pierre BRASSIER décédé le 20 août 1873 à l’âge de 47 ans » et « Mme Vve BRASSIER née Pauline FAUCON décédée le 5 octobre 1913 dans sa 77ème année » ; puis « Requiescat in pace ».

L’enquête peut commencer par la femme car la famille Faucon est une vieille famille de Lamorlaye ; il y a eu un Faucon grainetier rue de l’église et un Faucon maire de Lamorlaye…

Dans le recensement de 1876, après le décès de Pierre Brassier, on trouve rue de la Tuilerie (actuelle rue du général Leclerc) :  Faucon Pauline, propriétaire, chef de ménage, veuve, 40 ans née à Lamorlaye et Brassier Genevra, sa fille, 18 ans, née à Paris. Juste à côté habite Faucon Louise, propriétaire, chef de famille, veuve, 52 ans, née à Lamorlaye. Le recensement de 1872 nous apprend que Louise Faucon, déjà veuve, habite avec son grand-père Jean Baptiste Denis Patat. A vrai dire le prénom est illisible mais la suite de l’enquête nous permet de le deviner à posteriori.

Et nous avons maintenant les noms de deux des maires de Lamorlaye ; reste à vérifier le lien entre Louise et Pauline…

L’état-civil et les recensements vont nous aider :

Etat-Civil de Lamorlaye 1836 : L’an 1836, le 24 décembre, Louis Faucon cultivateur, 36 ans, demeurant rue de la Tuilerie et Geneviève Opportune née Patat, 32 ans déclarent la naissance de Geneviève Pauline.

Etat-Civil de Lamorlaye 1804 : Le 11 Nivôse de l’an XII naissance de Geneviève Opportune de Jean-Baptiste Denis Patat, journalier , aux armées, et d’Adèle Opportune Fouques.

Recensement de Lamorlaye 1836 : Faucon Louis a 36 ans ; il est marchand de vin ; sa femme Geneviève Opportune née Patat, a 32 ans ; elle est dentelière et ils ont 2 enfants.

Recensement de Lamorlaye 1846 : Louis Faucon est veuf et il a 3 enfants : Louise Catherine Alexandrine née en 1824 ; Joseph né en 1825 ; Geneviève Pauline née en 1836.

Nous avons donc une Pauline Faucon, petite fille d’un maire et sœur d’un autre.

Et Pierre Brassier ?

Leur fille est née à Paris. Ce monsieur était-il parisien ? Un petit tour dans l’état-civil de Paris nous permet de retrouver la trace de la naissance de leur fille Genevra ou Geneviève : Geneviève Marie Pauline est née le 1er novembre 1858 à Paris 5ème arrondissement. 

Une fille en 1858 ; donc un mariage un peu avant… Dans l’état-civil de Lamorlaye nous allons trouver l’acte de mariage de Pierre et Pauline et le lieu de naissance de Pierre : Les bans ont été publiés dans le 5ème arrondissement de Paris et à Lamorlaye ; Pierre Brassier né le 2 septembre 1826 à Auzalle annexe de St Alyre-ez-Montagnes dans le Puy de Dôme, demeurant à Paris, rue Corbeau N°36 (on trouve une rue Corbeau dans le 12ème arrondissement mais pas dans le 5ème), fils de Jean Brassier, cultivateur décédé à Auzalle le 24 avril 1846 et de Jeanne Vaugrand, décédée même lieu, le 27 octobre 1834, veuf de Marguerite Chalsut, décédée à Paris le 16 novembre 1854 ; et demoiselle Faucon Geneviève Pauline, sans profession, née à Lamorlaye le 24 décembre 1836, y demeurant avec son aïeul maternel,  le sieur Patat Jean Baptiste Denis, propriétaire, fille de Louis Faucon, marchand de vin, décédé le 8 octobre 1855 et de Geneviève Opportune née Patat, décédée le 14 juin 1843. Un contrat de mariage a été fait auprès de Me Caron, notaire à Chantilly, le 11 août 1856 : il y a effectivement un notaire Eugène Caron qui officie à Chantilly du 7/7/1841 au 14/10/1856. Parmi les témoins, 2 marchands peaussiers : Jean MARTIN, beau-frère de la mariée à Lamorlaye ; c’est le mari de Louise ; et Michel FANTE, 26 ans , demeurant à la même adresse que le marié dont il est le cousin.

L’état-civil du Puy de Dôme confirme bien la naissance de Pierre Brassier ; la table décennale de 1803 à 1903 de Lamorlaye indique aussi son décès le 21 août 1873. Mais l’état-civil pour 1873 n’est pas en ligne ! Il faudra le consulter aux archives de Lamorlaye. Tout comme pour en savoir plus sur Geneviève, la fille de Pierre et Pauline : nous savons simplement qu’au recensement de 1881, Pauline est toujours à Lamorlaye mais pas sa fille…

Pourquoi cette chapelle qui affiche sobrement « Famille Brassier » ?

Pierre Brassier était-il un « notable parisien » ? Pour l’instant nous n’en savons rien. Peut-être le contrat de mariage pourra-t-il nous en apprendre plus. Pierre Brassier n’a jamais habité Lamorlaye : est-ce lui qui a fait construire cette chapelle ou sa veuve ? Autant de questions auxquelles aujourd’hui nous ne savons pas encore répondre…

Concluons provisoirement en évoquant nos deux maires, Jean Baptiste Denis Patat et Joseph Faucon.

Grâce au travail régulier de 2 de nos adhérents nous avons le relevé des délibérations du conseil municipal de 1844 jusqu’à 2000 : le confinement a bloqué ce travail très utile alors que nous avions choisi de repartir en arrière jusqu’à la création des communes en 1789…

Jean Baptiste Denis Patat est maire de 1831 à 1852 ; il est difficile de savoir à quel rythme les élections avaient lieu : tous les 2 ans en 1789 pour passer à 3 puis 6 ans… Nous avons la trace de la réélection de Jean Baptiste Denis Patat en 1846 et 1848. En 1852 c’est Louis Félix Etard qui devient maire. En 1846, Lamorlaye compte 507 habitants plus 49 au Lys. Il y a 234 (+24 au Lys) hommes et 30 anglais. Seul les hommes « actifs » c’est-à-dire s’acquittant d’une contribution au moins égale à 3 journées de travail peuvent voter. En 1946, ils étaient 157 électeurs et seulement 97 votants.

La grande affaire de Jean Baptiste Denis Patat fut l’achat de la maison qui deviendra la première mairie, plus école de garçons et logement de l’instituteur : dans notre actuelle rue de l’église qui s’appelait rue des juifs et deviendra à partir de 1895, rue de la mairie. Il géra aussi beaucoup de chemins vicinaux, un plan d’alignement, l’entretien des cours d’eau (en 1851, le ru saint-Martin n’avait pas été entretenu depuis 15 ans !), l’interdiction de la mendicité avec la pose de plaques en fonte aux différentes entrées de la commune… Et il sera consulté pour la création de très nombreux marchés autour de Lamorlaye  « une seconde foire pour la vente de bestiaux et de toutes espèces marchandises » à Creil, second marché aux légumes et autres approvisionnements journalier à Montataire, rétablissement d’un ancien marché aux grains et autres approvisionnements à Neuilly-en-Thelle,.. comme pour l’installation d’un bureau de poste à Boran.

Joseph Faucon sera maire de 1888 à 1893 (le panneau installé dans la mairie dit 1890 -1893 mais il est contredit par les délibérations du conseil municipal) ; le maire suivant sera Alphonse Rimbert.

La mandature de Joseph Faucon sera moins ambitieuse : il refusera (avec tous son conseil) le projet de création d’un service télégraphique à Lamorlaye à cause de la situation financière de la commune ; devra faire des travaux sur l’église Saint-Nicolas et envisager la création d’un autre lavoir, rectifier l’alignement de la route nationale n° 16 de Paris à Dunkerque dans la traversée de Lamorlaye ; batailler – compris devant les tribunaux- avec le comte Vigier, lequel « désire s’emparer d’un terrain appartenant à la commune depuis un temps immémorial » ; gérer le manque de place dans le cimetière ; refaire le bornage de chemins et faire des travaux sur la Nouvelle Thève… Ceci sur un peu moins de 6 ans quand son grand-père a dirigé la ville plus de 20 ans .

8 mai 1945 – 8 mai 2020 : il y a 75 ans la guerre s’arrêtait en Europe ; regard sur les morts de Lamorlaye

C’est dans la nuit du 6 au 7 mai que la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie est signée à Reims : elle prévoit la cessation des hostilités le 8 mai à 23h01. Les forces alliées avaient pénétré en Allemagne en février 1945. Le 30 avril , Hitler s’était suicidé dans son bunker et le 2 mai les troupes nazies qui défendaient Berlin avaient capitulé.

Il y a donc 75 ans, la Seconde Guerre mondiale prenait fin en Europe tandis qu’elle. se prolongeait en Orient jusqu’en août avec le lancement par les Américains des bombes atomiques sur Hiroshima le 6 août et sur Nagasaki le 9 août. La capitulation du Japon a suivi, signée officiellement le 2 septembre. Une date qui mêle la fin définitive des combats à l’horreur de ces bombardements et qui n’est pas commémorée, du moins pas en France…  

La France a choisi la date du 8 mai 1945 pour commémorer la fin de la seconde guerre mondiale : c’est loin d’être un choix unanime. Seule la République tchèque et la Slovaquie ont fait aussi ce choix. Les Russes célèbrent la capitulation de l’Allemagne nazie et la fin des combats le 9 mai. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, le 8 mai n’est pas un jour férié. Les Américains rendent hommage aux soldats morts pour la patrie le dernier lundi de mai, appelé « Memorial Day »

Et le 8 mai n’a pas toujours été férié ! Il a même disparu pendant quelques années !

En 1946, une loi prévoit la commémoration de la victoire au 8 mai si c’est un dimanche sinon elle a lieu le premier dimanche suivant le 8 mai. En 1953, le 8 mai est déclaré jour férié à la demande des anciens déportés et résistants. En 1959, la commémoration est déplacée au 2ème dimanche de mai. En 1968, on retourne au 8 mai, mais ce n’est pas un jour férié. En 1975, le président Valéry Giscard d’Estaing décide de supprimer la commémoration officielle de la victoire sur l’Allemagne nazie et de la remplacer par une « Journée de l’Europe », afin de marquer la réconciliation franco-allemande. Cette journée de l’Europe est fixée au 9 mai.  Enfin en 1981 : le 8 mai est finalement déclaré jour férié, en mémoire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de ses combattants.

Et en 1985, c’est l’Europe qui crée une journée de l’Europe européenne cette fois , toujours le 9 mai : car c’est le 9 mai 1950 – seulement 5  ans après la fin de la seconde guerre mondiale- que Maurice Schumann a prononcé un discours considéré comme fondateur de la construction européenne et du processus de réconciliation franco-allemand.

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Et cette année 2020, si nous commémorons d’une manière toute particulière – confinement oblige- la fin de la Seconde Guerre mondiale , il y a eu tout de même une cérémonie devant notre monument aux morts : cette photo a été prise en mai 2014.

L’histoire de notre monument aux morts est mal connue ; nous savons seulement que c’est le 2 février 1919 que le Conseil municipal a décidé d’élever un monument aux morts.

40 noms y sont inscrits pour la Première Guerre mondiale dont 8 portés disparus, 19 noms pour la Seconde Guerre mondiale dont 5 FFI, 1 nom pour la guerre d’Indochine.

Comme l’auraient fait les enfants de nos écoles voici  ces noms :DSC06503

L’ALMA a travaillé pour mieux connaître ces soldats et voici ce que nous savons pour ceux qui sont morts entre 1939 et 1945 : 10 soldats sont morts pendant la Campagne de France en mai-juin 40 ou des suites de blessures ou maladies contractées pendant cette période. 4 étaient engagés dans la France Libre et sont morts dans des combats extérieurs ou pendant et après la Libération.

drapeau-officiel-classique-francaisINVERSELES VOICI : drapeau-officiel-classique-francais

William Georges BALDOCK : anglais, né, cour du Pibray, le 7 avril 1916 ; son père était palefrenier chez Murphy ; il appartenait au 151ème RI et est mort le 8 juin 1940 en Bourgogne .

Maurice BERAST : né le 20 janvier 1916 à Thieulin (Eure et Loir) ; en 1936 il était boulanger et habitait chez son père, maraîcher, rue du vieux-château. Il appartenait au 45e RI ; il est mort le 26 mai 1940 à Bouchain dans le département du Nord.

Louis BERTALL : né le 5 juin 1919 ; en 1911 ses parents habitaient rue de la Cannerie et son père Gabriel était palefrenier chez Willy Carter ; en 1936, ils habitaient rue de la Mairie, son père était commis -grainetier chez Rimbert, son frère Marcel jardinier du Comte Vigier. Il appartenait au 142ème RI ; il est mort des suites de maladie le 22 février 1945 dans le sanatorium du Mont Blanc sur le plateau d’Assy en Haute-Savoie. Il est enterré à Lamorlaye.

Valentin BOISARD : né le 23 septembre 1915 à Morangles ; en 1936 il habitait route de Neuilly-en-Thelle avec ses parents et était cultivateur avec son père Auguste et un frère Marcel né en 1906. Il appartenait au 3ème bataillon de chars légers et a été tué par un éclat d’obus le 26 mai 1940 à Beaumont-en-Argonne dans les Ardennes. Il est enterré à Lamorlaye.

Roger BONIN : il n’apparaît pas sur le recensement de 1936 et il y a deux Roger Bonin morts pour la France et engagés de la France Libre ; l’un, Roger Jean, né le 1er octobre 1916 à Lambézellec dans le Finistère et l’autre, Roger Edmond, né à Boulogne-Billancourt ; le premier était ingénieur mécanicien dans le sous-marin Actéon qui s’est perdu au large d’Oran le 9 novembre 1942 ; l’autre était dans le 204ème RI et il est mort dans un bombardement à Hennigsdorf en Allemagne le 5 janvier 1945.

Roger BRASSART : né à Fleury Mérogis (Seine et Oise) le 16 août 1918, son père Jules était belge et était jardinier du comte Vigier ; ils habitaient rue du Château en 1936 ; entre 1936 et 1940 il s’était marié avec Andréa, Louise, Georgette Plessy. Il appartenait au 30ème RAD et est mort de maladie le 2 mars 1941 à l’hôpital mixte de Saumur dans le Maine-et-Loire.

Maurice DEPREZ : sa famille n’apparaît pas sur le recensement de 1936 ; là encore impossible de savoir de quel soldat il s’agit entre Maurice DEPREZ, né en 1902 dans l’Aisne, mort le 3 juillet 1944 au Maroc et Maurice Yves Victor DEPREZ, né en 1920 à Paris, appartenant au 2ème RSA et mort le 22 juin 1940 à Troyes dans l’Aube

Claude CAZEBIELLE : sa famille n’apparaît pas sur le recensement de 1936 mais il était le neveu d’une habitante de Lamorlaye (information de Maurice Clouzet à vérifier dès que le château sera accessible) ; né le 25 août 1925 à La Manouba près de Tunis, il est brigadier au 3°peloton du 2°escadron du 12°régiment de cuirassiers, membre d’équipage du char « Quimper » ; mortellement blessé devant le Ministère des Affaires étrangères le 25 août 1944, soigné au poste de premiers secours tenu par l’Abbé P. Hénin, il meurt sur place et son corps est transporté à l’hôpital Necker où le décès est enregistré ; il est enterré au cimetière de Pantin.

Ernest HILLEREAU : sa famille n’apparaît pas sur le recensement de 1936 ; nous avons trouvé Ernest Charles François Marie HILLEREAU né le 24 février 1907 à Saint-Florent-le-Viel dans le Maine-et-Loire et mort le 7 juin 1940 à Lamorlaye à la suite d’un bombardement ; il appartenait au « 571e Train ».

René HOCHARD : il habitait dans le Vieux Lys et était cafetier (sans doute Le Cabaret) ; il est né le 24 novembre 1908 à Boran et appartenait au Train Sanitaire 302 ; il est mort le 9 juin 1940 à Tours en Indre-et-Loire. Il y a une plaque commémorative à la mairie de Boran et il est enterré à Boran.

Jules LEFEBVRE : né à Croix en 1914 ; en 1936 il est employé de commerce ; il est marié et vit chez sa belle-mère Madeleine Farrington, rue Louis Barthou ; il appartenait au 124ème RI et est mort le 22 mai 1940 à Grouvy dans le Nord.

Robert LEVASSEUR : né le 29 mars 1903 au Lys ; son père, Ulysse Philibert, est chauffeur ; marié le 29 novembre 1924 avec Germaine LAUDON ; en 1936 il avait 3 enfants et habitait rue de la Tuilerie. Il appartenait au « 28e Gég de garde » et il est mort au cours d’un bombardement le 21 mai 1940 à Saleux dans la Somme.

Raymond PAGET : sa famille n’apparaît pas sur le recensement de 1936 mais il y a eu une famille Paget à Lamorlaye encore récemment ; nous avons trouvé Raymond Paget, né le 2 août 1917 à Nouméa en Nouvelle Calédonie ; il appartenait au 5ème RCA (Chasseurs d’Afrique) et il a été tué par des éclats d’obus le 3 décembre 1944 à La Hardt dans le Haut-Rhin.

Raymond ROUESNEL : sa famille n’apparaît pas sur le recensement de 1936 ; nous avons trouvé un Raymond Joseph Henri Rouesnel né le 7 décembre 1916 à Montauban dans le Tarn-et-Garonne ; il appartenait au 141ème RIA et est mort à Lamorlaye le 14 juin 1940 comme Ernest Hillereau le 7 juin… Dès que nous aurons accès au château nous pourrons consulter « Les Trois Guerres à Lamorlaye » de Jacques Rimbert : il devrait nous apporter confirmation de ces bombardements de 1940.

drapeau-officiel-classique-francaisINVERSEEnsuite 5 noms de FFI : drapeau-officiel-classique-francais

Serge PEREZ : né à Arnouville -lès-Gonesse où une rue porte son nom ; Il appartenait aux FFI et a été tué à Clichy le 22 août 1944. Sans doute travaillait-il à Lamorlaye ?

Jean REBERTEAU et Michel REBERTEAU : deux frères de 22 et 23 ans dont la famille avait une résidence secondaire à Lamorlaye acquise après 1936 car ils n’apparaissent pas sur le recensement de 1936. Ils étaient étudiants en médecine à l’hôpital Saint-Louis et appartenaient au mouvement « Défense de la France » de Philippe Viannay ; surpris pas les Allemands en forêt de l’Isle-Adam ils ont été torturés et fusillés le 23 août 1944. Leurs noms sont inscrits sur une plaque à l’Hôpital Saint- Louis, sur le mémorial de 17ème arrondissement de Paris, dans l’église Saint Ferdinand des Thermes (Paris 17ème) et à l’Hôtel Dieu. Le conseil municipal a décidé en 1944 de donner leurs noms au « chemin du Lys à Gouvieux », où ils habitaient dans le Lys.

Robert CHOPIN : né le 2 octobre 1919 à Paris 8ème, il habitait en 1936 chez ses parents, route Nationale ; il était ouvrier gazier à la Société La Quentinoise. Réfractaire au STO, il se cachait à Lamorlaye et a été dénoncé ; arrêté le 13 octobre 1943, il est interné à Royallieu et déporté à Buchenwald par le convoi du 14 décembre 1943 : il meurt à Ellrich en Allemagne le 5 mars 1945. Son nom est inscrit sur le Mur des Noms du mémorial de l’internement et de la déportation de Royallieu.

Albert HERMAL : né le 27 septembre 1915 ; en 1936 il habitait avec ses parents, tous deux manouvriers, rue de la Cannerie ; le 4 avril 1930, il avait épousé à Chantilly Charlotte Marcelle Costard. Il est mort à Lamorlaye le 11 août 1941 des suites de maladie.

drapeau-officiel-classique-francaisBERTHOMMIER Raymond : il n’est pas sur notre monument aux morts mais il est pourtant « Mort pour la France » le 17 décembre 1944 à Munich en Allemagne au cours d’un bombardement ; il appartenait au 149ème RIF ; il est né à Lamorlaye le 3 juillet 1916 et habitait Apremont en 1936. Son nom est inscrit sur le monument aux morts d’Apremont

drapeau-officiel-classique-francaisINVERSEDans l’ouvrage publié par l’ANACR-Oise « Ils ont fait le sacrifice de leuvie… Le prix de la liberté dans l’Oise, 1940-1945, sont cités Jean et Michel Reberteau, Serge Perez et Robert Chopin ; Albert Hermal n’est pas cité ; et 3 autres noms sont indiqués :

Paul Chabaud : né le 24 juillet 1914 à Marval dans la Haute-Vienne, était charcutier dans la rue de la Tuilerie (là où il y a maintenant un magasin de matériel de jardinage) : il a été fusillé le 30 août 1944 par les Allemands qui traversaient Lamorlaye vers la Nationale alors qu’il hissait le drapeau français. En 2014, son nom a été donné au parking créé en face de son ancienne boutique.

Jacques Noury : né le 4 janvier 1926 en Angleterre, il habitait Warluis mais travaillait comme jardinier à Lamorlaye ; il a été abattu par un soldat allemand près de la Route Nationale le 19 août 1944 ; un soldat allemand lui aurait demandé la direction de Chantilly et n’aurait pas apprécié la réponse de Jacques Noury ; frappé par le soldat, Jacques Noury s’enfuit mais il est rattrapé et tué.

Roger Vanderlec : né le 30 mars 1921, il est arrêté le 2 décembre 1943 pour espionnage et condamné à mort.

Nous avons une exposition sur ce thème, mais elle est confinée au château ; nous avons donc puisé dans les sites Mémoire des Hommes et Memorial Gen Web, l’état-civil de Lamorlaye, les recensements disponibles en ligne sur le site des archives départementales et le livre de l’ANACR-Oise déjà cité.

Le Lys : des Condé aux premières maisons !

En novembre dernier, l’ALMA a célébré le tricentenaire de la forêt du Lys, une histoire qui peut se résumer en quelques dates :

  • 1688  : la seigneurie du Lys (centrée sur notre actuel « Vieux Lys ») est vendue par Antoine Le Maire de Boullan, seigneur du Lys, à Henri-Jules de Bourbon, 5ème prince de Condé qui dispose alors de la partie de la « plaine du Lys » à l’ouest de la route du Blanchamp (devenue à Lamorlaye, Première avenue et chaussée de Bertinval).
  • 1719 : Louis-Henri, 7ème prince de Condé, « Monsieur le Duc », fait labourer toutes les terres de la plaine du Lys lui appartenant ou sur lesquelles il levait le cens. Il y fait planter des arbres et tracer des routes en étoile : la « plaine du Lys » devenue « forêt du Lys » va compléter le domaine de chasse des Condé. Et sera patiemment étendue à l’est sur la partie appartenant à la seigneurie de Lamorlaye, au nord sur celle appartenant à la seigneurie de Gouvieux.
  • 1789 : la Révolution pousse les Condé, Louis-Joseph, 8ème prince de Condé, son fils Louis-Henri-Joseph, duc de Bourbon, et son petit-fils Antoine-Henri, duc d’Enghien à l’exil en même temps qu’elle confisque leurs biens.
  • 1814 : le prince de Condé qui avait pris la tête d’une des armées des émigrés revient en France à la Restauration et retrouve immédiatement ses biens restés dans le domaine de l’état.
  • 1818 : le Duc de Bourbon devient 9ème prince de Condé à la mort de son père. Il achète des biens ayant appartenu à l’abbaye de Royaumont dans la « plaine du Lys » : la partie sud-ouest autour du « rond-point des Moines ».
  • 1830 : à la mort du 9ème prince de Condé sans descendance puisque son fils unique, le duc d’Enghien a été fusillé par Napoléon-Bonaparte en 1804, c’est le duc d’Aumale qui hérite de tous ses biens.
  • 1884 : le duc d’Aumale lègue par testament son domaine de Chantilly à l’Institut de France.
  • 1886 : le testament est transformé en donation immédiate sous réserve d’usufruit.
  • 1894 : le duc d’Aumale vend « le Lys » au baron Henri de Rothschild : plus de 1000 hectares avec la forêt du Lys, les marais de la Thève et les Bois de la Plaine Basse de Gouvieux.
  • 1919 : Henri de Rothschild vend « le Lys » à Monsieur et Madame Bernard.
  • 1924 : Monsieur et Madame Bernard vendent « le Lys » à la « société du Lys-Chantilly » dont le président est Monsieur Léon Manin ; celui-ci devient ainsi propriétaire de l’ensemble du domaine du Lys actuel mais aussi de terrains qui allaient lui permettre de créer, avec une autre société, la plage du Lys-Chantilly à Boran.
  • 1925 : Monsieur Manin crée un lotissement qu’il nomme « Ville de Parcs et de Sport du Lys-Chantilly ».

Avec au départ, 1600 lots  sur 700 hectares, le nouveau lotissement pouvait ambitionner de doubler assez vite la population de Lamorlaye : celle-ci était de 924 habitants en 1921 ; 1140 en 1926 ; 1608 en 1931 ; On comprend que le conseil municipal de Lamorlaye ait accueilli avec empressement ce projet dans lequel il voyait une promesse de développement pour Lamorlaye.

Maisons, qui n’était pas encore Maisons-Laffitte, avait donné l’exemple un siècle plus tôt quand, en 1831, M. Laffitte morcela le parc du château dont il était propriétaire en très grandes parcelles. Monsieur Laffitte ne semble pas avoir développé le concept global et original qui a présidé à la naissance du Lys-Chantilly :  vendre de très grands terrains à un prix au m2 qui se voulait très avantageux et surtout proposer une manière de vivre « entre soi » , à la fois sportive et mondaine, au si bon air, si près de Paris, alors que la voiture devenue reine, réduit si bien les distances, et que la vie devient si stressante pour cette bourgeoisie que cible Monsieur Manin.

Car Monsieur Manin a une foi immense dans la publicité et se dépense sans compter pour avoir des annonces, des articles, des plaquettes, des affiches…

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Et pour que ce  soit plus facile pour ceux qui se laissent tenter par « la ville à la campagne », il va demander à deux architectes Émile Molinié et Charles-Henri Nicod, associés à l’entrepreneur Rouzé, de créer des maisons modèles. Si les villages-expo de constructeurs sont aujourd’hui chose courante, en 1925 c’était certainement une grande innovation ! 

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Ces premières maisons ont été construites et un catalogue a été édité que voici c’est un carnet de 16 pages au format proche de celui d’une carte postale. 

Page de couverture : voici la forêt !

Ensuite trois pages savoureuses vantant ce cadre unique où les voisins sont châtelains et où  la boue n’existe pas…

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Excellente affaire ! Qui se décline ensuite avec 8 maisons aux noms de plantes, y compris les inquiétantes belladone et digitale… Sur chacune, le nom de l’avenue où elle se situe, la superficie du terrain et la description avec toujours 2 chambres « pour le personnel », un  nombre variable de « chambres de maître », et un mystérieux « studio » … 1 salle de bains pour 3 ou 4 chambres de maître et 2 à 3 « toilette ». Seule la petite dernière, Les IRIS, n’a ni salle de bains, ni chambre « pour le personnel »…

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Attention ! Il y a une inversion sur les légendes de LA BELLADONE (photo 2) et LES CLÉMATITES (photo 3)… Et Au centre de l’album une présentation du joyau de la Ville de Parcs et de Sports, La CLAIRIÈRE AUX CHÊNES ! Nous aurons l’occasion d’y revenir…

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En 2015, l’ASLC (Association Syndicale -autorisée- du Lys-Chantilly) a fêté  les 90 ans du lotissement ;  cet article reprend en partie le contenu des articles de l’ALMA publiés par l’ASLC et utilise aussi l’exposition et la conférence présentées par l’ALMA lors de cette fête.

Un grand merci à l’ASLC, qui pour cette occasion, nous a ouvert ses archives !

En novembre 2019, nous avons organisé avec l’AU5V (Lamorlaye à Bicyclette) une promenade au cours de laquelle nous avons vu certaines de ces maisons. Quelques unes ont été construites plusieurs fois ; d’autres ont été parfois modifiées …

Vous avez le nom de l’avenue, nous vous laissons les découvrir, avec discrétion bien sûr, dès que la restriction à 1km autour de chez soi sera levée !

Voyage dans le temps, sur les routes et chemins de Lamorlaye

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Dans son introduction aux Chroniques de Morlacca Jacques Grimaux évoque le petit pont sur la vieille Thève rue du Vieux Château : ce pont, très ancien, a été le point de départ de ses recherches…

Et s’il y a un pont, c’est qu’une route doit passer une rivière…

Cette route, aujourd’hui notre rue du vieux Château, c’est le Grand Chemin de Paris à Saint-Leu qui allait encore plus loin vers le nord, la Flandres et ses richesses. Jacques Grimaux le décrit ainsi : « Du Sud au Nord, c’est le « chemin des Frémions » dans le bois Bonnet ; puis, partiellement, la rue du Vieux-Château ; au-delà, il atteint la [rue de la] Tenure. Il emprunte alors la route de Gouvieux jusqu’au pied de la colline ; puis s’enfonce sous le couvert, plein Nord [ tracé de la piste cyclable avec son rude dénivelé], tandis que la route tourne brusquement à gauche. Au-delà, on atteint la vallée de la Nonette, que l’on franchira à la Chaussée, au pont où se terminait « l’Etang de Gouvieux » (lequel sera acheté en 1375 par le roi à Charles de Dampmartin). Encore quelques lieues, et voilà les bords de l’Oise en face de Saint-Leu. »

Les routes témoignent, hier comme aujourd’hui, des activités des hommes : elles écrivent de façon durable leur histoire et son évolution ; c’est pourquoi Jacques Grimaux veut d’abord situer les routes qui traversent ou ont traversé notre village.

« Le Vieux Chemin de Senlis, traverse le village d’Est en Ouest à l’Est, aboutit à la cavée Saint-Martin ; à l’Ouest, il conduit au Vieux Lys et à l’Oise. » C’est à l’est, notre voie de la Grange des Prés, puis notre rue du général Leclerc et vers l’ouest, notre avenue du général de Gaulle.

Grand Chemin de Paris à Saint-Leu et Vieux Chemin de Senlis se croisent au Carrefour du Calvaire et très près « de ce carrefour du Calvaire part, vers le Nord-Est (vers Beaularis), le Chemin de Chantilly. C’est notre rue Louis Barthou. Après le franchissement du coteau, on retrouve, à très peu près, l’axe pour se diriger vers le château : c’était la « route des Postes ». »

Dans la partie la plus au nord de cette rue, on a construit en 1961 le lotissement La Montagne ; et Jacques Grimaux cite une note Jean- Guy MITTON qui a été maire de Lamorlaye de 1961 à 1975 :

croquisMitton-1979

« Au cours des fouilles faites pour creuser les fondations du groupe H.L.M. « La Montagne », en 1961, il a été trouvé, à environ un mètre de profondeur, une voie en pavés de grès, assez gros et très irréguliers. Dans ce pavage, des roues de voiture avaient creusé un sillon, ce qui m’a confirmé que nous étions en présence d’une route assez ancienne. La direction est N.E./S.O. (côte du Mont de Pô et actuelle rue Louis Barthou). Sa largeur semblait être de plus de quatre mètres, mais cela est difficile à estimer, de nombreux pavés ayant été culbutés et enlevés au cours des temps. À un certain passage de cette route sur un fond de glaise, a été trouvée la trace d’une voûte. Celle-ci, par sa position, semblait destinée à soutenir la route au-dessus de la glaise. Mais est-ce  là sa vocation, ou bien celle de laisser passer les eaux de ruissellement venant de la côte et qui butaient sur la glaise ?  Ces fondations anciennes furent laissées en place et noyées dans le bord Est des H.L..M., à peu près à la hauteur de la dernière entrée Nord du bâtiment. La profondeur des fondations au cours des fouilles fut plus importante à cet endroit, à cause de la glaise. Elles semblent descendre à 2,75 ou 3 mètres, dans un milieu de cailloux, de silex, de sable et aussi de glaise.Le tracé de cette ancienne voie se trouve donc presque parallèle au bâtiment H.L.M. comme le montre le croquis ci-contre. » [ relevé des fouilles réalisé par M. Mitton en 1979]

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Plan de 1679 (AD60 réf 12105) – en bleu : le Grand Chemin de Paris à Saint-Leu ; en jaune : le Vieux Chemin de Senlis ; en rouge : le Chemin de Chantilly tel que le définit Jacques Grimaux : sur le plan c’est le tracé en violet qui est nommé chemin de Chantilly. Mais tout dépend de la carte qu’on examine !

Car sur la carte ci-dessous (sur Gallica.fr) faisant partie du 1er volume de l’atlas de Trudaine pour la généralité de Paris réalisé entre  1743-1763, on voit en rouge la rue Louis Barthou et la route des Postes qui va vers le château de Chantilly : exactement la description de Jacques Grimaux ! En bleu clair le Grand Chemin de Paris à Saint-Leu ; en jaune : le Vieux Chemin de Senlis ; et en violet le tracé de la route Royale…

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Revenons avec Jacques Rimbert sur ce Carrefour du Calvaire, dédoublé aujourd’hui entre la place du Calvaire et la place du Marronnier  : une croix y est présente sur le plan de 1679 [Jacques Rimbert indique 1640 : 1649 était l’ancienne datation par les Archives départementales modifiée en 2019]. Jacques Rimbert trouve son ancien nom La Croix Rouge dans un ouvrage de Gustave Macon : « en février 1747, une pièce de terre située au terroir de Lamorlaye lieudit la Croix Rouge ».

Le conseil municipal décide d’ériger un calvaire en pierre après la venue pastorale de l’évêque de Beauvais, en octobre 1857. Des tilleuls ont été alors plantés tout autour qui sont toujours là.

En 1866, les commanditaires du duc d’Aumale pendant son exil vendent pour un franc symbolique une portion de terrain de 740m2, en principe destiné à un calvaire : on voulait sans doute déplacer celui construit 10 ans auparavant qui, placé au centre de la route, gênait la circulation.  C’est le tracé des routes qui sera modifié.

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Sur ce document on voit bien la positon du calvaire au milieu de la route ; la rue de la Tuilerie est notre actuelle rue du général Leclerc ; le chemin de Gouvieux est notre 14ème avenue.

En 1920, Edouard Flatman, conseiller municipal et entraîneur à Lamorlaye, propose de planter un arbre de la Liberté : cette tradition révolutionnaire (et plus loin encore avec les bâtons de Mai) a été reprise avec des arbres de la Liberté ou de la Délivrance ou de la Paix pour célébrer la victoire de 1918 ; ce sera un marronnier et la place du même nom qui partage le carrefour avec la place du Calvaire qui prendra son aspect actuel (si on oublie le parking) en 1935.

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Sur cet extrait du même plan de 1679 (AD60 réf 12105) nous avons renforcé les deux croix qu’il comporte (plus l’église) : la plus grande, la Croix Rouge sur le Grand Chemin de Paris à Saint-Leu et une croix plus petite sur la place des Tilleuls (ancien nom repris en 2019).

Pour décrire la route des Tombes à l’est de Lamorlaye, nous donnons la parole à Jacques Peloye : « La route des Tombes est une longue route sinueuse partant à l’Ouest du Carrefour de la Côte de Lamorlaye recevant à gauche la Route des Usages puis la Route des Bruyères ([  jusqu’au début du 19ème siècle ] de Gouvieux), coupant la Route du Connétable au Carrefour du Clos de la Barre, passant sous la voie ferrée Paris-Creil, traversant le Carrefour de la Troublerie, le Carrefour des Tombes, longeant le nord des étangs, passant au poteau des étangs et s’arrêtant à  l’est, à la Route de Commelle. […] Ces travaux étaient ordonnés par le pour la partie du Carrefour de La Côte de Lamorlaye au Centre  de la Croix-Rouge, rebaptisée au début des années 2000, avenue Jacqueline Maillet. »

Jacques Peloye cite lui aussi l’incontournable Gustave Macon: « au-dessus de la Cavée Saint Martin, en 1672, au cours de travaux occasionnés par le percement d’une route, on découvrit un certain nombre de tombes de pierre qui donnèrent un nom à la nouvelle avenue, route des Tombes. »

Ces tombes seraient de l’époque mérovingienne, quand le village de Lamorlaye se trouvait plus à l’est sur le coteau et dans la forêt vers Coye ; avec la chapelle Saint-Martin pour lieu de culte.

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Ici un extrait d’une carte faisant partie des Cahiers de Chantilly N°8 qui présentent deux articles : La Forêt de Chantilly au XXIème siècle et Les Forêts de Chantilly et de Pontarmé, édition critique de l’ouvrage de Gustave Macon (1905) – Cette carte utilise une carte des environs de la forêt de Chantilly de 1480 – Nous avons  entouré en vert : le carrefour de la Côte de Lamorlaye ; en rouge : la cavée Saint-Martin ; en jaune : la route des Tombes.

À l’Est également, la route des Princes est une partie de l’antique chaussée Brunehaut qui va de Soissons à Pontoise en passant par Senlis. Elle correspond à une partie de GR12 et s’appelle Chemin ferré, près de l’emplacement de l’ancienne chapelle Saint-Martin. Jacques Grimaux s’y attarde longuement : il a beaucoup cheminé sur ses traces ; l’ALMA a fait, en 2011 avec lui, une belle promenade de tronçon en tronçon jusqu’à Nointel et déjà, en 2006 il nous avait conduit sur le Grand Chemin de Paris à Saint-Leu…

Enfin, au nord de notre territoire et parallèle au chemin de Senlis, la Vieille Route, décrite par nos trois auteurs :  longue de 23kms de l’abbaye de Chaalis au Bosquet de Boran ; commencée au milieu du 16ème siècle par le Connétable Anne de Montmorency, elle est prolongée à l’est par le Grand Condé au-delà de son domaine et vers l’ouest par Louis Henri, son arrière -petit-fils. Le golf construit dans le cadre du lotissement de la forêt du Lys va en détruire la continuité : il en reste dans le domaine du Lys-Chantilly trois tronçons : la 4ème avenue, la 15ème avenue et l’avenue de Sylvie

Ajoutons que la route Royale, nationale, impériale ou départementale selon les époques est la route de Paris à Dunkerque voulue par Louis XV, construite par Trudaine et Perronet :  de 1757 à 1760, pour la section Luzarches -Lamorlaye et de 1759 à 1762 pour la section Lamorlaye -Chantilly ; depuis 15 octobre 1944 elle se nomme avenue de la Libération.

Nos Sources :

  • Chroniques de Morlacca de Jacques Grimaux – publié par l’ALMA (14€ : auprès de l’ALMA)
  • Lamorlaye, ses rues, ses places de Jacques Rimbert – épuisé
  • Toponymie des Trois Forêts de Jacques Peloye – en dépôt auprès de l’ALMA (39€)
  • Les Cahiers de Chantilly N°8 – en dépôt auprès de l’ALMA (20€):

Lamorlaye en Quizz : clôture du premier épisode ! …Et les réponses

Le jour est arrivé de donner  les réponses à la première édition de « Lamorlaye en Quizz » qui est en ligne depuis le 2 avril !

Ce Quizz initié par le CCAS de Lamorlaye, a été réalisé par l’Association Graines de Pays qui intervient régulièrement à Lamorlaye pour des activités organisées par le CCAS ; et l’ALMA a apporté le contenu puisque le thème retenu était l’histoire de Lamorlaye.

Nous espérons que ceux qui ont participé ont pris du plaisir soit à vérifier leurs connaissances sur l’histoire de notre ville soit à découvrir -juste par les questions posées- la richesse de cette histoire…

Pour découvrir les bonnes réponses et quelques compléments sur les thèmes évoqués : MERCI DE CLIQUER ICI

 

Poésies choisies pour le « Lundi » d’avril…

Lundi 6 avril, les « Lundis de la Tenure » (le premier lundi de chaque mois) a tenu sa séance via internet !

Au programme : Le Coin des poètes qui a choisi et enregistré 22 poésies : 4 sont des compositions personnelles d’Aline, Hervé, Marianne et Pierre ; les autres font appel à Guillaume Apollinaire, Théodore de Banville, Charles Baudelaire, Joachim du Bellay, Jacques Brel, Jean Ferrat, Théophile Gautier, Victor Hugo, Etienne Jodelle, Alfred de Musset, Gérard de Nerval, Anna de Noailles, Charles d’Orléans, Jacques Prévert, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Boris Vian.

Vous les retrouverez sur le blog des « Lundis »  . Et aussi sur la colonne de droite de ce blog.

Et, si vous ne l’avez pas encore fait, revoici le lien pour jouer au Lamorlaye en Quizz : les réponses seront disponibles le jeudi 9 avril.

un quizz sur l’histoire de Lamorlaye

Un premier quizz sur l’histoire de Lamorlaye est disponible sur le site de la ville (en page ACCUEIL) et dans « Actualités » sur l’appli de la ville.

Ce quizz a été réalisé pour le CCAS de Lamorlaye par l’ALMA et l’association Graines de Pays et c’est grâce au salon des seniors de mars 2019 (et donc au CCAS), que nos associations se sont rencontrées.

Graines de Pays intervient pour le CCAS à la Résidence de la Tenure.

Nous sommes nombreux à être à la fois adhérents de l’ALMA et public ou animateurs pour les « Lundis de la Tenure ».

Et souvent, dans les petites présentations imaginées pour les « Lundis », il y a des minis quizz…

C’est toute cette alchimie sympathique qui est à l’œuvre ici…

Histoire de nos écoles : ouvertes ou fermées…

Voici pour poursuivre ces petits aperçus sur l’histoire de Lamorlaye, l’histoire de nos écoles. Nous avions présenté avec Pierre Debert, en octobre 2019 un « Lundi de la Tenure » sur ce thème et nous utilisons ici le travail fait à cette occasion. Il doit beaucoup au livre de Jacques Rimbert « Les écoles de Lamorlaye » ainsi qu’à toute la richesse d’internet… Nous avons aussi utilisé le travail de compilation des délibérations du Conseil municipal réalisé aux archives de la ville par un adhérent de l’ALMA depuis plusieurs années.

Si on ne doit évidemment pas l’invention de l’école à Charlemagne, mais on lui doit sûrement sa réinvention car l’école avait été laissée en déshérence depuis la chute de l’Empire romain d’Occident en 476. Et Charlemagne qui veut former les futurs cadres de son empire,  va favoriser la création d’écoles régies par les abbés où l’on apprend à lire, à écrire et à compter ainsi qu’un enseignement religieux destiné -en principe- aussi bien aux fils « bien nés » qu’à ceux de condition modeste. C’est donc le  début de l’école : pour les garçons seulement et confiée à l’Eglise… Plus de détails : ICI

À Lamorlaye on n’a aucune information sur l’enseignement dispensé aux enfants avant la deuxième moitié du 18ème siècle.

Le 16 septembre 1769, le curé propose de donner à la Fabrique une maison qu’il tient depuis le 11 avril 1741 de Martin Offroy pour servir d’école et de logement pour le maître d’école. Sous l’Ancien Régime, la Fabrique désigne à la fois tout ce qui appartient à une église paroissiale et l’ensemble des laïques – les marguilliers- qui administrent ses biens. Notre Fabrique accepte cette donation : on peut voir sur cet extrait du plan de Lamorlaye de 1679 (AD60- ref plan 1210/5) où se situait la maison de Martin Offroy :

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Le 27 pluviose an IX ( 16 février 1801), le maire, François Louis Seroux de Bienville, cherche à réparer une ancienne école (sans doute celle de 1769) pour la rétablir et y ajouter la Maison commune (c’est-à-dire la mairie). En 1927, il faudra encore la réparer…

Avec la Révolution l’idée d’un enseignement primaire obligatoire, laïc et gratuit va prendre forme grâce à Condorcet qui écrit en 1792 : « Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à la raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auraient été brisées, en vain ces opinions de commande seraient d’utiles vérités ; le genre humain n’en resterait pas moins partagé en deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celle des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves. » une loi allant dans ce sens est proposée par le député Louis Joseph Charlier  en 1793 : il  faudra encore deux ans pour organiser cet enseignement qui, entre-temps, il aura perdu son caractère obligatoire. L’éducation apparaît alors comme le plus sûr moyen d’enterrer définitivement la royauté et prend vite une allure propagandiste mais la Restauration si elle permet le retour de l’enseignement catholique ne remet pas en cause le principe de l’enseignement pour tous (tous les garçons…).

Le 27 pluviose an IX ( 16 février 1801), le maire François Louis Seroux de Bienville cherche à réparer une ancienne école (sans doute celle de 1769) pour la rétablir et y ajouter la Maison commune (c’est-à-dire la mairie). En 1927, il faut encore réparer.

Le 23 février 1830, le sous-préfet demande la création d’une école d’enseignement mutuel ; les finances communales n’y suffisant pas, le Conseil propose d’installer l’école dans le local servant déjà à l’enseignement.

Deux modes d’enseignement régnaient, à cette époque, dans les écoles : le mode simultané, d’après lequel les enfants, partagés en classes, recevaient la leçon tous ensemble de la bouche du maître et le mode individuel, d’après lequel l’instituteur s’occupait de chaque enfant tour à tour et isolément. le premier était  en usage dans les écoles dirigées par les associations religieuses, qui disposaient du personnel nécessaire, le second était le régime commun à la plupart des autres établissements. Le principe de ce qu’on a appelé l’enseignement mutuel consiste « dans la réciprocité de l’enseignement entre les écoliers, le plus capable servant de maître à celui qui l’est le moins » (Joseph Hamel, L’enseignement mutuel, 1818). Il  tente d’apporter les bénéfices du mode simultané tout en en réduisant les coûts.  Plus de détails : ICI

Une salle d’asile sera créée à Lamorlaye après 1834 (vente par les Seroux de leurs biens) et avant 1895 (date où des dons de la comtesse Vigier sont attestés). Elle était rue Jean Biondi (longtemps « Maison des Loisirs ») et comportait 2 classes très hautes de plafond et un dortoir. Elle était tenue par des sœurs de la Congrégation de la Sainte Enfance de Jésus ; puis en 1902 par la congrégation des Petites servantes de Marie Immaculée pour une école privée avec pensionnat et asile privé. En 1913, cette congrégation est dissoute et c’est la fin de l’asile.

La naissance des salles d’asile en France, en 1826, marque le début de l’attention portée à la garde des jeunes enfants. Cette institution veut, dans un premier temps, porter secours aux enfants de la classe populaire, livrés à eux-mêmes lorsque leurs parents travaillent. Cependant, la salle d’asile apporte, malgré elle, une réponse beaucoup plus large et permet aux parents de la classe moyenne de bénéficier d’un système de garde très pratique. Elle intégrera l’instruction publique en donnant naissance à l’école maternelle. Plus de détails : ICI

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La maison de Loisirs au 30, rue Jean Biondi – photo ALMA lors du barbecue de 2011

Le 14 août 1833, le maire en application de la loi Guizot propose que « vu l’état de la population , l’école primaire élémentaire de la commune peut être constituée telle qu’elle existe depuis un temps immémorial [..] ».  Le maire évoque le chiffre de 584 habitants : C’est ce qu’indique le recensement de 1831 avec 529 habitants pour Lamorlaye et 55 pour le Lys qui vient en 1825 d’y être rattaché ;  ce même recensement nous dit qu’à Lamorlaye il y a 33 individus sachant lire seulement,  225 sachant lire et écrire et 271 ne sachant ni lire ni écrire ; dans le village du Lys, c’est respectivement 4, 8 et 43 individus…

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À partir de 1867, on va créer les registres matricules et on y notera le niveau d’instruction de 0 à 5 :

En 1828 est créé le premier ministère dédié à « l’instruction publique ». Dès lors, le lent mouvement de démocratisation de l’instruction s’accélère. À partir de 1833, la loi Guizot impose à toutes les communes de plus de 500 habitants de disposer  d’une école de garçons. En 1850, elles y sont « incitées » pour les filles.

Le 16 juin 1841, l’abbé Bulot décide une donation à la commune d’un terrain de 9 ares 32 centiares de jardin. Le conseil municipal accepte la donation puis les ventes nécessaires (dont l’ancienne école, l’ancien logement de l’instituteur et l’ancien cimetière) et confirmera son accord concernant les travaux pour le presbytère et l’école-mairie le 21 janvier 1846.

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DSC_3761-cabinets-ecoledegarconsLes enfants sont devant leur école : cette maison, rue de l’église, abritait au rez de chaussée la salle de classe et au premier étage,  la mairie et le logement de l’instituteur. Deux petits bâtiments servaient de prison et de morgue provisoires… CPA : 1915 – collection ALMA

Les trois cabinets dans la cour de l’école existent toujours… Photo P. Quintard

Le conseil municipal a beaucoup travaillé pour cette école :

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Le 13 août 1862, sollicité par le préfet pour créer une bibliothèque scolaire, le conseil municipal y renonce faute de moyens. Une bibliothèque scolaire sera ouverte le 5 juin 1881. Le 12 avril 1866, le préfet demande la création d’une classe d’adulte : le Conseil accepte et cette classe existera encore en 1911

Le 11 juillet 1867, le Conseil municipal repousse la construction d’une école des filles, faute de moyens. Le même jour il refuse de créer une école au hameau du Lys (53 habitants ; les enfants vont à l’école à Baillon ou à Boran). Mais en 1870, quand la commune reçoit 80 000 francs, légués par le comte Komar pour le bureau de bienfaisance, elle l’affecte à la construction d’une école pour les filles. Le curé Clavel fait don d’une partie de son jardin (ancien cimetière désaffecté en 1821) pour la construction. En 1872, l’école des filles est construite et le conseil municipal choisit d’en donner la direction à une institutrice congrégationniste. Dans le même temps l’espace réservé à l’école de garçon est un peu réduit pour agrandir le logement de l’instituteur.

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L’école des filles, près de l’église Saint-Nicolas. CPA -collection ALMA

Le 24 février 1892, création d’une caisse des écoles (prévue par la loi en 1882). On reparle de l’obligation d’avoir une caisse des écoles en 1942 : la première semble donc avoir disparue…

Le 14 août 1904, le Conseil municipal envisage de créer une classe enfantine pour 90 enfants, comme une annexe installée dans la cour de l’école des filles. Le sous-préfet accepte l’idée de classe enfantine mais veut qu’on construise une école maternelle… Le Conseil municipal décidera le 25 février 1906 la construction d’un nouveau groupe scolaire de 4 classes et un logement.

Le 3 mai 1907, le Conseil décide d’installer une deuxième classe dans l’école des garçons et de louer la salle de M. Poiffait pour la deuxième classe des filles (rue Michel Bléré à l’angle avec la rue Blanche). Il a aussi décidé la construction de 2 nouvelles écoles et choisi l’emplacement rue Louis Barthou et avenue Joffre.

En 1912, on renouvelle le bail auprès de M . Poiffait ; puis encore en 1915, et avec son successeur M. Labat en 1921.

Le 1er janvier 1924, le bail pour une des classes de filles est résilié et on loue une maison appartenant à M. Charles Braibant pour y installer l’école des Filles et le logement des institutrices (place des Tilleuls).

Le 3 décembre 1924, le préfet constatant que la deuxième salle de classe des garçons est utilisée par la mairie et ceci étant contraire à la loi, le Conseil décide que « la mairie sera momentanément installée place du Trio (place des Tilleuls) N°40 et qu’il sera procédé incessamment à la construction d’un préau pour les enfants »

Après beaucoup d’hésitations sur le choix du terrain (le choix ne sera arrêté qu’en 1926), on lance les marchés le 17 juillet 1928 ; ouverture de l’école Alphonse Daudet en octobre 1930

En 1930, on envisage une classe enfantine dans le local loué place du Trio puis associée à une nouvelle école des filles. Le 19 octobre 1933, les travaux sont terminés ; c’est l’ouverture de l’école Anatole France ; le bail place du Trio est résilié. En même temps on a agrandi la nouvelle école de garçons.

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Les enfants sont sur le trottoir face à l’école Alphonse Daudet : le mur en briques derrière eux est celui de la cour de l’école Anatole France. CPA : avant 1940-collection ALMA

En 1942, la délégation spéciale (qui remplace le conseil municipal pendant l’occupation après le décès du maire élu) décide d’acheter des terrains, en arrière de l’école des filles, pour y aménager un terrain de sport. En 1944, on reprend le dossier avec un projet de travaux (clôture, piste de vitesse et piste d’obstacle) qui ne seront pas réalisés. En 1966 les équipement prévus sont plus nombreux et nous aurons -enfin- notre « Champ vert ».

Le 13 septembre 1945, le Conseil décide créer une classe enfantine dans une classe de l’école de garçons non utilisée depuis 15 ans (!)  et de construire un préau pour les petits.  En 1950 il y a 62 enfants dans cette classe ! Le préau est alors transformé pour en faire une deuxième classe.

Le 2 juillet  1950, le Conseil décide de construire une école maternelle ce qui permettra d’avoir 3 classes de garçons et 3 classes de filles. L’école Charles Perrault ouvrira le 1er octobre 1957.

Le 18 avril 1959, on étudie le devis pour une prochaine école de garçons qui sera le groupe Gérard de Nerval, terminé en 1964

En 1962, on achète à l’évêché un terrain placé devant l’école des filles.

Le 2 mai 1966, le Conseil décide de terminer le logement des instituteurs (impasse de la Plaine) et en juillet 1966, il décide la construction du deuxième bâtiment prévu pour 4 classes.

Le 3 février 1968, le Conseil se décide pour 5 classes en 2 tranches et comme il y a toujours plus d’élèves on aménage un préfabriqué sur le terrain de l’évêché : utilisé d’abord comme classe de garçons puis comme atelier de poterie (c’est sur ce terrain que la photo précédente a été prise).

En 1969, une nouvelle classe a été installée dans un préfabriqué à Charles Perrault.

Le 10 juillet 1971, le conseil décide de créer une nouvelle école maternelle en préfabriqué. Le 15 octobre 1971, une première classe (de 36 élèves) ouvre au groupe Jean de La Fontaine. Une deuxième classe ouvrira en janvier 1972 et une troisième à la rentrée 1972. Chaque classe de Gérard de Nerval est prévue pour 50 élèves ! Le quatrième poste d’enseignant (et donc la quatrième classe) sera obtenu en octobre 1975 avec 35 élèves par classe.

En octobre 1971, le groupe Lamartine ouvre à son tour avec 5 classes, un bureau pour le directeur et un logement. Il y a un directeur pour l’ensemble Anatole France et Alphonse Daudet et un autre pour Gérard de Nerval et Lamartine.

Le 17 avril 1973, le Conseil décide la construction d’un nouveau groupe scolaire dans la partie sud de la ville, rue Jean Biondi. Retardé faute de subventions, le groupe Saint-Exupéry, maternelle et élémentaire ouvre en septembre 1978

Le 10 décembre 1980, ouverture de la cantine scolaire près du groupe Nord : depuis 1964, les parents réclamaient une cantine mais sa construction ne sera décidée qu’en octobre 1977 ! En réalité il y a déjà eu une cantine à Lamorlaye puisque de 1941 à 1948, une cantine a fonctionné dans le préau de l’école Anatole France : la cuisine se faisait sur place dans des chaudrons chauffés au bois et les enfants mangeaient sur les tréteaux utilisés pour le marché.

En octobre 1987, pour éviter les transports en car du groupe Sud vers le groupe Nord, on décide de construire une salle de restauration pour le groupe sud ; elle sera opérationnelle en septembre 1989.

Le 23 juin 1988, Le maire est autorisé à acheter les terrain permettant la construction du collège Françoise Dolto qui accueillera les élèves de Lamorlaye et de Coye-la-Forêt à partir de la rentrée 1990. C’est le Conseil général qui construit le collège mais c’est la ville qui doit construire le gymnase de la Thève pour les collégiens et partagé avec les associations sportives.

En 1997, on regroupe toutes les écoles Alphonse Daudet, Lamartine, Anatole France et Gérard de Nerval en un seul groupe scolaire appelé le groupe Nord

En 2005, l’école maternelle du Champ Vert, remplace les deux anciennes écoles Charles Perrault et Jean de la Fontaine.

En 2008, l’école privée L’ESPÉRANCE, hors contrat, s’installe au 46 avenue de la Libération ; elle accueille les enfants de la grande section maternelle au CM2. Elle a déménagé depuis à Luzarches ; à la rentrée 2018, elle comptait 27 enfants dans 3 classes à 2 niveaux

À Lamorlaye, à la rentrée 2019, il y a 19 classes en élémentaire et 9 en maternelle.

École élémentaire du Groupe Nord : 15 enseignants pour 328 élèves (56/CP – 66/CE1 – 54/CE2 – 78/CM1 – 74/CM2) dans 13 classes ;

École élémentaire Saint-Exupéry : 7 enseignants pour 148 élèves (27/CP – 26/CE1 – 39/CE2 – 25/CM1 – 31/CM2) dans 6 classes ;

École maternelle du Champs vert : 9 enseignants pour 167 élèves dans 6 classes ;

École maternelle Saint-Exupéry : 3 enseignants pour 82 élèves dans 3 classes

graphique-stat-ecolesEt pour finir ce témoignage que vous pouvez retrouver dans la revue N°1 de l’ALMA :

« Christiane évoque le nom de deux institutrices : Melle Estin ,morte en 1995 à 102 ans et  Melle Bussière. Christiane est allée, pendant très peu de temps dans une salle, place du Trio (probablement à la fin de l’année scolaire 1929). À cette époque, elle n’habitait pas encore à Lamorlaye, mais était sans doute chez sa grand-mère. Ensuite, venue habiter à Lamorlaye, elle est dans une classe mixte au rez de chaussée de l’ancienne mairie (rue de l’Eglise). Puis, elle ira « dans les champs » comme on disait, quand l’école des filles (l’actuelle école Alphonse Daudet) sera construite avec une donation du Comte Komar. L’école dans la mairie devient alors école de garçons. Ensuite les deux sœurs, Christiane et Violette, sont allées à l’école à Chantilly, après le certificat d’étude et jusqu’au brevet. Ce qui était assez rare… « 

Et ce plan de Lamorlaye sur lequel est reporté l’emplacement de nos écoles au cours du temps…

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Les bains chauds de Pierre Vigier

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Voici un texte extrait du roman « Le Rouge de Paris » de Jean-Paul Desprat , le 3ème d’une saga en 3 volumes qui commence avec  « Le bleu de Sèvres  » puis  » Le jaune de Venise » et raconte l’histoire de la manufacture royale puis nationale de porcelaine de Sèvres. Manufacture créée par La Pompadour qui traverse dans le dernier tome la Révolution et la Terreur…

Mais au détour d’une aventure, cette histoire nous transporte -pour un court instant- dans les bains Vigier… L’occasion de revenir sur ce qui fit la fortune de Pierre, installant la famille dans la grande bourgeoisie naissante et, 3 générations plus tard, amenant un Vigier à Lamorlaye.

Nos sources sont :

  • L’article de Davide Lombardo « Se baigner ensemble, Les corps au quotidien et les bains publics parisiens avant 1850 selon Daumier » paru dans « Histoire urbaine 2011/2 (n)31)
  • Le site http://www.pays-veinazes.com, pays natal de Pierre Vigier
  • L’article de Jean Dérens, dans le journal Libération du 13 mars 1995, consacré aux bains flottants

Pierre Vigier naît le 19 janvier 1760 dans le pays de Veinazès, dans le sud du Cantal. Il est « grand bouvier » dans une ferme mais a la chance de faire des études ; à 25 ans il devient procureur (avocat) au Parlement de Paris et peu après la Révolution, il se lance dans les affaires avec l’exploitation de « bains chauds » sur la Seine.

En 1751 , le second volume de L’Encyclopédie, décrit, dans son article sur les bains, une installation très simple qui se trouvait sur la Seine : « Parmi nous, les bains publics sur la rivière, ne sont autre chose que de grands bateaux, appelés toues, faits de sapin & couverts d’une grosse toile, autour desquels il y a de petites échelles attachées par des cordes, pour descendre dans un endroit de la rivière  où l’on trouve des pieux enfoncés d’espace en espace, qui soutiennent ceux qui prennent le bain. »

Dans les années 1760, Poitevin, un propriétaire de bains, eut l’idée d’employer un bateau et de l’équiper de moteurs à vapeur pour chauffer l’eau du fleuve, en proposant, de plus, des petits espaces privatifs. L’article sur les perruquiers, les barbiers, et les tenanciers de bains du septième volume illustré de L’Encyclopédie en 1771 présente deux dessins des Bains Poitevin.

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Figure 1 : « Perruquier, Barbier, Baigneur-Etuviste »

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Le bateau installé en amont du pont Royal, était long de 47 mètres et large de 8 et comportait un rez-de-chaussée et un étage divisés, dans la longueur, par une galerie de 2 mètres de large, avec de chaque côté, 12 à 15 chambres de bains, dont chacune était éclairée par une fenêtre donnant sur la rivière. L’abondance de l’eau dont il disposait permettait au propriétaire d’assurer le lavage fréquent des cellules et des corridors.

Ici nos sources divergent sur un détail : Vigier aurait racheté ses bains à Poitevin en 1791 ou créé ses propres installations en 1800…

Peu importe; très vite les Bains Vigier deviennent l’établissement fréquenté par la bourgeoisie de la capitale même si Pierre Vigier est inquiété pendant la Terreur : il arrivera -fortune et relations aidant- à se cacher dans la pension Belhomme, une maison de santé psychiatrique qui accueille fort agréablement, sous prétexte de soins, de riches détenus qui évitent ainsi l’échafaud.

Les « bains Vigier », traversant les orages, deviennent une étape importante de la vie parisienne de la Restauration et de la Monarchie de juillet : «C‘est là que le paisible bourgeois s’enfonce douillettement dans les profondeurs de sa baignoire… il a su s’entourer de toutes les sensualités qui lui sont chères : sa montre, son thermomètre, le mouchoir, la tabatière, les bésicles bien affermies sur le nez et, sous ses yeux, son livre bien aimé, voilà ses délices. Il fait et refait son bain, le gradue avec art...» (Briffot, Paris dans l’eau, 1844).

Les bains Vigier au Pont-Neuf, 1926

 

C’est l’architecte François-Joseph Bélanger (1744 – 1818), qui construit en 1801 l’établissement Vigier du Pont Neuf : architecte reconnu, il a été premier architecte du Comte d’Artois avant la Révolution, architecte pour Talleyrand pendant la Révolution, puis architecte de « menus plaisirs » du roi Charles X …

Au moment de son décès survenu le 16 septembre 1817, Pierre Vigier possède six établissements de bains chauds (le fleuron de cette armada comporte, sur deux étages, 140 baignoires en cuivre rouge) ; le domaine de Grand‑Vaux à Savigny-sur-Orge dans l’Essonne qui s’étend sur une centaine d’hectares ; le moulin de Petit-Vaux à Epinay-sur-Orge ; l’hôtel de Tessé et deux immeubles quai Voltaire à Paris ; une maison à proximité de la place des Victoires à Paris) ; « la maison Blanche », propriété de 2.4 hectares au hameau de Clignancourt, donc proche de Paris ; la maison et le moulin de l’Arquebuse à Corbeil sans oublier une impressionnante collection d’œuvres d’art dont un portrait de sa femme jouant de la harpe réalisé en 1805 par le peintre Joseph-Denis Odevaere, élève de David et prix de Rome en 1804.

En 1832, on compte 78 bains chauds à Paris, soit 2.374 baignoires auxquelles il faut ajouter 1.059 baignoires transportées à domicile. Paris comptait alors  850.000 habitants…

En 1820, son fils Achille épousera Joséphine Davout d’Eckmühl, fille du maréchal Davout, alliance qui lui permettra de porter le titre de Comte.

Et en 1872, son père Joseph achètera le château de Lamorlaye.

le monde est à nous, via Internet !

Pas « d’histoire » aujourd’hui mais des informations comme celles que vous glanez aussi sur internet ! Les ermites du 21ème siècle ne se cachent pas au fond de forêts impénétrables (et interdites ) ni tout en haut des pylônes de  nos opérateurs de télécommunication. Non ! Ils sont tous installés au plus profond du web et comme le coucou, chacun moissonne et s’enrichit des idées des autres…

Et des idées, il y en a beaucoup !  Avec deux grands gagnants semble-t-il : l’humour et la culture ; livres, musées, lieux touristiques ; tout ce qui peinait à survivre économiquement est soudain devenu vital !  Espérons que cette prise de conscience sera durable…

En attendant voici la moisson du jour, certainement en partie redondante avec la vôtre. Mais c’est aussi pour partager ces (re) découvertes que je les rassemble ici en disant merci à cet internet et ces ondes électromagnétiques tant décriés : chaque confiné le serait encore  plus sans eux !

La fête du court-métrage est accessible de chez nous : cliquer ici pour vous inscrire et en profiter jusqu’au 31 mars : c’est un festival de Haute-Savoie et il a commencé le 25 mars ;mais la version « festival à la maison » nous exonère des contraintes de lieu et de temps.

L’exposition sur Raphaël de Chantilly (l’ALMA avait prévu la visite le 25 avril) est présentée en ligne ; il suffit de chercher sur Youtube  « Raphael à Chantilly ». C’est Mathieu Deldicque qui commente et c’est passionnant même si on est seul devant son ordi ! Et c’est une information des « Amis du Musée Condé ».

coronavirusGoscinipngOn l’avait déjà vu sur  internet mais avec la mort d’Uderzo il y a deux jours, le revoilà : C’est le « méchant » dans l’album Astérix et la Transitalique, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad paru en 2017 ! Et comme le vrai ce coronavirus court vite : c’est un champion de course de chars…

Les chansons sont aussi très présentes ; la reprise de « Quand reviendras-tu » (Barbara – 1962) est une des plus réussies ! Toujours sur Youtube on peux comparer Barbara et sa version « confinement » : « Dis quand comprendras-tu« ?

Et Luchini lit des fables,

et les frères Capuçon jouent,

et les créatifs proposent des chenilles en bouchons ou des ombres chinoises,

et l’ALMA essaie d’être un peu avec vous …